Une étude publiée dans la revue Science Translational Medicine a mis en lumière un traitement prometteur pour soigner la maladie de Lyme. Son nom ? La pipéraciline.
Elles sont le pire ennemi de l'été : les tiques. Et pour cause : certaines portent en elles la bactérie responsable de la maladie de Lyme, une pathologie infectieuse pouvant handicaper fortement les personnes atteintes. Mais une récente étude a mis en lumière un nouveau traitement, sous le nom de la pipéracilline.
L'étude est issue d'un travail de recherche publié dans la revue Science Translational Medicine. Les chercheurs y ont démontré que la pipéracilline bloque la production de protéines vitales pour les bactéries, sans atteinte sur le microbiote intestinal.
plus de 450 antibiotiques analysés
Jusqu'à présent, le traitement contre la maladie de Lyme consiste à prendre une forte dose de doxycycline (un autre antibiotique), deux fois par jour pendant trois semaines maximum. Mais selon le professeur Brandon Jutras de l'Université Northwestern et auteur de l'étude, au média NewScientist, ce traitement «perturbe bien plus le microbiome intestinal normal».
Pour trouver ce nouveau traitement, le professeur Jutras et son équipe ont analysé plus de 450 antibiotiques approuvés par l’autorité sanitaire du médicament américain (la FDA). Ils ont ainsi testé ces molécules contre la bactérie à l’origine de la majorité des cas de maladie de Lyme : la Borrelia burgdorferi. Puis, ils ont étudié la manière dont ces antibiotiques affectaient les bactéries intestinales bénéfiques, comme certaines souches d’Escherichia coli, chez les souris et les humains. Au terme de ces tests, ils ont découvert que la pipéracilline, un antibiotique de la famille de la pénicilline utilisé pour traiter la pneumonie, semblait plus sélective envers la bactérie Borrelia burgdorferi.
Les chercheurs ont alors décidé d'infecter 46 souris, avant de les traiter, trois semaines plus tard, avec de la doxycycline ou de la pipéracilline, à raison de deux fois par jour pendant une semaine. Il s'est révélé que les souris ayant reçu une dose élevée de doxycycline ou une dose 100 fois plus faible de pipéracilline n’ont montré aucun signe d’infection.
Une analyse des selles avant et après traitement a ensuité montré un effet quasi nul de la pipéracilline sur le reste du microbiote, contrairement à la doxycycline, qui a entraîné des changements notables. «Avec la pipéracilline, nous avons découvert qu'elle cible une protéine particulière, essentielle à la survie de B. burgdorferi, mais pas à celle des autres bactéries. Elle est donc remarquablement efficace pour tuer cet agent de la maladie de Lyme à faibles concentrations», explique le professeur Jutras.
Les chercheurs prévoient désormais de tester la pipéracilline chez l’humain dans le cadre d’essais cliniques durant les prochaines années.