Depuis le 24 juillet dernier, plus de 3.000 cadavres d'oiseaux ont été ramassés en Loire-Atlantique, suite à des contaminations au botulisme aviaire. Quelle est cette maladie neurologique qui touche les humains et les animaux ?
Une bactérie possiblement mortelle qui n’a ni goût ni odeur. Le Clostridium botulinum est responsable du botulisme, une maladie neurologique grave qui affecte les humains et les animaux.
En Loire-Atlantique, depuis le 24 juillet dernier, plus de 3.000 cadavres d'oiseaux victimes du botulisme aviaire ont été retrouvés. Si cette épidémie touche plusieurs zones humides de la Loire-Atlantique, une telle mortalité n'avait pas été observée depuis 30 ans.
Le botulisme chez l'homme
Le botulisme est une affection neurologique rare et grave, provoquée par une toxine très puissante produite par une bactérie pathogène pour l’homme qui se développe dans les aliments mal conservés, faute de stérilisation suffisante (très souvent les conserves familiales, végétaux, jambons artisanaux, saucisses, poissons séchés ou fumés...).
Cette bactérie peut donc provoquer chez les personnes adultes le botulisme et chez les nourrissons le botulisme infantile, deux infections très rares, mais pouvant être très graves. Dans les cas les plus séreux, la toxine botulinique bloque les neurotransmissions entre les neurones moteurs et le muscle. Celui-ci ne se contracte plus, ce qui entraîne la paralysie. Cette maladie peut être fatale dans 5 à 10% des cas.
«la maladie la plus importante en termes de mortalité pour les oiseaux d’eau»
Bien que le botulisme soit une maladie assez rare chez l'homme, avec 0,5 cas par million d'habitants par an en France, elle touche environ 25 foyers par an, toutes espèces animales confondues, en matière de botulisme aviaire.
D'après l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), la maladie peut engendrer la perte de dizaines de milliers d'individus au cours d'un épisode. Elle est considérée comme «la maladie la plus importante en termes de mortalité pour les oiseaux d’eau à l’échelle mondiale», selon cette même source.
Elle se traduit chez les volatiles par une atteinte nerveuse menant à une paralysie flasque ascendante qui progresse depuis les pattes vers les paupières, et est souvent associée à une détresse respiratoire. Chez les oiseaux sauvages, la noyade est une conséquence fréquente de la paralysie du cou des animaux et de leur incapacité à relever la tête.
En septembre 2024, cinq trentenaires avaient été hospitalisés dans un état grave à la suite d'un repas d'anniversaire au cours duquel ils avaient consommé des conserves de pesto à l'ail des ours, en Indre-et-Loire.