Et si l'argent ne faisait pas le bonheur ? C'est en tout cas ce que révèle une étude selon laquelle il suffirait d'avoir chez soi un chat ou un chien pour être aussi heureux que de voir annuellement 84.000 euros sur son compte bancaire.
Le bonheur est dans le poil. Bien que coûteux en croquettes et en soins vétérinaires pour le moindre petit bobo, selon une étude, avoir un chat ou un chien rendrait aussi heureux que de gagner 84.000 euros par an. De quoi ravir la moitié de la population française, propriétaire d'une ou plusieurs adorables boules de poils.
Mais derrière ce constat plutôt insolite, une étude menée par la revue Social Indicators Research. En comparant l'effet causal du revenu et d'avoir un animal de compagnie sur la satisfaction de vie, les scientifiques sont parvenus à calculer ce que valait émotionnellement la présence d'un chat ou d'un chien, mesuré en équivalent financier.
Une augmentation significative du bonheur
Si une étude similaire avait déjà été réalisée concernant le mariage, équivalent à un salaire de 80.000 euros annuels, ou le fait de voir sa famille et ses amis une à deux fois par semaine, explosant les scores en rendant aussi heureux que de gagner près de 98.000 euros par an, les animaux de compagnie n'avaient pas eu leur part du gâteau.
C'est chose faite par les chercheurs Michael Gmeiner, de la London School of Economics, et Adelina Gschwandtner, de l'Université du Kent, qui ont publié leur analyse conjointe afin de combler ce manque de données probantes. En analysant les données d'une étude britannique à long terme, dans le cadre de laquelle environ 2.500 personnes ont été interrogées à plusieurs reprises, notamment sur leur satisfaction de vivre, leurs traits de personnalité et la présence ou non d'animaux de compagnie, ils sont parvenus à trouver un équivalent financier.
La sous-population ciblée, celle qui n'avait pas encore de chien ou de chat, a ensuite été exposée indirectement aux animaux en gardant ceux de leurs voisins en leur absence. Et le constat est sans appel : sur une échelle de 1 à 7, les contacts échangés avec les adorables boules de poils faisaient grimper le score de 3 à 4 points. Une augmentation significative, équivalente au fait de voir son salaire doubler ou tripler, pour atteindre la somme de 84.000 euros par an.
Un bonheur expliqué scientifiquement
Et derrière ce shot de bonheur au contact d'un chien ou d'un chat, un cocktail d'hormones expliqué scientifiquement. D'abord, il y a l'ocytocine, aussi appelée «hormone du bonheur», associée à l'attachement et au calme. Un mécanisme à l'origine du lien qui se crée entre parents et enfants, et que l'on peut libérer rien qu'en entendant un chat ronronner. Ensuite, il y a la réduction du cortisol, l'«hormone du stress», permettant par la même occasion de réduire l'anxiété et les risques de dépression, la présence d'un animal éloignant le sentiment de solitude.
Avoir chez soi un animal de compagnie n'est pas une pilule magique permettant de se maintenir en bonne santé toute sa vie, mais il contribue à faire baisser la tension artérielle, les risques d'hypertension, de crise cardiaque ou d'AVC. Les chats et les chiens agissent comme des figures d'attachement, offrant une présence constante, non jugeante et attachante, même lorsqu'il faut se lever à 6 heures du matin pour aller le promener sous la pluie, un sac en plastique plein à la main. Nos fidèles compagnons aident également à sortir des ruminations mentales en ramenant au présent, et sont, en ce qui concerne les chiens, de véritables catalyseurs sociaux, favorisant les interactions dans la rue et dans les parcs.
Le même principe d'étude avait également été utilisé concernant des situations de vie plus désagréables. Ainsi, l'équivalent financier d'une rupture amoureuse correspondait à une baisse de salaire de près de 200.000 euros par an.