Charlotte Bilbault : «On a à cœur de faire une belle Coupe du monde»

Charlotte Bilbault rejoindra les Girondins de Bordeaux la saison prochaine. [©Eric Feferberg / AFP]

Sélectionnée pour la Coupe du monde féminine 2019 (7 juin – 7 juillet), la milieu de terrain Charlotte Bilbaut s’est confiée au micro de Cnews sur ses débuts dans l'univers du ballon rond, ses obstacles, ses projets, mais aussi son état d'esprit à quelques jours du coup d'envoi de la compétition en France.

Après avoir évolué à Soyaux, Yzeure, Montpellier et le Paris FC, la Barangeonnaise de 28 ans rejoindra les Girondins de Bordeaux la saison prochaine. Reconnue pour son sens du sacrifice, son jeu agressif, et son pressing de tous les instants, la footballeuse tricolore comptabilise plus de 200 matches disputés en D1 et 14 sélections.

Auteure de son premier but en Bleue le 3 mars dernier face à l’Uruguay – une magnifique frappe du pied droit, à 25 mètres du but adverse, qui est allée se loger en pleine lucarne – Charlotte Bilbault a prouvé qu’elle dispose également d’une bonne puissance de frappe.

Pour cette échéance à la maison, dont le coup d’envoi sera au Parc des Princes le 7 juin prochain, Charlotte Bilbault, réserviste lors de la Coupe du Monde 2015, s’impose désormais comme une joueuse indispensable pour muscler l’entrejeu.

Peux-tu nous parler de tes débuts dans le football ?

J’ai commencé à jouer au football dès l’âge de 5 ans au CSV Vignoux, encouragée par mon papa et à mon frère. Quand j’étais à l’école, j’avais l'habitude de jouer dans la cour de récréation avec les garçons. Puis j’ai commencé plusieurs disciplines sportives en même temps, mais à un moment donné, il a fallu que je fasse un choix.

Et plus les années passaient, plus ma passion était grandissante donc j’ai choisi de me consacrer exclusivement à la pratique du football. Avec le temps, j’ai pu intégrer les sélections nationales, jusqu’à intégrer l’équipe de France A.

Quel est le maillot que tu voulais absolument quand tu étais petite ?

Je voulais plus que tout porter celui de l’équipe de France. Quand on intègre les sélections jeunes, on aspire à aller au plus haut niveau. C’est le maillot dont j’ai rêvé.

Quels ont été tes premiers obstacles dans le football féminin ?

Quand j'étais petite, les garçons avec qui je jouais n’appréciaient pas l’idée qu’une fille puisse taper dans le ballon. Ça a été un obstacle pour débuter. Lorsque j’arrivais sur le terrain, je les entendais dire : «Oh il y a une petite fille qui joue. On va la battre, on va la pousser des épaules.» Il y avait beaucoup de préjugés de ce type.

Mais je pouvais compter sur mes coéquipiers pour protéger. J’étais la seule fille, et ils savaient que je jouais beaucoup au football, que c’était une passion. Mais cela ne nous a pas empêché de faire de beaux petits matches, durant lesquels les garçons ont vu que je jouais bien. Et avec le temps, j’ai fini pas être intégrée.

Pourquoi avoir choisis de rejoindre les girondins de bordeaux ?

J’avais envie d’un nouveau projet, d’un nouveau discours et de changer d’environnement. Et le projet Girondin m’a beaucoup plu. Les installations sont très intéressantes et cohérentes pour bien travailler et faire une bonne saison.

Quelles sont tes ambitions avec ce club pour la saison prochaine ?

Chaque chose en son temps, je n’y pense pas encore. Pour le moment je suis focus sur la Coupe du monde. Les Girondins j’y penserai plus tard. Ma priorité était de signer avant le début de la Coupe du monde. Maintenant, j’ai la tête dans le Mondial.

Ça n’a pas été difficile de quitter le Paris FC ?

Non, j’avais vraiment envie d’avoir un nouveau projet. J’ai passé quatre saisons au Paris FC et avec eux j’ai su m’enrichir, progresser et grandir. Aujourd’hui, j’avais envie de voir autre chose et ce que m’ont proposé les Girondins m’a séduit.

Que ferais tu si tu n’étais pas footballeuse ?

