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Rudy Gobert : «Je veux continuer à gagner des titres»

Rudy Gobert lors de la défaite en finale des JO face aux Etats-Unis, lors de la finale des JO, le 7 août dernier au Japon. [Thomas COEX / AFP]

Dans la foulée d’un été où il a remporté une superbe médaille d’argent avec l'équipe de France de basket et à un mois de la reprise de la NBA, Rudy Gobert était à Paris le week-end dernier, à la rencontre de ses jeunes fans. L’occasion pour le pivot du Jazz d’Utah de se confier sur les Bleus et les prochaines échéances, mais également sur ses ambitions personnelles.

Dans le gymnase Lippmann, situé dans le 17e arrondissement de la capitale, c’est lui le héros. En partenariat avec YOP, l’intérieur des vice-champions olympiques est venu à la rencontre de ses jeunes fans, mais également remettre un beau chèque de 54.500 au nom de son association, la «Rudy’s Kids Foundation», au Secours Populaire français pour soutenir le mouvement Copains du monde.

Un bain de foule de plus pour Rudy Gobert qui, depuis un peu plus d’un mois, a un emploi du temps de ministre : remise de l’Ordre national du Mérite à l’Elysée, inauguration d’un playground street art à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), annonce de la création d’une académie sportive et culturelle avec l’association Etendart, et enfin les honneurs de sa ville natale Saint-Quentin (Aisne).

Dans ce planning surchargé, et à l'approche de la reprise de la saison en NBA, le 19 octobre prochain, Rudy Gobert a fait le point avec CNEWS sur ce bel été et s’est projeté sur ses prochains défis.

Vous avez beaucoup de partenariats, notamment avec les enfants, comme ici avec YOP ou l’association Etendart. Quelles valeurs, primordiales pour vous, souhaitez-vous leur transmettre ?

Le but est d’essayer de les motiver, les inspirer. Parfois, certains enfants ont tendance à se décourager et, pour moi, avoir l’opportunité d’aller à leur rencontre est une occasion de les motiver, de leur insuffler des valeurs que j’ai toujours essayé d’avoir comme la détermination, croire en ses rêves. Pour moi, partager ces moments avec eux est toujours un plaisir. Et j’essaie de faire en sorte que ça soit une expérience positive pour les enfants.

Cet été, vous avez remporté la médaille d’argent aux JO et on a senti des Bleus heureux, contrairement à celle de bronze, remportée lors des mondiaux en 2019. Comment expliquer cette différence ?

Les Jeux olympiques restent la meilleure compétition internationale en basket. La Coupe du monde de 2019 permettait justement de se qualifier pour Tokyo. Et ça, ça montre l’importance des JO. Beaucoup de très grandes équipes n’ont pas la chance d’y prendre part.

Pour moi, c’est une compétition qui possède un niveau au-dessus des Mondiaux. Aussi, on a montré un bel état d’esprit, de la détermination, le sens du sacrifice. Des valeurs qu’on a essayé de montrer également sur le terrain et de transmettre à tous les gens qui nous suivent. J’étais vraiment fier de ce groupe, que ce soit dans la victoire comme dans la défaite.

Alors que dans le passé, il semblait impossible même d’accrocher les Etats-Unis, vous les avez battus pour la deuxième fois de suite (après un succès en quart de finale lors des Mondiaux). Est-ce la fin du complexe français face à Team USA ?

Que ce soit avec l’équipe de France, ou partout où j’ai joué même, et aussi hors du basket, j’ai toujours aimé les challenges et je n’ai jamais entrepris quelque chose sans avoir le but de gagner. Et cela, même si ces challenges sont très élevés. Et là, je suis vraiment content car dans l’équipe, que ce soit les nouveaux ou les anciens, il y a vraiment eu cette mentalité de conquérant, de n’avoir peur de personne. Alors oui, au final, tu ne vas pas toujours gagner, il y aura toujours des déceptions, mais je suis content qu’on ait pu transmettre également au public cet espoir et cette détermination.

On s’est accroché à nos valeurs et au final, on a partagé avec ceux qui nous suivent cette envie d’y croire et de rêver aussi. Même si on perd de 5 points en finale, cette médaille d’argent -même si on voulait celle en or qui est la plus belle des récompenses-, elle a aussi fait rêver les gens et ils ont cru en nous.

On a encore une marge de progression

Concernant l’équipe de France, des échéances importantes arrivent avec l’Euro 2022 et le Mondial 2023. Serez-vous de la partie ?

C’est clair qu’avoir un groupe comme on a eu et vivre des moments comme cet été, ça donne envie de repartir, de continuer. Et en plus, on sait qu’on a encore une énorme marge de progression donc c’est super encourageant pour la suite et les compétitions qui arrivent. J’espère personnellement que je pourrai y être et que tout le monde pourra répondre présent.

Avec des saisons aussi chargées en NBA, une pause estivale, donc un break avec les Bleus, n’est pas envisageable ?

C’est dur pour moi de m’avancer mais mon cœur y est et le souhaite. Bien sûr que je pourrais me reposer et être en vacances, mais quand on vient en équipe de France, on ne vient pas pour l’argent, mais pour le plaisir et la fierté de représenter notre pays. Egalement pour gagner, partager des choses et marquer l’histoire. C’est toujours une fierté et j’espère pouvoir en être.

Parlons de votre franchise, le Jazz d’Utah. L’an dernier, vous nous annonciez viser le titre. Les paroles ont rejoint les actes avec une première place acquise à l’issue de la saison régulière. Hélas, vous êtes sortis en demi-finale de conférence. Que manque-t-il au Jazz ?

Il faut qu’on apprenne de nos expériences et de nos déceptions. Il nous a aussi manqué notre meneur (Mike Conley) face aux Clippers. C’est quand même très important. On veut utiliser cette expérience pour revenir plus fort collectivement et aussi individuellement.

Une fierté de voir qu'on est parti de rien

Vous avez remporté l’an dernier un 3e titre de défenseur de l’année. En en remportant encore un, vous serez au même niveau que des légendes de la NBA comme Dikembe Mutombo ou Ben Wallace. Est-ce un objectif ?

Bien sûr que je veux continuer à gagner des titres. L’objectif principal cette année est le titre de champion de la NBA, après, je vais continuer à essayer d’être le meilleur joueur possible et j’espère remporter encore plus de titres de meilleur défenseur, même si ce n’est pas forcément ma priorité.

La priorité, c’est la performance de l’équipe. Quand elle est bonne, les gens se posent alors la question du pourquoi. Aujourd’hui il y a des choses qui permettent de voir les joueurs qui impactent vraiment leur équipe de manière positive. Il faut continuer à gagner et remporter le titre.

En signant en décembre dernier votre contrat de 205 millions de dollars sur cinq ans, vous devenez cette saison le sportif français le mieux payé de tous les temps. Que cela signifie pour vous ?

Au-delà de l’aspect financier, car je gagne de l’argent et c’est bien, je regarde d’où je suis parti. Et c’est une fierté de dire qu’on est parti de rien et de pouvoir un jour signer de gros contrats et surtout représenter mon pays, ma famille et de prendre du plaisir. Certains font cela sans avoir le même contrat mais ça a la même valeur. C’est juste que j’ai la chance d’être dans un sport très médiatisé où il y a de gros contrats à la clé. Mais au final, je fais ce que j’aime et c’est tout ce qui compte.

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