Malgré une baisse de 12 % par rapport à 2024, les agressions visant les pharmaciens restent nombreuses. En 2025, 468 incidents ont été signalés à l'Ordre national des pharmaciens. Les professionnels alertent sur un climat de tension persistant, tandis que moins d'un pharmacien agressé sur cinq porte plainte.
Les pharmaciens continuent d'être confrontés à de nombreuses agressions dans l'exercice de leur métier. Selon le bilan annuel sur la sécurité publié ce jeudi par l'Ordre national des pharmaciens, 468 agressions ont été signalées en 2025. Si ce chiffre est en baisse par rapport à l'année précédente, l'institution s'inquiète d'un climat de tension persistant et du faible nombre de plaintes déposées par les victimes.
Des agressions en recul, mais toujours nombreuses
L'Ordre national des pharmaciens indique avoir eu connaissance de 468 agressions en 2025, soit une diminution d'environ 12 % par rapport à 2024. Malgré cette baisse, les professionnels continuent de faire état de difficultés croissantes à exercer leur activité dans des conditions sereines.
«Les pharmaciens alertent, signalent, expriment une difficulté croissante à exercer dans un cadre serein», souligne l'institution dans son rapport annuel. Mais peu de victimes saisissent la justice. L'un des enseignements majeurs du bilan concerne le faible recours aux procédures judiciaires. Si les agressions sont régulièrement signalées à l'Ordre, seules 16,8 % des victimes déclarent avoir porté plainte, un taux stable d'une année sur l'autre.
Pour tenter d'accompagner les professionnels confrontés à ces situations, le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (CNOP) a mis en place un réseau de «référents sécurité». Ces pharmaciens spécialement formés apportent un soutien aux victimes et les orientent dans leurs démarches administratives et judiciaires.
Par ailleurs, l'Ordre s'est constitué partie civile dans 11 des 12 affaires jugées en 2025 afin de défendre les intérêts de la profession et de faire reconnaître le préjudice subi par les pharmaciens agressés.
Trois régions particulièrement touchées
Contrairement à certaines idées reçues, les agressions ne surviennent pas majoritairement lors des gardes de nuit. Plus de quatre agressions déclarées sur cinq ont eu lieu alors que les officines étaient ouvertes au public.
Dans la plupart des cas, elles sont liées à un refus de délivrance de médicaments, à l'impatience d'un client ou encore à des tensions autour de la dispensation de stupéfiants. Ces situations peuvent rapidement dégénérer en insultes, menaces ou violences physiques à l'encontre des pharmaciens et de leurs équipes.
Le rapport met également en lumière des disparités géographiques. Les régions qui enregistrent le plus grand nombre d'agressions signalées sont l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Île-de-France et les Hauts-de-France.
Face à cette réalité, les représentants de la profession appellent à renforcer les dispositifs de prévention et de protection des personnels de santé, déjà confrontés à des tensions récurrentes dans l'exercice de leurs missions.