Les maires dans la rue contre la baisse des crédits de l'Etat

Des maires ayant revêtu leur écharpe tricolore écoutent Nicolas Sarkozy (hors champ), alors président de la République, le 20 novembre 2009 u palais de l'Elysée à Paris [Charles Platiau / POOL/AFP/Archives] Des maires ayant revêtu leur écharpe tricolore écoutent Nicolas Sarkozy (hors champ), alors président de la République, le 20 novembre 2009 u palais de l'Elysée à Paris [Charles Platiau / POOL/AFP/Archives]

Les maires se mobilisent ce samedi pour alerter les citoyens sur les conséquences de la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités locales, qui aggrave leurs difficultés financières et met, selon eux, en danger les services publics.

 

Devant l'ampleur de la fronde, François Hollande a appelé vendredi "tous les acteurs publics" à "faire des économies". "J'ai été moi-même maire, président d'un conseil général, je sais ce que c'est de pouvoir animer un territoire avec des moyens qui sont forcément limités", a rappelé le chef de l'Etat.

Au-delà des clivages droite-gauche, des élus de toutes tendances ont en effet appelé à cette journée d'action à l'invitation de l'Association des Maires de France (AMF). Pour l'AMF et les principales associations du bloc communal, il y a "urgence à réviser le calendrier" et le volume de l'effort demandé aux communes.

 

15,8 milliards

Entamée en 2014, la baisse des dotations doit représenter d'ici 2017 un manque à gagner de 15,8 milliards pour les communes.

"Cette amputation est inéquitable, insoutenable pour les communes et intercommunalités et aura de graves conséquences sur l'activité économique dans les territoires", met en garde François Baroin (Les Républicains), le président de l'AMF.

A trois mois des élections régionales, la grogne des élus locaux tombe mal pour le gouvernement, qui a répondu partiellement à leurs préoccupation en annonçant la création d'un fonds doté d'un milliard d'euros pour soutenir les projets d'investissement que les collectivités ne parviennent pas à financer - dont 500 millions pour les zones rurales.

Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation, rappelle pour sa part que la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) ne représente pour les communes "qu'une diminution de 1,84% de leur recettes de fonctionnement chaque année, soit en moyenne 28 euros par habitant".

 

Une inquiétude profonde 

La Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) dénonce quant à elle une manoeuvre de François Baroin, ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, et de la droite. "Ne soyons pas dupes des intentions de l'opposition qui souhaite faire de ce rassemblement une journée de contestation du gouvernement", écrit François Rebsamen, maire PS de Dijon. Aucun des grands élus socialistes ne devrait participer aux manifestations.

Mais pour le vice-président socialiste de l'AMF André Laignel, qui soutient le mouvement, les "diminutions de moyens considérables" affaiblissent "les territoires, mais aussi l'économie nationale".

L'inquiétude des élus est profonde et les maires ruraux, souvent sans étiquettes politiques, adhèrent à cette journée d'action, à l'appel de leur association, l'AMRF, qui revendique près de 10.000 adhérents.

"Tous concernés!", "Stop à la baisse brutale des aides de l'Etat" : les slogans fleurissent sur internet pour dénoncer les baisses de crédits.

La mobilisation a d'ailleurs commencé dès vendredi avec un rassemblement des maires de communes populaires de Seine-Saint-Denis, ceints de leur écharpe tricolore, qui se sont rendus à pied de la mairie de Saint-Denis à la sous-préfecture.

Entre 10H00 et midi, les élus de nombreuses communes iront à la rencontre de la population pour lui faire partager leurs inquiétudes. Le maire de Neuilly-Plaisance, Christian Demuynck (LR), a même décrété "quatre jours de deuil" dans sa ville.

Le maire LR de Bordeaux Alain Juppé a lui annoncé qu'il participerait au rassemblement organisé à 10h30 devant la préfecture de la Gironde.

Mais à Lille, aucun élu socialiste de la mairie ne participera au rassemblement organisé devant la préfecture. "Il y d'autres moyens de se faire entendre du gouvernement", dit-on dans la majorité municipale.

 

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