Mgr Philippe Barbarin : "Noël : un message de paix"

La Nativité de Giotto - 1304-1306 (détail). [DR]

A l'occasion de Noël, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon revient sur le sens originel de cette fête célébrée dans le monde entier.

 

barbarin_andreas-solaro_afp.jpg (ANDREAS SOLARO / AFP)

 

Quel est le sens universel de Noël ?

C’est un message de paix, le bien suprême pour notre vie sur terre. Dans la Bible, le Messie est annoncé comme le « Prince de la paix » ; c’est  un des plus beaux noms de Jésus. Quand les anges s’approchent des bergers à Bethléem, le premier dit : « Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple ; aujourd’hui, un Sauveur vous est né. » Puis tous les autres chantent : « Gloire à Dieu et paix aux hommes sur la terre, car Dieu les aime. » Ce qui est particulièrement éclairant, c’est que non seulement les anges parlent de la paix, mais ils nous disent comment l’obtenir. La formule est claire et forte : si vous cherchez la gloire de Dieu, vous trouverez la paix. Mais si vous voulez la gloire  pour vous (ou l’argent, le pétrole, les dollars…) inévitablement, vous aurez la guerre ! Que tous s’en souviennent, quand ils chantent le célèbre "Glo-o-o-ria", de la nuit de Noël !

 

Quelle résonnance particulière en 2014 ?

Depuis quelques mois, et spécialement ces derniers jours, dans les médias, on a l’impression d’être envahi par la violence : situation d’autant plus détestable que tout cela est barbouillé d’imprécations religieuses. Cela nous plonge dans un grand désarroi. Il est d’autant plus important d’écouter le message de Noël, adressé à toute la famille humaine. Quand Dieu voit que les hommes ne parviennent pas à établir la paix, Il s’engage lui-même dans notre histoire. C’est un peu comme s’Il nous disait : « Laissez-moi faire, écoutez-moi un peu, s’il vous plaît, et je vous le promets, vous parviendrez enfin à vivre en paix ! »

 

A qui penserez-vous particulièrement pendant la nuit de Noël ?

Cette année, je vais retrouver en esprit les expulsés de Mossoul que nous sommes allés visiter,  il y a quinze jours en Irak. Quand je serai à Notre-Dame des Sans Abri, pour la Messe de la nuit, je me redirai la belle phrase du fondateur, Gabriel Rosset, que nous rappelait le Pape François, il y a quelques jours : « La meilleure manière d’aimer les Sans-Abri, c’est de leur donner un abri. » Je voudrais aussi aller rencontrer Jésus, dans un enfant mal protégé du froid, entouré de ces parents qui l’aiment, caché quelque part, dans un coin de Lyon.

 

 

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