NBA : Quels sont les réels prétendants au titre cette saison ?

Kawhi Leonard et les Los Angeles Clippers sont clairement dans la course au titre cette saison. [Harry How / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

La saison NBA 2019-2020 commence dans quelques jours seulement, le 23 octobre. Et comme chaque année, seuls une poignée de clubs peuvent réellement prétendre avoir une chance – réelle – de soulever le trophée Larry O’Brien en juin prochain.

Désolé si votre équipe préférée ne figure pas dans cette liste, sachez que cela n’a rien de personnel. Mais, bonne nouvelle, la vague de transferts qui a emporté plusieurs joueurs majeurs vers de nouveaux rivages durant l’intersaison – aucun mouvement n'étant plus important le départ de Kevin Durant à Brooklyn – a eu pour effet d’opérer un rééquilibrage des forces au sein de la ligue. En résumé, contrairement aux saisons précédentes avec les Warriors, il n’existe pas de favori se démarquant clairement du peloton de tête (ça fait plaisir !).

Mais cela ne veut pas dire que toutes les franchises disposent d’une chance égale de remporter le titre cette saison. Loin de là. Certains clubs possèdent clairement les atouts nécessaires pour espérer aller au bout. D’autres attendent de voir si l’expérience accumulée et/ou les recrutements estivaux permettront de franchir un nouveau palier, et ainsi entrer dans la conversation des prétendants incontournables.

Les «Incontournables»

Los Angeles Clippers

Forcément, quand une équipe recrute 2 des 5 meilleurs joueurs attaque/défense de la NBA (aka Kawhi Leonard et Paul George), tout en sauvant les principaux talents d’un effectif qui a réussi à pousser une équipe des Warriors au complet dans ses retranchements au premier tour des playoffs la saison passée, il est difficile de ne pas s’enthousiasmer.

L’association entre Paul George - qui était clairement un des candidats pour le titre de MVP l’an dernier avec ses meilleures stats en carrière – Kawhi Leonard, le MVP des Finales NBA 2019, sera au centre de toutes les attentions. Mais il faut aussi regarder autour d’eux. On y trouve notamment le 6e homme de l’année en titre, Lou Williams, qui forme une association redoutable dans le «pick&roll» avec Montrezl Harrell. Patrick Beverley et sa défense de pitbull sera également un facteur déterminant. Une légère faiblesse sur le poste de pivot est à redouter, mais cela n’a rien de dramatique non plus (et pourrait très bien être réglé avec un transfert en cours de saison).

Le coach Doc Rivers fait des merveilles aux Clippers depuis deux ans avec un effectif plutôt limité. Il se retrouve désormais au volant d’une Formule 1, avec deux stars confirmées et dans leur prime, une défense de fer (sur le papier du moins), et des joueurs complémentaires sur le banc. S’ils sont épargnés par les blessures, et que le collectif parvient à se roder d’ici les playoffs, peu d’adversaires seront en mesure de freiner leur course vers le titre.

Los Angeles Lakers

LeBron James, l’un des meilleurs joueurs ayant foulé un parquet NBA de l’histoire, va envoyer des passes lobées à Anthony Davis sous le maillot des Los Angeles Lakers. Rien que de taper cette phrase a de quoi vous chatouiller la colonne vertébrale. Dans un monde parfait – pour les fans du maillot pourpre et or – «King James» entame un revenge tour en mode «John Wick» afin de rappeler à tout le monde qui est le patron de la ligue. Et Anthony Davis retrouve son niveau de potentiel MVP/Meilleur défenseur de l’année et s’amuse à écœurer ses adversaires tel un chat torturant une souris sans défense. Si les shooteurs autour d’eux règlent la mire – les Danny Green, Avery Bradley, Troy Daniels, et autre Quinn Cook – il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance à ceux qui se trouveront sur la route des Lakers.

Mais cette belle histoire pourrait rapidement tourner au vinaigre – très rapidement même – si certaines choses ne se déroulent pas comme prévu. Et cela a déjà commencé.

La blessure au pied de Kyle Kuzma a freiné sa préparation, ce qui pourrait impacter le début de la saison. Les rôles de chacun, au-delà du duo Davis/James, restent à définir sur le terrain. Anthony Davis s’est blessé légèrement au pouce pendant la présaison, et tout le monde sait que le garçon possède une santé un peu fragile depuis le début de sa carrière. LeBron James va devoir, à 34 ans, redevenir le cyborg qu’il était. Et Jason Kidd est l’actuel assistant coach de Frank Vogel, dont la tête pourrait rapidement tomber si jamais Los Angeles commencent l’année avec des résultats qui ne collent pas aux énormes attentes autour de l’équipe.

