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Traitement contre la calvitie : l’ANSM alerte sur les nombreux risques de ce médicament

Le finastéride, souvent prescrit aux hommes souffrant de perte de cheveux, est désormais sous surveillance. [© AdobeStock / Phimchanok]

Le finastéride, prescrit contre la calvitie masculine, fait l’objet d’une alerte de l’ANSM. L’agence recommande une vigilance accrue face aux effets de ce produit.

Le finastéride, souvent prescrit aux hommes souffrant d'une perte de cheveux, est désormais sous surveillance. Disponible sous forme de comprimés d’1 mg ou en solution à appliquer sur le cuir chevelu, ce médicament fait depuis le 25 septembre 2025 l’objet d’une alerte de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Le finastéride agit en bloquant l’action de la testostérone sur les follicules pileux, ce qui ralentit la chute des cheveux d’origine hormonale. À plus forte dose (5 mg), il est aussi prescrit pour traiter les problèmes de prostate.

Des effets secondaires parfois graves

Selon l’ANSM, plusieurs effets indésirables graves ont été recensés ces dernières années. Entre 1985 et mai 2024, 110 cas de troubles psychiatriques ou sexuels ont été signalés en France. L’âge médian des patients était de 30 ans et la durée moyenne du traitement de six ans.

Parmi ces cas, plus des deux tiers (67 %) étaient considérés comme graves : un décès par suicide et quatre tentatives ont été recensés. Depuis mai 2024, deux nouveaux suicides ont encore été signalés.

Fait inquiétant : pour 56 patients, les troubles persistants (perte de libido, anxiété, dépression) n’étaient pas résolus malgré l’arrêt du traitement. La moitié d’entre eux présentaient toujours des symptômes après trois ans, et un quart plus de huit ans après.

Deux visions opposées en Europe

Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC), organe scientifique de l’Agence européenne du médicament (EMA), reconnaît bien un risque d’idées suicidaires. Il a demandé que cette information figure clairement dans la notice, mais juge que le rapport bénéfice/risque reste favorable, sous réserve d’une meilleure information des patients.

L’ANSM, elle, s'est montrée plus ferme : pour le finastéride, 1 mg prescrit contre la calvitie, elle a estimé que le rapport bénéfice/risque est défavorable. L’agence considère les mesures européennes insuffisantes et réclame des actions nationales renforcées, notamment une carte patient et une communication directe aux professionnels de santé.

Les recommandations de l’ANSM

L’agence a demandé que les risques psychiatriques et sexuels soient intégrés à la notice du médicament. Elle a aussi recommandé d’interrompre immédiatement le traitement en cas d’apparition de troubles psychiques : sentiment de tristesse, anxiété, fatigue ou difficulté à se concentrer.

Les médecins et pharmaciens sont invités à informer clairement les patients avant toute prescription et à signaler sans délai tout effet indésirable.

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