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Afrika Bambaataa : le pionnier du hip-hop s'est éteint à l'âge de 68 ans

Figure emblématique de la scène hip-hop des années 1970-1980, Afrika Bambaataa s'est éteint ce jeudi 9 avril. [Scott Gries / Getty Images North America / AFP]

Le pionnier du hip-hop et DJ, Afrika Bambaataa, de son vrai nom Lance Taylor, est décédé. Il avait 68 ans.

Il figure, aux côtés de DJ Kool Herc et de Grandmaster Flash, parmi les pères fondateurs du hip-hop, Afrika Bambaataa, rappeur, producteur et DJ, est mort à 68 ans, a annoncé sa maison de disques historique Tommy Boy Records jeudi sur Instagram.

«Afrika Bambaataa (...) est largement considéré comme un pionnier du hip-hop et de la musique électro. À l'annonce de son décès, nous pensons à ses contributions au genre et à la culture au sens large, qui se prolongent jusqu'à aujourd'hui», peut-on lire en légende d'une photo en noir et blanc de l'artiste. Selon le site TMZ, l'artiste est décédé des suites d'un cancer. 

Né de parents immigrés jamaïcains et barbadiens, Afrika Bambaataa, de son vrai nom Lance Taylor, avait grandi dans le quartier ultra-violent des HLM de Bronx River à New York dans une famille composée d'ardents militants et défenseurs de la cause noire. 

Adolescent, il était membre du gang des Black Spades. C'est après avoir gagné un voyage en Afrique lorsqu'il était lycéen qu'il avait choisi le pseudonyme d'Afrika Bambaaataa, d'après Bambatha kaMancinza, le chef zoulou ayant mené la rébellion contre l'autorité coloniale britannique dans le Natal, en Afrique du Sud, en 1906.

Fondateur de la Zulu Nation

Dès les années 1970, il avait commencé à organiser des fêtes dans le Bronx qui ont participé à la création du mouvement hip-hop en tant que DJ. Il avait sorti son premier single en 1980, intitulé «Zulu Nation Throwdown» – une référence à l'Universal Zulu Nation, le collectif artistique promouvant les idéaux de la culture hip-hop composé de danseurs, graffeurs, rappeurs et DJ, qu’il a lui-même fondé et dirigé jusqu’en 2016. 

À l'origine, l'Universal Zulu Nation s'appelait l'«Organization» et proposait une alternative pacifiste aux différents gangs violents qui contrôlaient la plupart des quartiers défavorisés de New York. 

En 1982, son titre «Planet Rock», première fusion de rap et de musique électronique était devenu un tube et le rappeur a ensuite continué à sortir plusieurs singles dont «Unity» avec James Brown, «Reckless» et «World Destruction».

Un héritage terni par des accusations d'agressions sexuelles

Suite à l'annonce du décès d' Afrika Bambaataa, le rappeur et producteur Kurtis Blow a posté un hommage sur Instagram. «Aujourd’hui, nous rendons hommage à Afrika Bambaataa, figure emblématique de la culture hip-hop», a écrit le leader du groupe Hip-Hop Alliance. «Fondateur de l’Universal Zulu Nation, Afrika Bambaataa a contribué à façonner l’identité du hip-hop à ses débuts, en tant que mouvement mondial ancré dans la paix, l’unité, l’amour et la joie de vivre. Sa vision a transformé le Bronx en berceau d’une culture qui rayonne désormais aux quatre coins du monde.»

«Par sa musique, son leadership et son influence, il a contribué à poser les fondements du hip-hop, inspirant des générations de MCs, de DJs, de danseurs et de figures culturelles. Son empreinte sur l'histoire du hip-hop est indéniable et restera à jamais ancrée dans les origines de cette culture», poursuit le communiqué qui souligne néanmoins que l'héritage d'Afrika Bambaataa «est complexe et a fait l'objet de débats importants au sein de notre communauté». Une référence aux accusations dont l’artiste avait fait l’objet.

Son héritage a en effet été terni par de multiples cas d'agressions sexuelles sur de jeunes hommes. Il avait notamment été contraint de verser des dommages et intérêts en 2025 à un homme qui l'accusait de l'avoir exploité sexuellement dans les années 1990.

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