Les avocats du rappeur Diddy ont ce jeudi fait pression sur la cour d'appel pour qu'elle annule sa peine de 50 mois de prison pour des accusations liées à la prostitution.
Les avocats de Sean Combs, alias Diddy, ont exhorté ce jeudi une cour d'appel de Manhattan, à New York, à annuler la peine de prison de plus de quatre ans infligée au magnat du hip-hop américain pour des crimes liés à la prostitution.
En l'absence de Sean Combs, actuellement incarcéré dans une prison du New Jersey, son avocate Alexandra Shapiro a plaidé que cette peine était excessivement lourde.
Premier amendement invoqué
Dans un appel précédemment déposé et obtenu par CNN, l'équipe juridique de Diddy avait fait valoir que les «Freak Offs» qu'il organisait ne devraient pas tomber sous le coup de la loi car les événements étaient en réalité «des tournages de pornographie amateur».
«Les séances de débauche et les nuits à l'hôtel étaient des performances sexuelles hautement chorégraphiées impliquant l'utilisation de costumes, de jeux de rôle et d'éclairages mis en scène qui étaient filmées afin que Sean Combs et ses petites amies puissent regarder cette pornographie amateur plus tard, a écrit son équipe juridique dans sa plainte. La production et le visionnage de pornographie de ce type sont protégés par le Premier Amendement et ne peuvent donc pas faire l’objet de poursuites constitutionnelles. Autrement dit, le terme 'prostitution' dans la loi devrait se limiter aux situations où un client payant a des relations sexuelles avec la personne rémunérée.»
Pour mémoire, dans un acte d'accusation de 2024 relayé par les médias américains, les procureurs décrivaient les «Freak Offs» comme des orgies de plusieurs jours, alimentées par la drogue, et pour lesquelles Diddy «utilisait la force, les menaces de force et la coercition» pour «amener les victimes à participer» à ces actes.
Requête «sans fondement»
Dans ce contexte, les procureurs décrivent l’invocation du Premier amendement «sans fondement». «La situation de Sean Combs est totalement différente de celle des distributeurs de films pour adultes», ont-ils écrit dans une réponse datée de février, selon CNN. «Il engageait et transportait des travailleuses du sexe pour qu'elles aient des relations sexuelles avec ses compagnes, pour son propre plaisir sexuel, participant parfois directement aux actes sexuels.» L'accusation ajoute que l'annulation de la condamnation de Sean Combs signifierait que «tout accusé ayant transporté d'autres personnes pour se livrer à la prostitution pourrait échapper à toute responsabilité simplement en regardant ou en filmant l'acte sexuel».
La véritable nature des «Freak Offs» n'est cependant pas le seul argument avancé par les avocats de Diddy pour demander sa libération immédiate alors que pour l’heure cette dernière a été fixée à avril 2028. L'avocate de Diddy affirme que le juge du procès de 2025 n'aurait pas dû prendre en compte les éléments de preuve concernant la conduite de Sean Combs avec ses ex-petites amies, y compris les accusations de violence physique et sexuelle.
Sean Combs de son vrai nom, âgé de 56 ans, a été condamné en octobre à l'issue d'un procès hypermédiatisé. Les jurés ont rejeté les accusations les plus graves épargnant à l'ancien rappeur et homme d'affaires l'emprisonnement à perpétuité. Mais il a écopé de quatre ans et deux mois de prison pour avoir enfreint la loi Mann, qui interdit le transport de personnes d'un État à l'autre à des fins de prostitution.