Les fortes pluies de vendredi et samedi à Paris ont altéré la qualité de l'eau de la Seine. Les analyses récentes révèlent des niveaux de bactéries trop élevés. Quelles sont ces bactéries et pourquoi empêchent-elles la tenue des épreuves ?
Encore trop de bactéries dans la Seine ! Résultat : l'épreuve masculine du triathlon a été reportée à mercredi pour des «raisons sanitaires» en raison de l'eau de la Seine encore trop polluée. Cette mauvaise nouvelle a été annoncée par les organisateurs trois heures avant le départ.
Les bactéries qui inquiètent le plus les organisateurs sont les Escherichia Coli et les entérocoques intestinaux, indicateurs de contamination fécale pouvant poser des risques pour la santé des athlètes. Ces deux bactéries sont prises en compte pour autoriser ou non la baignade en milieu naturel.
Les matières fécales peuvent contenir des micro-organismes pathogènes responsables de maladies infectieuses entériques, telles que la gastro-entérite, le choléra ou la typhoïde. Ces maladies se transmettent souvent par les mains ou par ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par des matières fécales humaines.
Le laboratoire Biogroup a publié une fiche détaillant les dangers liés à la pollution des eaux de la Seine pour les athlètes. Outre les diarrhées, maux de ventre, nausées et vomissements, qui peuvent être particulièrement graves chez les personnes immunodéprimées, les baigneurs peuvent également souffrir d'infections cutanées et ORL, notamment des dermatites, conjonctivites, otites et pharyngites. De plus, l'urine des rongeurs peut transmettre la leptospirose, une maladie potentiellement mortelle.
Des bactéries provoquées par la saturation des égouts
Cette situation est principalement due à la gestion des matières fécales via le tout-à-l'égout, un système déployé depuis le XIXe siècle dans les pays à revenus élevés où l'eau est abondante. Bien que les eaux usées soient désormais principalement traitées dans des stations d'épuration, ces systèmes ne sont souvent pas conçus pour éliminer efficacement les pathogènes fécaux. En conséquence, les risques sanitaires persistent. En France, seulement 1,6 % des stations de traitement des eaux usées sont équipées d'un traitement désinfectant.
Il faut dire que dimanche, Paris a connu des pluies exceptionnelles, avec «15 à 20 mm vendredi et 10 mm supplémentaires samedi», soit «l'équivalent d'environ 15 jours de précipitations pour un mois de juillet normal», selon la préfecture. Ces fortes pluies ont entraîné le déversement d'eaux non traitées dans la Seine pour éviter de saturer le réseau d'assainissement parisien, et le ruissellement a pu emporter des bactéries présentes sur le sol vers le fleuve.
De plus, la canicule imminente aggrave la situation. «Les fortes chaleurs vont favoriser le développement d'autres bactéries dans la Seine», a affirmé Romain Lasseur, expert international sur les espèces invasives, lundi sur CNEWS. Il a expliqué que la canicule pouvait être dangereuse pour les athlètes des JO qui nageront dans le fleuve.
![Gianmarco Tamberi est champion olympique en titre du saut en hauteur. [PA Images / Icon Sport] Gianmarco Tamberi est champion olympique en titre du saut en hauteur.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/jo_2024_porte-drapeau_italie_alliance_66a601d668807_0.jpg?itok=uoOiVbdG)