Les Los Angeles Lakers seront telle une grosse production hollywoodienne cette année –quoiqu’il arrive – avec du drame, des larmes, des coups bas, des petites phrases, mais peut-être aussi, un retour au sommet de la NBA derrière ses deux superstars.

Philadelphia 76ers

La réalité est que les Sixers n’étaient qu’à quatre rebonds sur le cercle - suite à un tir historique de Kawhi Leonard pris dans les dernières secondes d’un Game 7 joué à Toronto - d’une participation aux finales de la conférence Est, et potentiellement d’une finale NBA avec un titre à la clef. Ok, ça fait un peu beaucoup de «si». Mais cette défaite, vécue comme un crève-cœur par Joel Embiid, est peut-être exactement ce qu’il fallait à cette équipe pour faire naître ce désir profond de tout écraser sur son passage pour aller chercher l’ultime trophée en juin prochain. Le départ de Jimmy Butler – joueur qui collait parfaitement à la mentalité du club – pour le Heat de Miami cet été aurait pu sonner le glas des ambitions de la franchise tant il s’était montré indispensable sur le terrain face aux Raptors. Mais Philadelphie, avec l’aide de son général manager Elton Brand, a réussi le tour de force de transformer ce départ inévitable en un potentiel coup de maître.

Plutôt que de payer un salaire mirobolant à Jimmy Butler, et de se retrouver bloqués sur le marché des agents libres, les Sixers se sont arrangés pour récupérer Josh Richardson dans l’opération avec Miami, un joueur plus jeune (26 ans), excellent en défense, et pas maladroit aux tirs. Bien sûr, Jimmy Butler est autrement plus important en playoffs, et a déjà démontré à maintes reprises sa capacité à répondre présent dans les moments chauds. Mais Philadelphie est prêt à voir ce que cela donnera sans Butler. Joel Embiid aura définitivement plus de responsabilités, et ce sera à lui de porter l’équipe dans les situations difficiles. Ben Simmons a travaillé sur son tir tout l’été, et si personne ne s’attend à le voir devenir Stephen Curry, un shoot qui obligerait les défenses à sortir sur lui serait déjà une énorme victoire.

Et puis il y a Al Horford. Celui qui était la kryptonite de Joel Embiid quand il évoluait aux Celtics est désormais son coéquipier. Et le candidat parfait pour suppléer le pivot camerounais quand celui-ci aura besoin de souffler durant la saison (un management des minutes proche de celui de Kawhi Leonard aux Raptors la saison passée) sans que l’équipe ne souffre trop de son absence. Tobias Harris reste un excellent joueur. Leur rookie Matisse Thybulle a démontré de sérieuses capacités défensives en Summer League et durant la présaison. Le banc n’est pas vilain, avec notamment Zhaire Smith, Mike Scott, James Ennis III et Kyle O’Quinn.

Les Sixers sont massifs, capables de jouer en contre-attaque et sur demi-terrain, et devraient posséder une des meilleures défenses de la ligue cette saison. Le trône de la conférence Est est une nouvelle fois vacant, et Philadelphie a les yeux rivés sur la couronne.

Milwaukee Bucks

Giannis Antetokounmpo n’est âgé que de 24 ans. Et il est le MVP en titre. Il a également terminé en 2e position des votes pour le trophée de meilleur défenseur de l’année. Ses performances sur le terrain la saison passée n’avaient plus été vues du côté de Milwaukee depuis qu’un certain Kareem Abdul-Jabbar portait le maillot des Daims dans les années 1970. Mais le «Greek Freak» n’a pas réussi à se défaire des griffes de Kawhi Leonard en finale de conférence Est, et a été contraint de reconnaître sa défaite après une saison historique. Selon John Schumann du site nba.com, Milwaukee peut compter sur la continuité au sein de son effectif, avec 77% des joueurs de retour. Un bon signe, non ?

Oui, et non. Les Bucks vont devoir espérer que le plan se déroule sans accroc et que ce qui a fonctionné l’an dernier se poursuit – voir s’amplifie – en 2020. Kris Middleton va devoir s’imposer comme le n°2 incontesté au sein de l’effectif. Eric Bledsoe va devoir jouer à la hauteur de son nouveau contrat (et arrêter de disparaître en playoffs). Brook Lopez va devoir continuer de bombarder derrière la ligne à trois points.

