L’acteur américain Jay North, surtout connu pour son rôle de blondinet turbulent dans la série «Denis la Malice», est décédé ce week-end à l'âge de 73 ans.
Star du petit écran dans les années 1960, Jay North a rendu son dernier souffle. L’acteur américain a succombé à un cancer du côlon ce 6 avril, a fait savoir son amie Laurie Jacobson. Il avait 73 ans.
«Jeanne Russell (qui jouait la camarade de jeu de Denis la Malice, ndlr) vient de nous appeler pour nous annoncer une nouvelle terriblement triste, mais pas inattendue. Notre cher ami Jay North luttait contre le cancer depuis plusieurs années et ce matin à midi, Jay est décédé paisiblement à son domicile. Comme beaucoup de ses fans le savent, il a connu une période difficile à Hollywood et après… mais il ne s'est pas laissé influencer par cela. Il avait un cœur immense et aimait profondément ses amis. Il nous appelait fréquemment et terminait chaque conversation par un ‘Je t’aime de tout mon cœur’. Et nous l'aimions de tout notre cœur», a écrit la scénariste dans un post Facebook. «Ses souffrances sont terminées, au moins il est en paix», a-t-elle conclu.
Enfant battu par sa tante
Jay North a incarné durant quatre saisons Denis Mitchell, dans la série «Denis la malice», le blondinet espiègle qui exaspérait souvent son voisin, un retraité nommé George Wilson, interprété par Joseph Kearns. Si le garçon souriait à l'écran, dans les coulisses, il vivait un enfer.
L’acteur avait raconté combien ces années avaient été un calvaire lors d'une apparition dans un talk-show en 1991. Il avait détaillé les abus qu'il avait subis, affirmant que sa tante, qui était sa tutrice sur les plateaux (car sa mère célibataire travaillait à temps plein) le «maltraitait».
«Chaque matin, je me réveillais en me demandant : ‘Mon Dieu, est-ce que je dois encore passer une journée avec cette femme ?’ Parce que j'arrivais à tourner une scène, je sortais du plateau et tout le monde me disait : ‘Tiens, tu as fait du bon boulot !’ Et puis, on me giflait, on m'emmenait dans les loges et on me donnait une fessée, on me réprimandait, ou je ne sais quoi», avait-il raconté.
En 1993, il avait confié au Los Angeles Daily News : «Même si le retard n'était pas de ma faute, elle trouvait toujours le moyen de me blâmer et de me punir. Elle était aussi très possessive et m'isolait du reste de la distribution. Je ne pouvais même pas déjeuner avec tout le monde. Elle me forçait à le faire dans la loge, tout seul.» Ces sévices en avait fait un fervent défenseur des droits des enfants.
Il avait révélé en outre que le suicide à l'âge de 42 ans de Rusty Hamer, qui était un enfant star de la sitcom «The Danny Thomas Show» dans les années 1950 et 1960, avait été un événement déclencheur chez lui pour reprendre sa vie en main. «Je commence enfin une nouvelle vie et j'enterre Denis Mitchell», avait-il dit au Daily News, ajoutant : «J'ai terriblement besoin d'être à nouveau Jay North.»
Quelques rôles et du doublage
Jay North avait commencé sa carrière vers l'âge de 5 ans, relate le New York Times, après avoir supplié sa mère de l'aider à participer à «The Engineer Bill Show», une émission pour enfants populaire dans les années 1950.
Il était ensuite apparu dans des publicités et comptait des apparitions dans diverses productions telles que «The George Gobel Show», «The Eddie Fisher Show» et «The Milton Berle Show». En 1966, il avait obtenu le rôle principal dans le film «Maya», qui connaîtra aussi une version en série.
Au début des années 1970, Jay North s’était tourné vers le doublage, prêtant sa voix à des séries animées telles que «Arabian Knights», «Here Comes the Grump» et «The Pebbles and Bamm-Bamm Show».
Lors d'une convention de fans à Los Angeles en 2017, il avait exprimé sa gratitude envers les fans de «Denis la Malice». «Je suis très heureux d'avoir encore des fans du monde entier. Des fans qui se souviennent de notre série et en gardent un excellent souvenir. Ça me fait du bien de savoir que les gens nous aiment encore et se souviennent de nous», avait-il confié au Washington Times.
Il laisse dans le deuil sa troisième épouse, Cindy, et ses trois belles-filles.