Hollande veut prolonger l'esprit de janvier

François Hollande le 5 février 2015 lors de la conférence de presse.[ALAIN JOCARD / AFP]

François Hollande s'est décrit jeudi en président de gauche "depuis le début" de son quinquennat, a clamé sa volonté de "prolonger l'esprit de janvier" après les attentats de Paris, avec des annonces sur l'éducation et le service civique.

 

Le chef de l'Etat s'est également montré offensif sur la scène internationale, en particulier l'Ukraine, annonçant une visite surprise dans l'après-midi à Kiev avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Désireux d'"éviter la guerre en Ukraine", M. Hollande doit présenter à cette occasion une "nouvelle proposition de règlement" du conflit russo-ukrainien. Ils se rendront vendredi à Moscou pour s'entretenir avec Vladimir Poutine. "L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment", a prévenu le chef de l'Etat.

 

 

Une solution pour la Grèce, "le rôle de la France"

Au sujet de la Grèce, "le rôle de la France est de trouver une solution, de contribuer à un accord mais dans le respect: respect du vote des Grecs et respect des règles européennes et des engagements".

Il a incité le nouveau Premier ministre grec Alexis Tsipras, élu sur un programme anti-austérité, à se rendre à Berlin pour aller voir Angela Merkel qui "le recevra".

Depuis le Palais de l'Elysée, il a aussi fait la leçon à la communauté internationale qui doit selon lui être plus active dans les zones de conflits. "La France ne peut pas intervenir partout", "elle ne peut pas être la seule puissance du monde à agir", a-t-il lancé soulignant notamment son rôle dans les conflits africains. "Faites votre travail, ne faites pas la leçon", a-t-il dit.

 

Président de gauche "depuis le début de mon quinquennat"

Sur le plan intérieur, M. Hollande a voulu aussi être à l'offensive, lors de sa cinquième conférence de presse, affirmant être un président de gauche "depuis le début de son quinquennat".

"Quand je fais le choix de l'économie, de la croissance, c'est pour qu'il y ait plus d'emplois, pas pour faire plaisir à une catégorie", a-t-il dit répondant aux critiques de la gauche de sa majorité notamment contre la loi Macron. "Je prendrai des décisions jusqu'au bout", a-t-il dit.

M. Hollande a affirmé également avoir "changé", après les attentats de janvier, qui ont "profondément marqué la France et qui sont désormais inscrits dans notre mémoire nationale".

"L'esprit du mois de janvier 2015, c'est l'unité de la République. Cette exigence, ce message n'efface pas les différences, les sensibilités, les clivages, mais les dépasse dans une force qui va à l'essentiel: assurer la cohésion du pays pour le faire avancer, pour le faire réussir (...) Cet esprit-là, je dois le prolonger", a poursuivi M. Hollande, en net regain de popularité depuis décembre. 

 

Tacle à l'UMP et au FN

Le président de la République a distillé quelques annonces visant à renforcer la "cohésion" de la société française, parmi lesquelles de nouveaux moyens pour lutter contre le décrochage scolaire, pour la formation des enseignants, la revalorisation des lycées professionnels.

Il a annoncé la création d'un "contrat civique" avec un "service universel pour les jeunes" et la création d'une "réserve citoyenne pour tous les Français".

Au plan économique, après l'engagement du pacte de responsabilité et la loi Macron en discussion au Parlement, "nous devons aller plus loin encore", a-t-il dit, évoquant "des réformes qui devront concerner l'emploi des jeunes, l'insertion des chômeurs de longue durée, améliorer les performances de nos entreprises, faciliter le financement de notre économie".

 

Le tiers payant mis en place

Il a indiqué que le tiers payant généralisé, une de ses promesses de campagne et contesté par les médecins, ne serait mis en place que "si un mécanisme simple de paiement est possible pour les professionnels de santé".

Après la sortie de Manuel Valls sur l'"apartheid territorial, social, ethnique" qui minerait les banlieues, M. Hollande a également annoncé la création d'une "agence nationale de développement économique sur les territoires". Il a menacé de durcir les sanctions pour les élus ne respectant par les quotas de logements sociaux. Il a toutefois rejeté l'idée de statistiques ethniques en jugeant que ce débat "n'apporterait rien". 

M. Hollande a aussi regretté la décision de l'UMP de ne pas faire barrage au FN dans le Doubs dimanche prochain. "Je ne suis pas là pour faire la leçon" mais tous les partis ne sont pas "pleinement dans les valeurs de la République", a-t-il fait valoir. "Il y a un moment où au nom des valeurs, les électeurs doivent faire des choix", a-t-il dit rappelant qu'à la présidentielle de 2002, il n'avait "pas hésité une seule seconde" pour appeler à voter pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.

 

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