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Claude Cheysson : une figure majeure de l'histoire du PS

Claude Cheysson (à gauche) aux côtés de François Mitterand et Jacques Attali en 1981 Claude Cheysson (à gauche) aux côtés de François Mitterand et Jacques Attali en 1981[GABRIEL DUVAL / AFP]

Connu pour sa fonction de ministre des Relations extérieures sous François Mitterrand, Claude Cheysson décédé ce 15 octobre à 92 ans pouvait se targuer d’une carrière politique française et internationale dense, longue de plus de quarante ans.  

 

L'expérience de la Guerre

A 23 ans, Claude Cheysson quitte la France occupée de 1943 pour rejoindre la 2e division blindée des Forces Françaises Libres. Il reçoit plus tard la Croix de guerre 39-45 et des TOE et la médaille des évadés.

A son retour en France, Claude Cheysson poursuit ses études. Admis à l’Ecole normale supérieur et diplômé de Polytechnique, il intègre la promotion Croix de Lorraine (1947-1948) de l’Ecole nationale de l’administration.    

Tout juste sorti de l’ENA, il entame sa carrière diplomatique comme attaché au commissariat général aux Affaire allemandes et autrichiennes de 1949 à 1952. Il devient en 1952 conseiller à la Présidence du Gouvernement du Vietnam.

 

La politique nationale

Il entre en politique comme chef adjoint puis chef du cabinet de Pierre Mendès France, alors président du Conseil, de 1954 à 1955.

Après un passage de quelques mois en 1956 au cabinet d’Alain Savary, secrétaire d’Etat chargé des Affaires marocaine et tunisiennes, Claude Cheysson intègre pour cinq ans la commission de coopération technique en Afrique. Il y occupe le poste de secrétaire général jusqu’en 1962.

Puis, pendant quatre ans directeur de l’Organisme Saharien, devenu Organisme de Coopération Industrielle, Claude Cheysson est ensuite promu ministre plénipotentiaire. Il jouit enfin du poste d’ambassadeur en Indonésie de 1966 à 1969.

 

Un profil international

De 1970 à 1973, il devient président du directoire de l’Entreprise minière et chimique puis président-directeur général de la Compagnie des potasses du Congo.

Ce n’est qu’en 1974 que Claude Cheysson adhère au Parti Socialiste. Il rejoint par la suite Bruxelles, où il devient commissaire européen chargé des relations avec les pays en voie de développement.

 

 

Ministre sous François Mitterand

En 1981, François Mitterrand est élu président de la République. Claude Cheysson intègre alors le premier gouvernement mené par le Premier ministre Pierre Mauroy. Nommé ministre des Affaires étrangères qu’il fait renommer « Relations extérieures », il occupe ce poste jusqu’à la fin de l’année 1984.

Il retrouve ensuite Bruxelles, à nouveau en tant que commissaire européen jusqu’en 1988, puis comme député jusqu’en 1994.

Ce père de six enfants, marié à trois reprises s’engage par la suite dans l’Institut Pierre-Mendès France dont il est le président de 1987 à 1989. Sa carrière s’achève à 73 ans par la présidence de la Fondation Arche de la Fraternité.

Au cours de sa vie, Claude Cheysson est à plusieurs reprises décoré. Il était commandeur de la Légion d’honneur.

 

 

Nombreux hommages

Son décès à l’âge de 92 ans entraîne une vive émotion dans le paysage politique français, et notamment à gauche.

Le Président François Hollande, rend hommage au résistant, diplomate et ministre. Par l’intermédiaire d’un communiqué il salue la mémoire d’ « un grand serviteur de l’Etat et un homme politique lucide et passionné ».

Pour Jean-Marc Ayrault, Claude Cheysson « était un homme de conviction, un diplomate passionné par les relations Nord-Sud et un grand Européen ».

Quant à Laurent Fabius, actuel ministre des Affaires étrangères, il rend hommage à un « diplomate hors norme », dont il salue le « courage » et la « compétence ».

Harlem Désir, premier secrétaire du PS "garde le souvenir de l'indomptable militant, de l'homme de culture et d'action, engagé avec passion dans chacune de ses missions".

 

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