La célèbre mosaïque de la galerie milanaise Vittorio Emanuele a été restaurée. L’œuvre, qui représente un taureau, semble toutefois avoir perdu ses attributs. De quoi déclencher l’ire des internautes, qui ont reproché à la municipalité d’avoir émasculé l’animal.
Les attributs ont, semble-t-il, disparu. A Milan, la galerie Vittorio Emanuele n’a pas été victime d’un cambriolage. Pourtant, la galerie commerçante historique est au cœur des discussions sur les réseaux sociaux ce mardi 2 juin. La raison ? La célèbre mosaïque qui décore le carrefour central des lieux a fait l’objet d’une restauration jugée quelque peu ratée par les internautes.
L’œuvre, datant du XIXe siècle, représente à l’origine un taureau muni d’une volumineuse paire de testicules. Après restauration, ses parties génitales apparaissent comme manquantes aux yeux de certains observateurs. De quoi provoquer la stupéfaction des internautes, qui n’ont pas manqué de tourner en ridicule les travaux supervisés par le spécialiste Gianluca Galli.
Il caso del toro in Galleria a Milano senza testicoli: la foto dell'assessore, l'ironia social, la retromarcia. «Il restauro non è finito» https://t.co/xy9stepJTj
— Corriere della Sera (@Corriere) June 1, 2026
«Mystère à Milan»; «Le pauvre taureau a changé de sexe»; «C’est devenu un bœuf», peut-on notamment lire sur les réseaux sociaux, d’aucuns affirmant que le taureau emblématique a été castré. Il faut dire que les attributs de l’animal sont constitutifs d’une célèbre tradition milanaise. Selon la légende, quiconque tourne trois fois son talon dans le sens des aiguilles d'une montre sur cette partie de la mosaïque fait bonne fortune.
Une affaire de couleurs
Cette tradition, pratiquée par les locaux et les touristes, avait fini par endommager l’œuvre d’art. A force de passage, un petit cratère s’était creusé à l’endroit même où se trouvaient les attributs du taureau. «Des milliers de personnes chaque jour exécutent ce geste et les carreaux roses qui forment les testicules sont usés», avaient ainsi expliqué les conseillers municipaux à la BBC.
Face à la polémique, la municipalité s’est défendue, affirmant qu’une teinte plus claire a été utilisée pour représenter les attributs du taureau. Cette couleur, plus fidèle à l’œuvre originale, doit encore se stabiliser dans les prochains jours.
De son côté, Gianluca Galli a pris la paroles dans les colonnes du journal italien Corriere della Sera. «C'est surréaliste de critiquer un travail qui n'est pas encore achevé. Ce genre de polémiques me fait sourire. Elles surviennent toujours lors de travaux de restauration», s’est-il défendu.
Ce n’est pas la première fois que la restauration d’une œuvre d’art agite la Toile. En 2012, la peintre amateure Cecilia Giménez était devenue célèbre après la restauration jugée discutable d’une peinture du Christ dans une petite église de Borja, en Espagne.