C’est une très bonne question. Et je ne sais pas du tout. Le football c’est ma vie. Il m’est impossible de m’imaginer faire autre chose.

Est-ce que tu as des projets pour ta reconversion ?

Oui bien sûr. J’ai un DEJEPS actuellement (Diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) et en parallèle, je vais faire un BE (Brevet entraineur) dans le foot. A terme, je souhaiterais travailler sur des projets scolaires, avec des centres de loisir ou un centre de formation par exemple. Et j’ai déjà une expérience dans ce domaine-là, donc je ne suis pas trop inquiète pour la suite.

Quelques mots sur ton premier but en sélection contre l’Uruguay le 4 mars dernier ?

Mon premier but en bleu était un moment magique. J’étais devant toute ma famille, c’était une fierté de les rendre heureux et de leur rendre la médaille. Ils m’ont accompagné tout au long de ma carrière donc ce but a été comme une récompense. On a tous été fiers de ce but.

Aller au combat et de battre en duel, telle est ta devise ?

Oui. Je suis une joueuse box to box. Chaque joueuse à son profil et moi c’est l’une de mes caractéristiques. J’aime bien aller au charbon, au duel, et mettre de l’agressivité dans le jeu quand il le faut. Je pense que c’est l’une de mes qualités sur le terrain.

Quelle équipe redoutes-tu le plus pour la Coupe du monde ?

On n’a pas forcément d’équipes à redouter. Notre objectif actuellement c’est le match de vendredi contre la Chine, puis le premier match de la Coupe du monde. Il faut y aller match par match. On ne va pas commencer à se projeter. C’est étape par étape que l’on ira le plus loin possible.

Et quelle est la recette pour la gagner ?

L’état d’esprit. On travaille très bien ensemble depuis plusieurs semaines. Le temps passe vite et on sait que l’on va passer par des moments difficiles mais le groupe est uni, et ça fait plaisir. La compétition va aussi se jouer sur des détails, et on commence déjà à les régler lors des entrainements. On a à cœur de faire une belle Coupe du monde.

Quelle est la première personne à qui tu dédies la Coupe du monde si tu la ramènes à la maison ?

A mes parents et mon frère. Ils m’ont mis dans le football et m’ont toujours soutenu que ce soit dans les bons ou dans les mauvais moments. C’est la plus belle chose qui pourrait arriver.

L’engouement populaire autour de l’équipe de France représente-il une pression ?

Non, il faut le prendre comme une pression positive. On est à la maison donc tout un peuple sera derrière nous. Dans les moments difficiles on aura besoin de ce public, et on sait qu’il sera là. On ressent déjà l’engouement pour la Coupe du monde. Il y a une ferveur populaire exceptionnelle. Et je pense qu’elle va beaucoup nous aider durant les matches compliqués.

Quel est le rythme d’entrainement pour préparer une Coupe du monde ?

On était sur la fin de saison donc on a eu quelques jours de récupération à Perros-Guirec avant d’entamer une grosse semaine de préparation. C’était très intense et on a beaucoup souffert, mais on s’est serré les coudes, et ensemble, on y est arrivé.

Il faut passer par là pour être prêtes le 7 juin. On fait notre petit bonhomme de chemin, on améliore les petits soucis qu’on a pu avoir dans certains matches. Mais on se sent de mieux en mieux grâce à la préparation.

Comment qualifierais-tu ta relation avec Corine Diacre ?

C’est une personne exigeante et une compétitrice, mais on est là pour travailler. On prépare une Coupe du monde, donc c’est normal que la rigueur soit au rendez-vous.

Aurais-tu un conseil à donner aux footballeuses en herbes ?

Le premier conseil que je pourrais leur donner c’est avant tout de croire en leur rêve. Et surtout qu’elles ne se privent pas car tout le monde a le droit de pratiquer une discipline. Le plus important, c’est qu’elles profitent et qu’elles prennent du plaisir.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Ma première sélection en équipe de France A et mon premier but contre l’Uruguay sous le maillot tricolore. C’est toujours un moment unique.

Le maillot que tu voulais absolument quand tu étais petite ?

Je voulais plus que tout porter celui de l’équipe de France. Quand on intègre les sélections jeunes, on aspire à aller au plus haut niveau. C’est le maillot dont j’ai rêvé.

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