Mehdi Ben Lakhdhar, qui a vu son combat de samedi annulé car son adversaire est forfait, est l’un des plus prometteurs combattants MMA français. A 30 ans, «The Last Uchiwa» rêve d’un destin à la Conor McGregor et espère combattre bientôt en France.
Il devait signer son retour dans les octogones du Cage Warriors, l’une des plus prestigieuses ligues de la planète (avec l’UFC et le Bellator), ce week-end mais Paul Redmond a déclaré forfait en début de semaine. Par conséquent, Mehdi Ben Lakhdhar, pensionnaire du MMA Factory comme Ciryl Gane, va devoir patienter avant son prochain combat.
En attendant, celui qui est fan de la culture japonaise et se montre très actif s’est confié il y a quelques jours sur sa discipline et ses objectifs à venir.
La déception doit être au rendez-vous après l’annulation de votre combat à quelques jours de l’affrontement contre Paul Redmond ?
Évidemment, je suis déçu terriblement déçu. Je me suis préparé depuis un moment et j’avais hâte de retrouver la sensation des combats. D’autant qu’en avril, c’est moi qui me suis retrouvé forfait. Mais c’est la dure loi du sport et je souhaite un bon rétablissement à mon adversaire.
Les combattants MMA ont plusieurs styles. Quels sont les vôtres pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Je suis un stricker, je suis issue de la boxe anglaise. Pour ce qui est du sol et de la lutte, je n’ai pas encore été amené à beaucoup lutter, je laisse la surprise aux gens de découvrir ça. Je n’en dirai pas plus. Je ne fais pas que de la boxe, ni du pied-poing.
Quels sont vos objectifs à venir ?
Je devais combattre pour le titre en avril mais je me suis blessé à deux semaines de mon combat. J’espère donc avoir une nouvelle chance prochainement et ramener le titre la maison.
J'ai été fan très longtemps de Conor McGregor
Le forfait de votre adversaire peut ralentir cette quête de titre ?
Pour avoir une chance de titre, il y a plusieurs critères qui entrent en compte : la performance, l’athlète et la reconnaissance du grand public, la popularité.
Dans le MMA, la popularité est très importante pour progresser…
Le «story-telling» entre souvent en compte notamment à l’UFC. Ce sont des shows à l’américaine. Les promoteurs veulent des combattants capables d’amener des fans. C’est très important. Ce côté très populaire sur les réseaux sociaux aide et facilite dans l’évolution d’une carrière dans le MMA.
Un peu comme Conor McGregor…
Conor McGregor, j’ai été fan très longtemps. Lorsque je suis arrivé dans cette discipline, c’est la première chose qui m’a animé. On me parlait de l’UFC mais je ne pensais qu’au Cage Warriors (là où l’Irlandais a commencé) pour faire comme lui. C’était mon rêve.
Et ensuite, direction l’UFC ?
C’est l’objectif. Une fois que tu as atteint un objectif, tu veux le suivant. Au fur et à mesure que le temps avance, tu veux toujours un peu plus haut. On est gourmand. Mais la ceinture de l’UFC, on n’y est vraiment pas. Ça reste un rêve. On va d’abord se concentrer sur le Cage Warriors. Ce serait déjà quelque chose de grand.
Le MMA est légalisé en France depuis 2020. Ça a été une délivrance ?
C’était vraiment dur de ne pas être reconnu en tant qu’athlètes en France. Maintenant, on a une place dans le milieu sportif français comme un lutteur ou un judoka. Maintenant, le rêve c’est d’être à Bercy et de combattre devant notre public. Ce n’est pas évident d’aller en Angleterre, et de sentir que l’on n’est pas chez nous. A un moment, on a l’envie de montrer qu’à Paris, on a nos fans. J’ai hâte que les grosses organisations arrivent en France. J’ai hâte aussi de voir des grosses organisations françaises.
D’autant qu’en France, on possède un énorme vivier de combattants talentueux…
On a des tonnes de combattants ! Mais surtout des tonnes de bons combattants à l’étranger. Il y en a plusieurs qui m’impressionnent. Ils combattent à l’étranger depuis un moment, dans des Ligues où le niveau est très élevé, et sont super forts. Taylor Lapilus, c’est impressionnant ce qu’il a fait, Salahdine Parnasse, qui affronte des Russes, des Polonais… On a également Ciryl Gane surtout. Il est arrivé il y a quelques années et il casse tout. Et encore, j’en oublie plusieurs. Chez les femmes, c’est pareil, nous en avons de très fortes. Nous avons Manon Fiorot aussi à l’UFC entre autres, Rizlen Zouak aussi. C’est impressionnant. On est une redoutable nation.
L’UFC aux Etats-Unis, c’est un rêve. Et combattre au Japon, toi «The Last Uchiwa», ça te plairait ?
Combattre au Japon, ce ne serait pas un rêve mais ce serait sublime. Je suis fan d’animes, de mangas, de culture japonaise, ce serait clairement un truc de fou.