Le 11 novembre dernier, des scientifiques ont publié dans la revue Communications Psychology les résultats de leur nouvelle étude. Ils ont étudié l’effet des sons émis par les «sifflets de la mort», ces petits objets aztèques taillés en forme de crâne dans de l’argile, sur le cerveau. Cet instrument mystérieux, vieux de plusieurs milliers d’années, est soumis à de nombreuses hypothèses quant à son utilisation par ce peuple d’Amérique du Sud.
Découverte majeure dans le monde de l’archéologie. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Communications Psychology le 11 novembre dernier, a examiné l’effet des sons émis par les «sifflets de la mort», des petits instruments aztèques en argile et taillés en forme de crâne humain, sur le cerveau. Et le résultat est sans appel : «Le son, perçu comme un mélange de voix, de cri et de technologie, déclenche un traitement affectif» chez les individus.
A series of psychoacoustic and neuroimaging studies reveals the effect the sound of Aztec skull whistles has on modern listeners; the sound, perceived as a mixture of voice-like, scream-like, and technological, triggers affective processing. @SFruhholzhttps://t.co/E8wL0RYawg
— Communications Psychology (@CommsPsychol) November 12, 2024
Concrètement, ces sons activent des zones spécifiques du cerveau, liées à la compréhension des émotions, mais également d’autres zones liées à la cognition. Décrits comme «effrayants» et «répulsifs» par les volontaires européens de l’étude, ces sons agissent sur leur cerveau, qui les perçoit à la fois comme naturels et artificiels, déclenchant une confusion chez les individus. Un résultat qui permet aux scientifiques d’émettre plusieurs hypothèses concernant l’utilisation de ces objets.
Le mystère de l’utilisation du sifflet de la mort aztèque
Le sifflet de la mort est découvert pour la première fois en 1999 lors de fouilles au temple de Quetzalcóatl à Tlatelolco dans la ville de Mexico, connu pour les sacrifices humains que réalisaient les Aztèques. Ce peuple amérindien, présent au Mexique entre le XIIIe et le XVIe siècle, pratiquait des rituels funéraires, principalement d’esclaves et de prisonniers de guerre, dans un temple au sommet d’une pyramide. À Tlatelolco, les scientifiques découvrent le squelette sans tête d’un homme d’une vingtaine d’années, qui tient dans sa main un petit objet en céramique avec une forme de crâne humain. À l’époque, les chercheurs croient à une simple décoration. Ce n’est que 15 ans plus tard que l’un d’entre eux découvre qu’il s’agit en réalité d’un sifflet, après avoir soufflé dedans accidentellement. L’archéologue Roberto Velázquez Cabrera lui donnera le nom de «sifflet de la mort» en raison du bruit strident émis par l’objet.
En raison de leurs découvertes fréquentes dans les mains de victimes de sacrifices, les scientifiques émettent l’hypothèse d’une utilisation à des fins de cérémonies mortuaires. Le son émis par le sifflet de la mort pourrait rappeler les vents de Mictlan, royaume des morts aztèque censé recevoir les individus sacrifiés. Autre élément mis en lumière par les chercheurs : la similitude entre le son du sifflet et les cris d’hommes. Le son produit par ce petit objet ressemblerait étrangement aux cris de peur d’hommes, ce qui aurait d’autant plus inspiré la terreur chez les victimes de sacrifices.
Autre hypothèse répandue par les chercheurs : celle de l’utilisation des sifflets de la mort en temps de guerre. Selon les scientifiques, ils auraient pu être utilisés simultanément par des centaines d’aztèques pour intimider leurs adversaires et semer la terreur dans les rangs adverses, mais aussi pour faire fuir les troupes ennemies. Malgré toutes les recherches réalisées depuis plus de 25 ans, les scientifiques ne peuvent s’arrêter sur une seule hypothèse. Aujourd’hui, le sifflet de la mort est l’un des objets les plus connus au Mexique. Il a d’ailleurs été reproduit en 2023 par les Youtubeurs de la chaîne Action Lab à l’aide d’une imprimante 3D. Dans sa vidéo, James Orgill décrit ce son comme «le plus terrifiant au monde».
![Des analyses ADN semblent réfuter des anciennes hypothèses sur Pompéi. [Mario Laporta/AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_dv2037348-taille1200_67348a2dacd3b_0.jpg?itok=T-7jgr1X)