Comment vivre jusqu’à 100 ans ? Cette question taraude l’humanité depuis des siècles, et des chercheurs pourraient aujourd’hui apporter des éléments de réponse : l’hygiène de vie, notamment alimentaire et sportive, ainsi que la génétique.
Une obsession centenaire : comment atteindre l’âge de 100 ans ? Selon l’Institut national d’études démographiques (Ined), les personnes vivant au-delà de 100 ans, voire parfois jusqu’à 110 ans, sont de plus en plus nombreuses.
En France, en 2024, le nombre de centenaires dépassait les 30.000 personnes, soit environ 30 fois plus qu’en 1970. Et selon l'Ined, ce chiffre pourrait atteindre 600.000 d’ici à 2070. Pourtant, atteindre cet âge est loin d’être une mince affaire. Alors, comment y parvenir ?
De nombreuses recherches montrent que la longévité est liée à la fois aux habitudes de vie et à la génétique. Le régime alimentaire ou l’activité physique sont autant de facteurs sur lesquels il est possible d’agir. En revanche, d’autres éléments, comme la génétique, échappent largement à notre contrôle.
Des chercheurs de l’Université de Genève et de l’Université de Lausanne, en Suisse, ont ainsi découvert que la réponse à la question de savoir pourquoi certaines personnes atteignent l’âge de 100 ans et d’autres non se trouverait dans notre sang.
En analysant des échantillons sanguins provenant de centenaires, d'octogénaires et d'adultes âgés de 30 à 60 ans et en mesurant 724 protéines différentes présentes dans le sérum sanguin, ils ont découvert que les centenaires vieillissaient différemment au niveau moléculaire.
Des protéines sanguines dignes d’un trentenaire
L’étude a montré que les personnes centenaires possèdent dans leur sang 37 protéines très similaires à celles retrouvées chez des individus bien plus jeunes. Ces protéines seraient notamment liées à l’inflammation et à la santé cardiovasculaire.
Dans le détail, cinq de ces protéines sont associées au stress oxydatif, un déséquilibre entre les radicaux libres nuisibles et les antioxydants protecteurs dans l'organisme, qui accélère le vieillissement et favorise l'apparition de maladies chroniques telles que le cancer, le diabète ou la maladie d'Alzheimer.
«Les centenaires présentent des taux de protéines antioxydantes nettement inférieurs à ceux de la population gériatrique standard», a affirmé au New York Post Karl-Heinz Krause, professeur à la Faculté de médecine de l'UNIGE et coauteur de l'étude. «À première vue, cela semble contre-intuitif, mais cela montre que, le stress oxydatif étant bien moins important, ils ont tout simplement besoin de moins de protéines antioxydantes pour le maîtriser», a-t-il ajouté.
Les chercheurs ont également constaté que les protéines régulatrices de la matrice extracellulaire, qui contribuent à maintenir la solidité des tissus, restaient à des niveaux comparables à ceux observés chez des participants bien plus jeunes.
Les protéines liées au métabolisme des graisses, dont les taux augmentent généralement avec l’âge, ont également connu une hausse bien moins importante chez le groupe des centenaires.
Même la DPP-4, une protéine qui dégrade le GLP-1, une hormone stimulant la sécrétion d’insuline et cible de nouveaux traitements contre le diabète et l’obésité, semble être restée stable. Elle contribuerait ainsi à maintenir des niveaux d’insuline relativement bas, ce qui pourrait protéger contre l’hyperinsulinisme et le syndrome métabolique.
Selon les chercheurs, cette étude souligne l’importance d’un mode de vie sain pour bien vieillir. «L’activité physique contribue à maintenir la matrice extracellulaire dans un état plus “jeune”», notent les auteurs de l’étude, publiée dans Wiley. Par ailleurs, éviter le surpoids aiderait à préserver un métabolisme sain.