La candidature de Martin aux Européennes ne passe pas

Edouard Martin, du syndicalisme à la politique;: [NICOLAS BOUVY / POOL / AFP]

Edouard Martin a annoncé mardi sur France 2 qu'il allait conduire la liste PS aux élections européennes de 2014 dans la circonscription du Grand-Est. Mais la candidature de l'emblématique syndicaliste de Florange suscite la colère de ses anciens camarades et l'indignation des politiques.

 

Une candidature qui ne passe pas. Edouard Martin, emblématique syndicaliste CFDT d'ArcelorMittal à Florange, a annoncé mardi qu'il serait tête de liste PS aux élections européennes dans la région Grand-Est. Ses anciens camarades, les politiques et les observateurs dénoncent cet engagement politique, y voyant de la trahison et de l'opportunisme.

Edouard Martin s'est fait connaitre lors de la lutte contre la fermeture des hauts fourneaux de Florange, multipliant les "coups" médiatiques. Il avait notamment qualifié le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de "traître" dans son livre "Ne lâchons rien" et accusé devant la presse le gouvernement d'avoir cédé face ArcelorMittal.

 

Une "trahison", selon les syndicalistes

Les critiques les plus fortes ont émané de ses anciens compagnons de Florange. Ainsi, Walter Broccoli, délégué syndical FO estime qu'Edouard Martin s'est servi de leur combat à des fins politiques. "On a l'impression d'être cocus. Il nous avait dit : je ne ferai jamais de la politique […] Quelque part, on a l'impression qu'il s'est servi de Florange pour son ambition personnelle", a-t-il souligné sur Europe 1.

"On est très dubitatifs sur la sincérité de sa démarche […] Ce n'est plus du tout l'homme qui était un frère d'armes hier", a également affirmé sur iTélé Frédéric Weber, représentant FO de Florange.

 

Ses futurs adversaires politiques montent au créneau

L'opposition a également fustigé la candidature d'Edouard Martin. A commencer par ses futurs adversaires.

Nadine Morano, probable tête de liste UMP dans le Grand-Est, a dénoncé sur son compte Twitter une récompense accordée au syndicaliste.

 

Florian Philippot, candidat du FN, a estimé sur iTélé qu'Edouard Martin est "allé à la soupe". "Edouard Martin, c'est la trahison à Florange", a-t-il ajouté.

Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général de l'UDI a également critiqué le choix du syndicaliste, évoquant les salariés de Florange.

Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP (qui n'est pas candidat), a ironisé sur la situation en lançant "il y a au moins un de recasé".

 

 

Vives critiques sur les réseaux sociaux

Sur Twitter aussi, les critiques acerbes sont légion.

 

"Poursuivre le combat à un autre niveau"

De son côté, Edouard Martin se défend affirmant que cet engagement politique s'inscrit dans son combat.

"J'ai simplement envie de continuer le combat que nous menons depuis maintenant plusieurs années sur le maintien de l'industrie en France et en Europe, et j'ai envie de le poursuivre à un autre niveau, au niveau européen, parce que c'est là que se prennent toutes les grandes décisions qui nous impactent", a-t-il expliqué sur France 2 mardi.

Dans une interview au Monde daté de jeudi, il souligne également n'avoir "aucune leçon à recevoir". "J'étais là du début à la fin […] Plus de 600 salariés de Florange ont déjà été reclassés. Il n'en reste plus que treize sans travail. Je me battrai jusqu'au dernier", affirme-t-il. 

 

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