Départementales : un scrutin et des enjeux

Les élections départementales auront lieu les 22 et 29 mars 2015. [Fred Dufour / AFP/ Archives ]

C’est une échéance locale aux allures de test national. Les élections départementales, qui se tiendront les 22 et 29 mars prochains, vont révéler les rapports de force entre les partis à quelques mois des régionales (en ­décembre), mais surtout en vue de la présidentielle de 2017.

 

Alors que le Front national compte s’imposer dans de nombreux cantons, le PS craint une ­défaite qui viendrait affaiblir encore un peu plus l’exécutif. L’UMP, quant à elle, devrait tirer son épingle du jeu.

 

Le Front national veut confirmer sa dynamique actuelle

Conforté par les sondages qui le placent en tête avec près de 30 % des ­intentions de vote, le FN s’annonce comme le grand gagnant du premier tour. Si une vague "bleu Marine" reste peu probable, le parti frontiste a tout de même réussi le pari de présenter des candidats sur la quasi-totalité du territoire, et pourrait bien rafler des dizaines de conseillers ­départementaux, contre deux seulement en 2011.

Des résultats qui devraient permettre à la formation de Marine Le Pen de maintenir une ­dynamique engagée lors des élections européennes et municipales, et qui confirmeront sa stratégie d’implan­tation locale.

 

Le Parti socialiste va essayer de limiter encore la casse

Comme beaucoup d’élections inter-médiaires pour le pouvoir en place, "ce scrutin s’annonce extrêmement difficile, voire catastrophique" pour le PS, analyse Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion pour CSA. La gauche, qui détient une majorité de conseils généraux (61 sur 101), devrait enregistrer de nombreuses pertes.

Si l’exécutif a bénéficié d’un ­regain de ­popularité après les attentats de janvier, François Hollande et la gauche dans son ensemble pâtissent de la ­déception des Français, notamment sur le front du chômage. Les intentions de vote en ­faveur du PS ne dépassent d’ailleurs pas 23 %, selon un récent sondage Ifop pour Le JDD. L’enjeu pour le gouvernement sera de tourner la page, en insistant sur la dimension locale du scrutin.

 

L’UMP espère pouvoir inverser le rapport de force

Face au rejet du PS et à la difficulté du FN de s’imposer lorsqu’il est en duel avec une autre force politique au ­second tour, l’UMP associée à l’UDI et créditée de 29 % des intentions de vote, devrait sortir victorieuse. L’occasion pour le parti de "regagner une partie du ­terrain ­grignoté par la gauche ces quinze ­dernières années et de faire émerger de nouvelles figures", selon Yves-Marie Cann.

 

L’abstention devrait l’emporter dans l’isoloir

Elle pourrait frôler les 60 %. L’abstention s’annonce comme la grande gagnante de ces élections, qui peinent à passionner les Français. Un tiers d’entre eux n’ont d’ailleurs aucune idée qu’un scrutin se profile. Un désintérêt qui devrait bénéficier au FN, dont l’électorat reste plus mobilisé que la moyenne. 

 

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