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Des fuites de matière inconnue constatées sur des fûts de déchets radioactifs au fond de l'Atlantique Nord-est

Les recherches ont été menées dans les eaux internationales, à 1.000 km au sud-ouest de Brest et à 650 km au nord-ouest de La Corogne, en Espagne. [Adobe Stock]

Au terme d’un mois de recherches, des scientifiques ont cartographié des milliers de fûts de déchets radioactifs, sur 163 km2, jetés jusqu’en 1993 par plusieurs états européens. Si certains ont conservé un état variable, sur d’autres, des fuites de matière ont été constatées.

Une découverte inquiétante. Plus de 3.350 fûts de déchets radioactifs, dont certains en mauvais état, dorment au fin fond de l’Atlantique Nord-Est, ont alerté une équipe de scientifique ce vendredi 11 juillet. Après un mois de recherches océanographiques menées à bord du navire L’Atalante, dans les eaux internationales, à 1.000 km au sud-ouest de Brest et à 650 km au nord-ouest de La Corogne, en Espagne, l’expédition française est rentrée à terre. 

Grâce au sonar à très haute résolution du submersible autonome Ulyx de l'Ifremer, au fil de seize plongées, les chercheurs ont pu ainsi cartographier 3.350 fûts sur 163 km2. Une cinquantaine d’entre eux ont conservé un état variable, avec une surface corrodée et colonisée par des anémones, tandis que sur d’autres, des fuites de matière inconnue ont été diagnostiquées. 

Quel effet sur les organismes marins ?

Afin d’évaluer l’effet de ces déchets radioactifs sur les organismes marins, les chercheurs ont installé des pièges à poissons et à crustacés. De même, ils ont réalisé des prélèvements de sédiments et d’eau. Pour l’heure, s'ils ont fait état de valeurs standards, des mesures plus fines doivent être réalisées en laboratoire dans les mois qui viennent.

Aux côtés de plusieurs chercheurs du CNRS et de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), travaillaient également d’autres scientifiques venus de l'Université de Bergen (Norvège), du Thunen Institute (Allemagne) ou de l'Université Mémorial de Terre-Neuve (Canada). Leur expédition, baptisée NDSSUM, visait à cartographier la zone d'immersion principale de milliers de fûts de déchets radioactifs, immergés par des pays européens entre 1946 et 1993.

À l’époque, ces immersions étaient considérées comme une solution normale de gestion des déchets issus de l'industrie nucléaire. Jusqu’en 1993, plus de 200.000 fûts remplis de déchets radioactifs ont ainsi été jetés par plusieurs états européens dans la plaine abyssale de l’océan Atlantique Nord-est, dans les eaux internationales, à plus de 4.000 mètres de profondeur. En juin 1984, le CEA et l’Ifremer avaient déjà effectué une mission similaire sur la même zone : six conteneurs avaient été photographiés et semblaient intacts mais avec des marques de corrosion. 

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