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Journée de grève des ambulanciers privés le 8 avril : à quoi s’attendre ?

« Il manque 300 millions d’euros au secteur pour transporter les patients dans des conditions décentes », déplore la CNSA dans un communiqué. [Theo Rouby / AFP]

La Chambre Nationale des Services d’Ambulances (CNSA) a appelé à une «journée blanche» mercredi 8 avril. Une grève nationale et des manifestations sont attendues. Le but : alerter sur le risque «d’effondrement» auquel est actuellement confronté le secteur. 

Attention, il vous sera très difficile de bénéficier des services d’une ambulance privée de 9h à 20h le mercredi 8 avril, sauf en cas d’urgence vitale. C’est ce qu’a annoncé la CNSA, dans un communiqué publié ce lundi 30 mars appelant les ambulanciers privés à une grève nationale. Concrètement, les trajets programmés de retour d’hospitalisation ou de retour d’urgences pourraient ne pas être assurés sur l’ensemble du territoire. Le syndicat affirme tout de même que les patients seront informés en amont, lorsque cela est possible. En parallèle, des opérations escargots, sorties de brancards et des rassemblements de véhicules seront menés partout en France, précise la CNSA. 

Cet appel à la grève intervient dans un contexte de «crise sectorielle d’une gravité inédite», marquée par de multiples faillites de services d’ambulances. «Partout en France, les entreprises d’ambulances opèrent à perte, les défaillances se multiplient et les fermetures s’enchaînent», détaille le syndicat, ce qui menace directement la continuité des transports sanitaires. «En 2025, le nombre de défaillances d'entreprises a triplé par rapport à l’année précédente», précise-t-il. 

Un manque de 300 millions d’euros 

La CNSA déplore un «manque [de] 300 millions d'euros au secteur pour transporter les patients dans des conditions décentes». Ce montant correspond notamment aux «coûts non compensés par l’Assurance maladie», précise l’organisation, dont «plus de la moitié» est liée «à l’urgence préhospitalière».

À ce chiffre s'ajoutent «130 millions d’euros de charges supplémentaires», liés au personnel, aux temps d’attentes non rémunérés et à l’inflation, «ainsi qu’un surcoût de 40 millions d’euros lié au carburant», poursuit le syndicat. «Enfin, les délais de paiement des hôpitaux, pouvant atteindre un an, fragilisent dangereusement la trésorerie des entreprises», conclut-il. 

Une profession «au seuil de la rupture» 

Dans ce contexte, l’une des craintes principales de la CNSA est la raréfaction progressive des ambulanciers sur le terrain, qui effectuent aujourd’hui trois millions d’interventions urgentes par an, soit près de 40 à 50 % des admissions hospitalières en urgence. À noter que les services ambulanciers sont également impliqués chaque année dans 32 millions de missions de transports sanitaires programmés. Pour le syndicat, le risque est clair : «leur défaillance entraînerait une désorganisation immédiate de l’accès aux soins sur le territoire», et pourrait de fait avoir de lourdes conséquences pour les patients. 

Ainsi, avec cette «journée blanche», les ambulanciers espèrent bien faire entendre leur voix. Ils réclament des mesures immédiates, comme le déblocage de fonds d’urgence pour éviter les faillites en chaîne, l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie d’un modèle économique soutenable, ainsi que le respect strict des délais de paiement des marchés publics.

Cette grève annoncée des ambulanciers privés n'est pas sans rappeler celle menée par les médecins libéraux pendant dix jours en janvier dernier, dénonçant le manque de moyens et les attaques répétées contre leur profession. 

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