Passons maintenant à la question qui dérange vraiment les fans des Bucks : Les recrutements de Wesley Matthews et Kyle Korver seront-ils suffisants pour pallier le départ de Malcolm Brogdon à Indiana ? Sans vouloir être pessimiste, cela serait surprenant tant l’arrière était précieux dans à peu près tous les compartiments du jeu, et à un niveau d’efficacité difficilement remplaçable. Avec Giannis, dont la marge de progression reste colossale (ce qui est véritablement effrayant quand on y pense), Milwaukee reste un problème quasi-insoluble pour 95% de la ligue. Mais les failles potentielles dans leur armure pourraient se révéler fatales une fois en playoffs.

Les «Oui mais»

Houston Rockets

Alors là, c’est le brouillard ! Deux anciens MVP se trouvent dans cette équipe. Suite au départ de Paul George aux Clippers, Russell Westbrook a obtenu un transfert à Houston où il rejoint son ancien coéquipier, et un de ses meilleurs amis dans la ligue, James Harden.  Si certains avaient la mémoire courte, rappelons que les Rockets sont une des rares équipes à avoir fait réellement transpirer les Warriors quand ces derniers semblaient invincibles. La blessure de Chris Paul dans le Game 5 des finales de conférence Ouest en 2018 s’était révélée fatale. La saison passée, Houston avait fini par plier malgré l’absence de Kevin Durant pour la fin de leur série face à Golden State. Les tensions entre Chris Paul et James Harden ont eu raison de leur association sur le terrain.

Arrive Russell Westbrook et sa folle série de trois saisons consécutives à tourner avec un triple-double en moyenne (sérieux, c’est complètement dingue ce truc !). Selon Daryl Morey, l’arrivée de l’ancienne gloire du Thunder augmente de 30% les chances du club de remporter le titre. Super ! Mais nous, on va quand même attendre que la saison commence avant de s’emballer.

Chris Paul n’est pas le joueur le plus facile à apprécier, mais sa faculté à planter ses tirs, casser les défenses avec ses dribbles, et faire jouer les autres – notamment en l’absence de James Harden – ne devrait pas être sous-estimée. Russell Westbrook est un monstre en contre-attaque, mais il va devoir ajuster son jeu à celui de Houston. Et de James Harden. Le problème le plus évident le concernant sera sa capacité à rentrer ses tirs, que les défenses seront plus que ravis de le voir tenter plutôt que de le laisser jouer en pénétration. Durant la présaison, le meneur affiche des stats… catastrophiques : 40% aux tirs, dont 23,8% à trois points. Son efficacité en attaque va devoir sérieusement s’améliorer si les Rockets veulent avoir une chance de jouer le titre.

La récente blessure au pied de Gerald Green, qui pourrait être absent pour le reste de la saison, n’est pas une bonne nouvelle. Idem pour les tensions évidentes entre Mike d’Antoni et les dirigeants du club depuis plusieurs mois (la quasi-totalité de son staff a été évincé). Les Rockets sont un mystère à l'heure actuelle. Ils seront probablement redoutables en saison régulière, et le duo Harden/Westbrook, s'il prend forme, paraît explosif. Mais là n'est pas la question.

La présence de celui qui fut MVP en 2017 dans l'effectif doit être synonyme de succès en playoffs. Ou la saison sera rapidement considérée comme un échec. Aussi injuste que cela puisse paraître pour le meneur, Russell Westbrook sera dans le viseur des critiques si les Rockets déçoivent. Et cela pourrait même devenir très laid s'ils étaient sortis dès le premier tour. Mais nous n'en sommes pas encore là.  

Denver Nuggets

A l’instar de Milwaukee, Denver peut compter sur la continuité. Elle est l’équipe qui fait revenir le plus de joueurs de la saison passée. Ce qui n’est pas une mauvaise chose pour un club qui possédait la 7e meilleure attaque et la 10e meilleure défense de la ligue l’an dernier, et a poussé une très expérimentée équipe des Blazers à un Game 7 en demi-finale de conférence Ouest. La jeunesse des Nuggets exige toutefois une certaine prudence. Ou pas. Si certains en doutaient encore, Nikola Jokic est, à 24 ans, un des joueurs les plus redoutables de la NBA. Sa production irréelle en playoffs la saison passée (25,1 points, 13 rebonds, 8,4 passes décisives en moyenne) n’a fait que confirmer son statut de sérieux prétendant au titre de MVP. Sa capacité à faire jouer ses coéquipiers le place parmi l’élite des pivots-passeurs de l’histoire de la ligue.

