Le procès de Benjamin Mendy a repris, ce lundi, au tribunal de Chester (Angleterre). Et le procureur, qui a présenté le défenseur français comme un «prédateur», a révélé certains détails des accusations à l’encontre du champion du monde 2018.
Benjamin Mendy a été soumis à rude épreuve. Commencé le 10 août dernier, le procès du footballeur français, qui comparaît au tribunal de Chester (Angleterre) pour huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, contre sept jeunes femmes, a repris ce lundi avec certains détails des accusations à l’encontre du champion du monde 2018, et de son ami Louis Saha Matturie (accusé de huit viols et quatre agressions sexuelles), révélés par le procureur.
Pendant plus de trois heures, le magistrat, habitué de ce type d’affaires, a relaté face au jury d’assises les faits qui se seraient déroulés au domicile de l’international français, qui a plaidé non-coupable des charges à son encontre, entre octobre 2018 et août 2021. Il n’a pas hésité à livrer les circonstances de plusieurs viols qui auraient été commis par le défenseur tricolore.
Comme le 11 octobre 2020. Ce soir-là, l’une des plaignantes aurait passé la soirée dans un bar avant de la poursuivre chez le joueur en compagnie d’une amie. Invitée par Benjamin Mendy à lui remettre son téléphone portable pour éviter des publications sur les réseaux sociaux, la plaignante est parvenue à le cacher avant d’envoyer un message à un ami.
Une chambre sécurisée avec un code à l'entrée
L’ancien monégasque s’en est aperçu et s'est alors saisi de l’appareil. Il s’est ensuite rendu dans une chambre sécurisée nécessitant un code à l’entrée. La jeune femme s’est retrouvée dans cette pièce dans le but de récupérer son téléphone et pouvoir quitter les lieux. «Elle a fait comprendre qu’elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles avec Mendy», a précisé le procureur, selon des propos rapportés par l'Equipe, avant de décrire la scène de violences sexuelles présumées qui a suivi.
«Benjamin Mendy lui a dit qu’il voulait juste la regarder et qu’il lui rendrait le téléphone si elle se déshabillait. Il a également signalé que la porte de la chambre était verrouillée», a-t-il ajouté. Et la plaignante se serait exécuté. «Elle s’est déshabillée, mais elle a gardé son string. Benjamin Mendy a alors jeté son téléphone sur le lit. Alors qu’elle se penchait pour ramasser le téléphone, il s’est positionné derrière elle, en s’avançant. Il l’a ensuite violée (…), par-derrière, en déplaçant son sous-vêtement sur le côté pour le faire».
Et il n’en serait pas resté là malgré les suppliques de la plaignante d’arrêter. «Elle lui a dit à plusieurs reprises : ‘Non, c’est trop. Je ne veux pas’ et elle lui a fait comprendre qu’elle voulait partir. C’est alors que Benjamin Mendy l’a violée par voie orale», a détaillé le magistrat, qui a rapporté un témoignage tout aussi glaçant d’une autre plaignante.
«Benjamin Mendy a baissé son short»
Cette dernière se serait retrouvée dans la salle de cinéma située à l’intérieur du domicile du joueur de Manchester City, suspendu par son club depuis près d’un an. Alors qu’ils avaient commencé à s’embrasser, Benjamin Mendy aurait souhaité passer à l’acte. Mais la demoiselle s’y serait opposée. «Benjamin Mendy a baissé son short, mais elle a clairement indiqué qu’elle ne ferait rien de tel», a indiqué le procureur car «elle ne prenait pas la pilule» et que «ça lui ferait mal, car elle était stressée».
Mais le footballeur se serait montré insistant et serait parvenu à ses fins, même si la plaignante «continuait à faire comprendre qu’elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles pendant qu’il la violait», a souligné le procureur, précisant que Benjamin Mendy n’avait pas «utilisé de préservatif». Ces éléments devront servir aux jurés pour se prononcer sur le consentement ou pas des victimes présumées.
Ajourné pour la journée de mardi en raison de problèmes techniques, le procès de Benjamin Mendy, sous contrôle judiciaire après avoir obtenu sa libération conditionnelle le 7 janvier dernier, doit durer quinze semaines.
![Mis en cause dans 8 viols, une tentative de viol et une agression sexuelle contre 7 femmes, Benjamin Mendy risque la prison à perpétuité. [Paul ELLIS / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_32gj7ze-taille1200_62fa4e615edf4_0.jpg?itok=lRGbfNjv)