Ras-le-bol du Ballon d'or, par Pierre Ménès

Cette récompense individualiste fait plus de mal que de bien au football. Cette récompense individualiste fait plus de mal que de bien au football.[MIS / Icon Sport]

C’est plus qu’un coup de gueule. C’est un ras-le-bol total. Il ne se passe pas une journée, pas un match, où l’on ne me demande pas mon favori pour le Ballon d’or.

Évidemment, la question se pose avec plus de force cette année, parce que les Bleus sont champions du monde et que, pour certains, Antoine Griezmann, Kylian Mbappé et Raphaël Varane sont des vainqueurs potentiels. Du coup, que voit-on ? Griezmann fait son petit lobbying dans son coin de façon un rien désespérée, ce qui marque une certaine forme d’arrogance qui ne lui va pas au teint.

En plus, cette course au trophée doré nuit à sa relation avec Mbappé. Se voient-ils plus en concurrents qu’en coéquipiers ? C’était flagrant en Allemagne et à peine mieux contre les Pays-Bas. On a déjà eu un avant-goût de ce qui risque de se passer avec la cérémonie «The Best» à Londres, où Luka Modric a été récompensé, le tout en l’absence de Cristiano Ronaldo, qui ne se déplace que lorsqu’il est sûr de repartir avec la queue du Mickey.

Une attitude détestable vis-à-vis d’un ancien coéquipier, mais qui démontre de façon éclatante le caractère hautement individualiste de ce trophée dans un sport, faut-il le rappeler, hautement collectif. Du coup, j’ai décidé, comme depuis de longues années, de me désintéresser de cette remise, qui fait plus de mal que de bien au football, et qui n’a comme intérêt que de flatter l’ego déjà souvent démesuré de la plupart des stars du jeu. 

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