Orbitant autour de lui, Jamal Murray et Gary Harris se transforment en attaquants hors-pairs à ses côtés, bénéficiant de ses éclairs de génie pour percer les défenses adverses. Paul Millsap apporte son expérience des deux côtés du terrain. Will Barton, bien que décevant en playoffs, est toujours en mouvement (il pourrait toutefois perdre sa place de titulaire au profit de Torrey Craig). Et la profondeur du banc, et la multitude de combinaisons que cela offre au coach Mike Malone, permet aux Nuggets de ne pas surinvestir son cinq majeur. Le recrutement de Jerami Grant cet été pourrait se révéler capital dans la capacité de cette équipe à passer au niveau supérieur. Et il ne faut surtout pas oublier les jeunes talents que sont Michael Porter Jr. et Jarred Vanderbilt qui ont déjà montré de belles choses en Summer League et pendant la présaison.

La conférence Ouest est impardonnable, et Denver aura fort à faire pour confirmer son très beau parcours la saison passée. Les Nuggets possède une équipe jeune, talentueuse, et très ambitieuse. Et une superstar en la personne de Nikola Jokic – pas forcément l’idée qu’on s’en fait , je vous l’accorde – autour de laquelle poursuivre sa folle ascension vers le sommet de la NBA. A ne pas exclure également l’idée d’un transfert en cours de saison pour ramener une autre star pour suppléer Jokic, comme Bradley Beal (Washington Wizards), par exemple.

Utah Jazz

Utah possède de nombreux atouts, que nous avions déjà présentés dans cet article.

Golden State Warriors

Nous sommes à un moment de l’année où certaines personnes doutent que les Warriors puissent se qualifier pour les playoffs cette saison. Pourquoi pas. Kevin Durant s’en est allé à Brooklyn. Klay Thompson est blessé, et ne devrait pas faire son retour d’ici le All-Star Break. Andre Iguodala est retenu prisonnier à Memphis. Shaun Livingston est à la retraite. Et la conférence Ouest est plus redoutable que jamais. Cela étant dit, il serait mal avisé d’enterrer trop vite cette franchise qui compte dans ses rangs le double MVP, Stephen Curry, joueur qui a révolutionné la ligue avec son adresse extérieure, et qui, il y a encore trois ans, était l’auteur d’une saison historique. Ah oui, il a aussi claqué 40 points en 25 minutes en présaison face à Minnesota. Histoire de nous donner un avant-goût de ce qui nous attend ?

Son association avec Draymond Green représente l’essence même du jeu produit par cette équipe. L’ailier sera plus motivé que jamais face à l’opportunité de faire mentir ceux qui osent douter des Warriors. Steve Kerr, le coach, n’a plus a démontré ses capacités d’ajustement, ni sa créativité quand il s’agit de trouver des solutions pour permettre à son équipe d’être compétitive. L’inconnue aux Warriors est sans aucun doute D’Angelo Russell. Auteur d’une excellente saison à Brooklyn, All-Star pour la première fois de sa carrière en février dernier, il va devoir trouver sa place dans un système où il n’aura pas la balle dans les mains à chaque instant comme aux Nets. Mais son talent sur le terrain est évident, et s’il parvient à s’améliorer en défense, Russell pourrait rapidement se montrer à son aise aux côtés de Curry et Green.

Les Warriors auront probablement des difficultés à atteindre les 50 victoires cette saison, et les Raptors ont démontré lors des NBA Finals qu’il était possible de freiner Stephen Curry avec une défense agressive, physique, quasiment exclusivement destinée à le priver du ballon et/ou du moindre espace à chaque instant. Mais encore faut-il avoir le personnel adéquat pour mettre en place une telle défense. Ce qui n’est pas le cas de nombreuses franchises NBA.

Golden State va lutter pour rester dans la course pendant les six premiers mois de la saison. Le retour de Klay Thompson demandera à nouveau une période d’adaptation collective. Mais quelle équipe, en avril, sera contente de retrouver les Warriors au premier tour des playoffs avec Curry, Thompson et Green dans les starting-blocks ? Pas beaucoup, à mon avis.

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