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Centrafrique: Longuet (UMP) s'interroge sur le "sens politique" de Sangaris

Des civils musulmans sont protégés le 26 décembre 2013 à Bangui par des soldats français, membres de l'opération Sangaris [Miguel Medina / AFP/Archives] Des civils musulmans sont protégés le 26 décembre 2013 à Bangui par des soldats français, membres de l'opération Sangaris [Miguel Medina / AFP/Archives]

L'ex-ministre de la Défense Gérard Longuet (UMP) s'est interrogé vendredi sur le "sens politique" de l'opération française Sangaris en Centrafrique.

"Quel est le sens politique de cette intervention? (...) Quel est le projet gouvernemental pour donner un Etat de droit à la République centrafricaine?", a demandé le vice-président de l'UMP sur France Info.

"Il est évident que nous pouvons soutenir" la reconstruction d'une République, mais "nous ne pouvons pas [la] remplacer, la porter sur les fonts baptismaux, indépendamment des Centrafricains eux-mêmes", a-t-il affirmé.

Au lendemain d'une visite à Bangui de Jean-Yves Le Drian, le sénateur de la Meuse a assuré que ce projet politique "est plus de la responsabilité du ministre des Affaires étrangères et du gouvernement que du ministre de la Défense".

Ministre de la Défense de février 2011 à mai 2012, M. Longuet n'a pas appuyé les critiques de l'opposition sur le coût de l'opération, considérant qu'"à partir du moment où la France a une politique étrangère et les moyens militaires de cette politique, il faut en accepter la charge".

M. Longuet a plutôt jugé "insuffisant" le nombre des soldats français déployés sur le terrain: selon lui, "Bangui est devenue une très grande ville, avec des dizaines de milliers de réfugiés et 1.600 hommes, quelle que soit leur qualité, (...) ne peuvent quadriller la totalité du territoire".

Gérard Longuet a également critiqué le manque d'unité européenne à propos de ce conflit: "les donneurs de leçon en matière de déficit pourraient de temps en temps être solidaires de l'un des deux pays, la Grande-Bretagne et la France, capables d'intervenir à l'extérieur et de donner ainsi de l'Europe l'image la plus favorable".

L'ex-ministre a rappelé la nécessité de la participation des "Etats africains riverains, partenaires de la Centrafrique, qui ont leur mot à dire: nous n'avons pas à être seuls". Selon lui, le Président centrafricain, "M. Djotodia, n'a pas de légitimité: il est arrivé dans les fourgons des Sélékas", l'ex-rébellion à majorité musulmane, et "son autorité ne dépasse pas le camp de Roux dans lequel il est enfermé".

"C'est une affaire de guerre civile: il faut que les soldats soient d'une impartialité totale. On reconnaît aux Français cette qualité, elle est discutée à d'autres corps militaires étrangers" a lancé M. Longuet à l'adresse des troupes africaines présentes en Centrafrique.

Le député UMP Axel Poniatowski a estimé jeudi que les Nations Unies devaient "impérativement" prendre le relais de la France en Centrafrique et a suggéré une partition du pays.

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