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Josiane Balasko : "J’avance au gré de mes envies"

Josiane Balasko, actrice et réalisatrice du film "Demi-soeur" Josiane Balasko, actrice et réalisatrice du film "Demi-soeur"[A. BORREL]

Cinq ans après le film « Cliente », Josiane Balasko revient à la réalisation avec « Demi-sœur ». C’est au côté de son complice Michel Blanc que l’actrice porte cette comédie sentimentale née d’une envie d’élargir sa palette de jeu et d’incarner à l’écran une enfant. Un rôle de composition qu’elle est allée puiser dans ses souvenirs. 

 

Pourquoi avez-vous eu envie de raconter l’histoire de Nénette, cette petite fille de 60 ans ? 

C’est une envie d’actrice d’explorer une nouvelle palette de jeux. Je n’ai jamais joué une enfant (rires)… C’est toujours intéressant pour un acteur d’aller vers des personnages qu’il n’a pas eu l’occasion de faire ou qui sont très loin de ce qu’il pourrait jouer. J’ai donc imaginé l’histoire de cette personne un peu différente. Ca a vraiment été un cadeau de travailler sur l’enfance, de retrouver les réactions d’une enfant, la candeur, les crises, les sentiments qu’on peut exprimer quand on a 6 ou 7 ans. C’est complètement décalé quand ils sont incarnés par une adulte de 60 ans.

 

Comment avez-vous abordé le jeu en lui-même ?

Ca n’a pas été facile. Je ne voulais pas qu’on rie d’elle. C’est un esprit simple. J’ai simplement plongé en moi pour retrouver les réactions que j’avais quand j’étais petite. Ca pouvait être les larmes à outrance, la bouderie extrême, ou à l’opposé, la candeur, le bonheur… Ce sont ces sentiments exacerbés que j’ai travaillés.

 

Vous êtes-vous inspiré de certains films ? 

Il y a quelques années, j’ai revu « Monkey business » qui est une pure comédie de l’âge d’or hollywoodien. J’ai trouvé extraordinaire ces deux acteurs magnifiques (Cary Grant et Ginger Rogers, ndlr) qui régressent jusqu’à leurs 10 ans parce qu’un singe de laboratoire a concocté une potion rajeunissante.

 

Pourquoi avez-vous choisi Michel Blanc pour vous donner la réplique ? 

Quand j’ai écrit le personnage, j’ai pensé à Michel d’abord parce que c’est un acteur formidable qui peut aussi bien être un acteur drôle qu’un acteur grave. Il est formidable dans les deux registres. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas travaillé ensemble et j’avais envie de le revoir dans des moments de comédies.

 

Comment s’est passée votre collaboration ? 

Quand on travaille comme acteur, Michel et moi, on est acteur avant tout et on n’est pas frustré de ne pas être metteur en scène, puisqu’on l’est d’autre part. On fait des lectures avant, il me dit s’il est d’accord, on peut retravailler certaines scènes. Mais ça c’est le travail normal qu’on fait avec tous les acteurs. Ensuite, sur le plateau, c’est un acteur qui attend qu’on le dirige et qui n’intervient pas.

 

Sur ce film, et comme souvent quand vous mettez en scène, vous êtes devant et derrière la caméra…

Je n’ai pas le choix. J’écris mes scénarios, je les mets en scène, et je trouve plus facilement à les monter si je suis en premier rôle. Evidemment, c’est plus difficile de faire les deux en même temps parce que le temps que l’on passe à se concentrer pour le jeu, on ne le passe pas sur le plateau en tant que metteur en scène.

 

Michel Blanc dit que vous réalisez « bordéliquement »…

Je suis bordélique et comme tous les bordéliques, il ne faut pas qu’on range sinon je ne retrouve rien (rires)… Mais j’ai un certain système de bordel qui me convient tout à fait. Ca peut partir dans tous les sens mais à partir du moment où le metteur en scène exprime clairement ce qu’il veut, ce que je fais, tout va bien pour les acteurs et les techniciens. C’est plutôt un télescopage d’idées plutôt qu’une incompétence à diriger.

 

« Demi-sœur » est votre huitième film… Que pourriez-vous dire de votre carrière de réalisatrice ?

Je ne regarde pas ma carrière de réalisatrice parce que quand je ne suis pas réalisatrice, je suis actrice. Et je n’en suis pas encore au stade de regarder derrière moi. J’ai fait peu de films, 8 en 25-26 ans, ce n’est pas beaucoup. J’avance au gré de mes envies. Je fais des films quand j’ai une idée intéressante à raconter et qui me passionne.

 

Quels projets avez-vous pour la suite ?

La finition de ce film m’occupe beaucoup. Je vais attendre que l’enfant puisse s’ébattre tout seul devant le public pour penser à l’avenir. Quand on fait un film, on est soumis à un stress, à de très forts moments d’attente, de questionnements. Je vais donc partir en vacances après et essayer de penser à d’autres sujets… une pièce, je ne sais pas encore

 

La bande-annonce de « Demi-sœur » : 

 

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