Sarkozy tend la main aux ténors de l’UMP

Nicolas Sarkozy.[BERTRAND LANGLOIS / AFP]

Il n’a pas perdu de temps. Fraîchement élu samedi à la tête de l’UMP, avec 64,5 % des voix des militants, ­Nicolas Sarkozy s’est immédiatement mis au travail.

 

Installé lundi dans son bureau rue de Vaugirard, à Paris (15e), il s’est attelé à mettre sur les rails une de ses promesses de campagne : créer le plus large rassemblement possible au sein de son parti, vœu qu’il a rappelé lors de son ­intervention dimanche soir dans le JT de TF1 : «(Je souhaite) le rassemblement de tous […] Nous n’avons pas le droit de nous diviser», a déclaré l’ex-chef de l’Etat, qui souhaite transformer le parti en profondeur.

 

Le président veut jouer «collectif»

Cette volonté «répond à une demande forte d’unité de la part des militants de l’UMP, un parti déchiré par la bataille Copé-Fillon en 2012», explique Bernard Sananès, président de l’institut CSA. Rassembler, pour Nicolas Sarkozy, c’est donc avant tout faire table rase du passé. Sa volonté de changer le nom du parti ­illustre également ce souhait car «la marque UMP a été abîmée», souligne le spé­cialiste.

Mais le rassemblement passe aussi par une main tendue aux ténors du parti. Le premier à en bénéficier a été Bruno Le Maire, son adversaire dans la campagne pour la présidence, qu’il a reçu hier à la première heure. Arrivé deuxième samedi et fort de ses 29,18 %, le député de l’Eure est désormais une ­figure qui compte à droite, même s’il a confirmé son choix de n’avoir «ni fonction ni titre» dans le nouvel organigramme de l’UMP.

A l’issue de cette entrevue, les deux hommes n’ont pas manqué d’afficher aux yeux de tous leur bonne entente. Mais Bruno Le Maire est loin d’être la seule personnalité que ­Nicolas Sarkozy souhaite intégrer à son projet. L’ancien chef de l’Etat a rencontré hier Xavier Bertrand, candidat déclaré à la primaire de 2016.

Et aujourd’hui, c’est Christian Estrosi qui pourrait s’entretenir avec le nouveau chef de l’opposition. ­Nicolas Sarkozy veut donc jouer «collectif», comme il l’a expliqué dimanche en endossant un costume qu’il a déjà porté par le passé. « Il veut jouer le même rôle qu’en 2004 (il avait rassemblé 85 % des voix aux élections internes ndlr) et 2007», insiste Bernard Sananès.

 

Fédérer les ténors de l’UMP

S’il reste indiscutablement le préféré des sympathisants UMP, Nicolas Sarkozy doit en revanche faire face pour la première fois à une opposition au sein de son parti. Dans ses appels du pied, il a donc annoncé dimanche la création d’un «comité des anciens Premiers ministres» afin de réunir les têtes d’affiche de la formation politique. Pour l’instant, seul Dominique de Villepin a donné son accord. Mais du côté des candidats à la primaire, rien n’est encore ­acquis.

En effet, François Fillon, qui doit rencontrer l’ex-chef de l’Etat aujourd’hui, ne souhaite pas y participer, selon ses proches. Quant à Alain Juppé, il souhaiterait avoir plus de précisions avant de prendre une décision. Les deux hommes, qui préfèrent pour l’instant afficher leur indépendance en vue de 2017, ont décidé de jouer la montre. Et refusent pour l’heure d’accepter la main tendue par Nicolas Sarkozy.

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