La polémique enfle et les réactions de colère se multiplient après les révélations sur les graves dysfonctionnements dans la prise en charge de Naomi Musenga, 22 ans, morte le 29 décembre 2017.
C’est au tour de la mère de la jeune femme de faire part de sa colère mercredi matin sur Europe 1. «Je les attends, qu'ils viennent m'expliquer pourquoi. Que l'équipe médicale ait une autre façon de parler. J'aimerai qu'elle me réponde, qu'est-ce qu'il s'est passé ? On la renvoie vers SOS Médecins, pourquoi ? On doit destituer les gens qui font ça», s’est exprimée avec émotion Babeline, aide-soignante de profession.
La famille de Naomi avait pu accéder à l’enregistrement de la conversation téléphonique entre la jeune femme et le Samu. L’extrait audio avait été ensuite révélé publiquement à la fin du mois d’avril : il fait état d’importantes négligences de la part de l’interlocutrice du Samu jointe par Naomi pour lui faire part de ses intenses douleurs au ventre. «Oui, vous allez mourir. Certainement, un jour, comme tout le monde», avait notamment répondu la standardiste à la jeune femme qui lui avait exprimé sa crainte de mourir. SOS Médecins était finalement intervenu cinq heures plus tard et Naomi était finalement morte aux urgences de l’hôpital de Strasbourg.
Face à la polémique, la ministre de la Santé Agnès Buzyn et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg ont ouvert une enquête administrative pour déterminer les circonstances qui ont conduit à la mauvaise prise en charge de Naomi. Celle-ci a succombé à une défaillance multiviscérale sur choc hémorragique selon les conclusions du rapport d’autopsie.
![Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont diligenté une enquête administrative pour «faire la lumière» sur la prise en charge par le Samu d'une jeune femme de 22 ans, moquée au téléphone par deux opératrices des secours avant de décéder peu après. [Capture d'écran CNEWS]](http://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/capture_decran_2018-05-09_a_09.43.21.png?itok=2gbSN7yp)