La réforme du collège est en marche

Pour s’attaquer à ce qui est considéré comme le maillon faible du parcours scolaire, la ministre veut davantage d’interdisciplinarité.[N.REVELLI-BEAUMONT/SIPA POUR DIRECT MATIN]

Najat Vallaud-Belkacem s’attaque à un vaste chantier. L’objectif : améliorer les enseignements pour renforcer le niveau des élèves en français.

 

Et maintenant, les années collège. Après les rythmes scolaires et la notation des élèves, Najat Vallaud-Belkacem ouvre un autre dossier sensible de l’Education. Son projet de réforme arrive ce mercredi en Conseil des ministres, avant d’être discuté par les acteurs du monde éducatif et d’entrer en vigueur à la rentrée 2016.

Un chantier immense – 3,2 millions de collégiens sont concernés dans le pays – qui entend mettre plus de diversité dans les cours, afin d’améliorer un niveau moyen loin d’être exemplaire.

 

Un sujet, plusieurs matières

Pour s’attaquer à ce qui est considéré comme le maillon faible du parcours scolaire, la ministre veut davantage d’interdisciplinarité. Autrement dit, en marge des matières traditionnelles, seront développés des "enseignements complémentaires où plusieurs disciplines pourront se croiser", a-t-elle déjà fait savoir. Un même sujet pourrait ainsi être abordé par un texte en français et une œuvre en arts plastiques. Il s’agirait, selon l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, "de motiver des élèves dont la majorité disent s’ennuyer au collège, en leur montrant que les disciplines classiques, nécessaires, sont aussi complémentaires". Un élève en difficulté dans une matière pourrait en outre compenser par un intérêt pour une autre, afin, comme le souhaite Najat Vallaud-Belkacem, de "comprendre des concepts". Sur les vingt-cinq heures de cours par semaine, quatre devraient au final y être consacrées. Une initiative qui fait grincer des dents les syndicats défenseurs des matières traditionnelles, quand d’autres y voient, a contrario, un moyen de travailler, et donc d’apprendre, autrement.

Autre volonté de la ministre, donner plus d’autonomie aux établissements et plus de liberté pédagogique aux enseignants. Car "l’enjeu n’est pas de savoir si les élèves apprennent de la même manière, mais s’ils maîtrisent au final la même chose", souligne Claude Lelièvre. Enfin, la réforme pourrait instaurer l’apprentissage d’une seconde langue vivante dès la 5e, au lieu de la 4e actuellement. 

 

Des élèves dans la moyenne

La difficulté de la tâche est à la hauteur du problème car les écarts se fixent quasi définitivement au collège. "Celui-ci fonctionne globalement bien pour un tiers des élèves, mais environ 20 % sont complètement en échec", constate ainsi Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. Un organisme dont les études Pisa montrent que le niveau de connaissances des Français de 15 ans ne les place pas parmi les premiers. L’Hexagone se classait au 25e rang (sur 75) des meilleurs pays dans le domaine en 2012. Ayant tout juste la moyenne pour les mathématiques et la culture scientifique, la France s’en sort légèrement mieux pour la compréhension de l’écrit, mais avec un écart entre les bons élèves et les mauvais qui se creuse, selon l’OCDE. Un bulletin de notes médiocre auquel s’ajoutent des difficultés linguistiques. La Commission européenne a notamment observé que si 80 % des collégiens suédois maîtrisaient aujourd’hui une langue étrangère, ce chiffre tombe à 14 % parmi les jeunes Français.

 

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