Pour la première fois, Sarkozy parle d'abrogation de la loi Taubira

Nicolas Sarkozy, lors de son meeting à Lambersart, le 25 septembre 2014[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de l'UMP, s'est finalement prononcé pour "l'abrogation" de la loi Taubira sur le mariage pour tous après avoir été chahuté pour avoir évoqué une simple "réécriture" de la loi, samedi à Paris, lors d'un meeting de l'association Sens commun.

 

C'est la première fois que l'ancien président emploie le terme d'"abrogation" alors que, jusqu'à présent, il prônait une "réécriture" du texte sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels.

Les trois candidats à la présidence de l'UMP - Bruno Le Maire, Hervé Mariton puis Nicolas Sarkozy - ont été invités à venir tour à tour exposer leur vision sur l'avenir de leur parti devant Sens commun, une association au sein de l'UMP née dans le sillage de la Manif pour tous.

La question a été posée à M. Sarkozy, comme elle l'avait été posée auparavant à MM. Le Maire et Mariton, de ce qu'il comptait faire de la loi Taubira.

"La loi Taubira devra être réécrite de fond en comble", a affirmé M. Sarkozy, devant environ 3.000 personnes, selon les organisateurs.

A ce moment, il a été interrompu par de très nombreux participants qui scandaient "Abrogation ! Abrogation !" tandis que d'autres le huaient.

"Si vous préférez qu'on dise (qu'il faut) abroger la loi Taubira pour en faire une autre... En français, ça veut dire la même chose... Ca aboutit au même résultat. Mais enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher", a fini par dire M. Sarkozy.

 

Hétéros/homos : Sarkozy pour deux unions distinctes

"Ca ne sert à rien qu'on soit contre la GPA (gestation pour autrui) si on n'abroge pas la loi Taubira", a-t-il dit un peu plus tard, déclenchant alors dans la salle un tonnerre d'applaudissements.

L'ancien président, qui souhaite qu'il y ait deux unions distinctes célébrées en mairie - le mariage pour les hétérosexuels et un contrat pour les homosexuels - a également été très applaudi quand il a affirmé que "le droit à l'enfant (était) un folie. Il n'y a pas de droit à l'enfant, il y a désir d'enfant", a-t-il dit. 

 

 

Même succès quand il a dénoncé les changements apportés par le gouvernement à la politique familiale, en faisant allusion à la fin de l'universalité des allocations familiales. 

Il a proposé à Bruno Retailleau, patron des sénateurs UMP, présent au meeting, de présenter "une proposition de loi sur la politique familiale que nous voulons mettre en oeuvre" quand la droite reviendra au pouvoir.

Avant lui, à la tribune, Bruno Le Maire, qui s'est abstenu sur la loi Taubira, s'était fait huer pour avoir dit qu'il maintenait son opposition à une abrogation du texte. A l'inverse, Hervé Mariton a eu droit à un tonnerre d'applaudissements pour avoir lancé: "abrogation de la loi". "Ce qu'une loi a fait, une loi peut se défaire", a-t-il déclaré.

Selon un sondage Ifop publié samedi sur le site Atlantico, plus des deux tiers des Français (68%) sont favorables au mariage homosexuel et une majorité (53%) sont pour l'adoption d'enfants par des couples de même sexe, l'approbation de ces nouveaux droits progressant très nettement chez les sympathisants UMP.

Ces derniers sont désormais majoritaires (58% contre 33% en janvier 2013) à se dire en faveur du mariage gay. Et s'ils sont toujours minoritaires (38%) à soutenir l'adoption par des couples de même sexe, la progression est là aussi notable: ils étaient 18% en décembre 2012 et 22% début janvier 2013.

 

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