Emilia Clarke, révélée dans la série «Game of Thrones», a prononcé un discours émouvant lors de la cérémonie «Power of Women London». L'actrice est notamment revenue sur le long et sinueux chemin de guérison après avoir survécu à deux hémorragies cérébrales.
Un discours à la puissance de feu pour la «Mère des dragons». Plus d'une décennie après avoir frôlé la mort en étant victime de deux hémorragies cérébrales, l'actrice Emilia Clarke, brillantissime Daenerys Targaryen dans la série d'anthologie «Game of Thrones», a partagé sur la scène londonienne de la cérémonie «Power of Women» son expérience concernant sa convalescence, et les séquelles qui impactent toujours son quotidien.
«Quinze ans après ma première hémorragie, je me rends compte avec le recul à quel point cette période a été difficile. Je n’avais jamais eu l’occasion de réfléchir à ce que mes deux traumatismes crâniens m’avaient fait subir», a t-elle confié lors de son discours.
«Je pensais que cela avait ruiné mes capacité d'actrice»
«Pendant plusieurs années, j’ai eu l’impression d’avoir trompé la mort, et qu’elle allait venir me chercher», a-t-elle déclaré. «J’avais vraiment l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, et que je n’aurais pas dû être là. Je pensais aussi que cela avait ruiné mes capacités d’actrice - ce avec quoi certaines personnes pourraient être d’accord !», a témoigné l'actrice, mise à l'honneur lors de la cérémonie, aux côtés d’autres célébrités comme Emma Corrin, Hannah Waddingham, Suki Waterhouse et Cynthia Erivo.
Emilia Clarke et sa mère ont fondé l’association caritative SameYou en 2019, lorsqu’elle a révélé publiquement ce qu’elle avait vécu, avec pour objectif de venir en aide et d'accompagner d’autres survivants d’hémorragies cérébrales. «Lorsque j’ai enfin partagé mon histoire cette année là, nous avons été submergées par les réactions positives et les témoignages», a-t-elle déclaré lors de l’événement Power of Women à Londres.
«Ce sont surtout des jeunes qui nous ont contactées pour nous raconter leur propre histoire. Aujourd’hui, notre communauté compte des dizaines de milliers de survivants qui disent tous à peu près la même chose : le chemin vers la guérison, c’est comme tomber du haut d’une falaise sans que personne ne soit là pour vous rattraper», a ajouté l'actrice de 39 ans.
«Vous pourriez reprendre une vie normale, vous vous trompez»
«C’est un privilège de me trouver dans une salle remplie de personnes qui utilisent leur influence pour mettre en lumière des causes aussi importantes qui leur tiennent à cœur. Je suis ici pour parler d’une inégalité de santé choquante qui touche des millions de personnes mais qui reste largement invisible. À Hollywood, c’est généralement un super-pouvoir. Dans le domaine de la santé, c’est un problème. C’est aussi mon histoire, et la raison pour laquelle j’ai fondé mon association caritative», a révélé la comédienne, interprète de Qi'Ra dans la franchise américaine «Solo : A Star Wars Story».
«Voici la réalité : une personne sur trois subira une lésion cérébrale à un moment ou à un autre de sa vie, et si vous survivez à ce traumatisme, vous pourriez vous attendre à guérir et à reprendre une vie normale. Mais vous vous trompez», a t-elle avoué, émue.
«Nous sommes confrontés à une crise généralisée en matière de prise en charge post-traumatique des lésions cérébrales. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le nombre total de personnes vivant actuellement avec les conséquences bouleversantes d’un AVC ou d’un traumatisme crânien dépasse à lui seul les 15 millions. Pourtant, nos systèmes de santé n’ont toujours pas de solution claire pour sortir de cette crise ni la capacité d’aider ceux qui en ont besoin», a partagé l'actrice, bouleversante dans la romance tire-larmes «Avant toi».
«Je pensais que j'étais guérie»
«J’avais 22 ans lorsque j’ai subi ma première hémorragie cérébrale, l'âge que j'avais lorsque j’ai tourné la première saison de "Game of Thrones", et 24 ans lorsque j'ai survécu à la deuxième et que je faisais mes débuts à Broadway. J’aimerais bien mettre mes mauvaises critiques sur le compte de mon hémorragie cérébrale», a confié Emilia Clarke sous le ton de l'ironie.
En se questionnant sur l'impact qu'ont eu ces pertes de sang prolongées dans le cerveau, l'actrice a révélé que son quotidien en avait été modifié. «Je pouvais marcher, parler, être moi-même, mémoriser mes répliques et j’étais de retour devant la caméra quelques semaines seulement après ces deux accidents. J’allais bien, n’est-ce pas ?», s'est-elle demandé.
«J’ai ignoré ce qui se passait avec mes hormones, ou plutôt mon manque d’hormones, ma fatigue extrême dont peu d’autres jeunes de ma génération ne souffrait. Et mon anxiété ? C’est sûrement normal dans notre industrie obsédée par l’image. Me casser une côte après avoir tourné une scène de sexe ? Eh bien, c’était peut-être de sa faute. M’évanouir après de longues nuits de tournage ? La douleur dans tout mon corps ? Je ne pensais même pas que je devais chercher à savoir pourquoi. Je mettais simplement tout ça sur le compte du stress et de mon emploi du temps chargé, que je ne savais pas trop gérer. Je pensais que j’étais guérie. Mes médecins aussi», a t-elle révélé dans son discours de remerciements poignant.
«Quand tout le monde autour de vous pense que vous avez l’air d’aller bien, on vous traite comme si c’était le cas. Finalement, vous finissez par croire que vous devriez aller bien vous aussi. Je compare souvent les lésions cérébrales d’aujourd’hui à ce qu’était le cancer il y a un siècle : mal compris, stigmatisé et caché. Le rétablissement est tout aussi important que la survie», a conclu Emilia Clarke, sous les applaudissements du public, touché par les mots de l'actrice.