Vaucluse : l'élection annulée, le maire FN fait appel

Le maire FN du Pontet Joris Hebrard. [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives]

Le maire FN du Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard, va faire appel devant le Conseil d'Etat de la décision du tribunal administratif de Nîmes qui a annulé jeudi son élection, a-t-on appris auprès de son cabinet.

 

"Bien évidement que nous allons faire appel", a indiqué à l'AFP le directeur de cabinet du maire, Xavier Magnin, soulignant que l'appel était suspensif et que Joris Hébrard restait maire dans l'attente de la décision du Conseil d'Etat.

Le Tribunal administratif de Nîmes a annulé jeudi l'élection municipale du Pontet (Vaucluse) remportée par le frontiste Joris Hébrard contre le candidat UMP Charles Toutain qui envisage une liste commune avec le PS pour battre le FN lors d'un nouveau scrutin.

 

7 voix d'écart seulement et des irrégularités dans la campagne

"Les élections municipales et communautaires ont été annulées", a annoncé M. Toutain à l'AFP satisfait que le "tribunal nous a(it) rétablis dans notre légitimité". "C'était assez prévisible pour le coup, 7 voix d'écart dans une ville de 17.000 d'habitants...", a réagi Florian Philippot, vice-président du FN auprès de l'AFP.

Le Pontet compte parmi les 11 villes, remportées par le Front National ou ses soutiens lors des élections municipales du 30 mars. Le parti de Marine Le Pen avait arraché d'un petit rien, cette ville de 17.000 habitants, proche d'Avignon. Le FN a également remporté une autre ville dans le Vaucluse, Camaret-sur-Aigues et la Ligue du sud de Jacques Bompard en a remporté deux, Orange et Bollène. 

Au Pontet, Joris Hébrard, un kinésithérapeute de 30 ans qui se présentait pour la première fois à une élection, avait créé la surprise en arrachant la victoire d'une courte tête avec de seulement 7 voix au second tour, récoltant 3.141 suffrages, contre 3.134 pour l'UMP Claude Toutain lors d'une triangulaire avec un candidat divers droite, Frédéric Quet.

"C'est une première bataille gagnée", a commenté M. Toutain, relevant que le rapporteur public, qui s'était prononcé pour l'annulation lors de l'audience du 2 octobre, s'était appuyé sur "des faits objectifs".

"Il y a eu des faits déloyaux lors de la campagne et le jour des élections de la part du candidat FN Joris Hébrard et de son équipe", a-t-il dit. 

Dès le 4 avril M. Toutain avait introduit un recours en annulation devant le tribunal administratif, mettant en avant un certain nombre d'irrégularités supposées durant la campagne ou les opérations de vote.

 

"Front républicain"

Lors du prochain scrutin, M. Toutain a souhaité la constitution d'un "front républicain" pour battre le FN. "Le but est d'avoir une seule liste contre le FN pour que Le Pontet soit débarrassé de cette clique qui est totalement incompétente", a-t-il dit.

Le PS lui aussi partisan d'une alliance, a saisi d'ores et déjà la main tendue : "nous ne partirons pas seuls", a réagi Miliani Makhechouche, le candidat PS aux municipales de mars qui s'était retiré in extrémis avant le deuxième tour sans toutefois apporter son soutien au candidat UMP. "J'ai carte blanche pour pouvoir construire un front républicain", a-t-il ajouté. Le pacte dépend selon lui des "conditions de construction d'une liste unique", avec l'UMP. 

Faisant preuve d'optimisme dans l'hypothèse d'un nouveau scrutin, M. Philippot a estimé que "ça sera l'occasion pour le maire FN RBM (Rassemblement Bleu Marine, ndlr) de renforcer son assise dans la ville, de faire un score encore supérieur à celui qu'il avait fait la dernière fois, l'élection permettra de départager de manière nette et claire."

 

Quelques polémiques autour du maire

L'annulation de l'élection municipale du Pontet, ainsi que celle de la communauté de communes, intervient après six premiers mois d'un mandat émaillé de petites polémiques pour M. Hébrard.

Au lendemain de son élection, l'édile avait fait voter par sa majorité une augmentation de 44% de ses indemnités, qui passaient de 2.470,95 euros à 3.227,45 euros. Cette délibération avait été annulée après un avis négatif de la préfecture de Vaucluse qui avait jugé cette hausse contraire au code des collectivités territoriales.

Le maire avait également décidé la suppression de la gratuité de la cantine pour les plus démunis et retiré la subvention au Téléthon.

 

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