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Pollution : les passagers aériens sont exposés à des niveaux extrêmement élevés de particules ultrafines, selon une étude

La concentration de particules ultrafines est très élevés dans les aéroports. [Julien de Rosa / AFP]

Une étude menée par des chercheurs français révèle que les passagers aériens sont exposés à des niveaux très élevés de particules ultrafines. Une pollution dangereuse pour la santé.

Une pollution invisible. De nombreux chercheurs se sont penchés sur l'exposition des passagers aériens à la pollution et ont découvert que ces derniers l'étaient particulièrement, notamment lors des phases d'embarquements dans les appareils. 

Une équipe composée de chercheurs de l'Université Paris Cité, de l'École du Val-de-Grâce, mais aussi par l'aéroport Charles-de-Gaulle et l'hôpital Hôtel-Dieu, se sont réunis pour étudier le niveau de pollution auxquels les passagers sont exposés. 

Ces particules ultrafines sont invisibles à l'œil nu et déjouent largement les techniques de surveillances de pollution dans l'air. De plus, elles ne sont pas couvertes par les lois de la pollution atmosphérique, malgré leur dangerosité et leur ampleur. 

Un danger pour la santé de millions de passagers

En effet, les particules ultrafines (UFP) et le carbone noir (BC) sont ultra-présents dans les aéroports. D'après les multiples relevés effectués dans l'aéroport Charles-de-Gaulle, les concentrations de ces particules seraient deux fois supérieurs au seuil de l'OMS, lors des phases d'embarquements et de débarquements. 

En revanche, les passagers sont largement moins exposés lors de la phase de croisière où les taux seraient inférieurs à ceux présents dans le métro ou le taxi par exemple. 

Cependant, ces particules ultrafines sont bien plus nocives pour la santé que les autres polluants. Par leur taille, elles s'installent beaucoup plus en profondeur dans les poumons et sont beaucoup moins filtrées par le corps humain. Elles favorisent donc sur l'apparition de maladies respiratoires, mais aussi sur les diverses pathologies telles que le diabète ou encore la démence. 

Des solutions coûteuses pour un large impact 

Tandis que l'impact calculé l'est non seulement sur les passagers, mais aussi sur l'environnement direct des aéroports, les compagnies aériennes pourraient réduire largement la propagation de ces particules via des coûts d'entretien plus importants. 

Plusieurs solutions pourraient permettre aux compagnies aériennes de réduire de près de 70% l'émission de particules ultrafines, comme l'utilisation de carburéacteurs de meilleures qualités ou un nettoyage du carburant par hydrotraitement. Cependant, les coûts de ces entretiens sont plus élevés et rebutent les entreprises. 

S'ajoute à cela, un impact bien plus grand que seulement les passagers lors de l'embarquement. En effet, toujours selon l'étude, l'environnement des aéroports est aussi directement touché. La concentration de particules à un kilomètre de l'aéroport serait comparable à se trouver à seulement quelques mètres du périphérique parisien. Des éléments provenant du plus grand aéroport de l'Hexagone ont été détectés jusqu'à 5 km autour de celui-ci. 

Le sujet des particules ultrafines commence à prendre de l'ampleur. En 2021, l'OMS avait déjà mis en lumière ce sujet grâce à la publication de 75 études. Suite à ce travail de fond, une nouvelle enquête a été menée aux Pays-Bas sur 11 millions de personnes. Elle avait déterminé que l'exposition aux particules ultrafines était directement liée à des décès prématurés, dont notamment à cause du cancer du poumon. 

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