Vingtième joueur mondial au classement BWF, Toma Junior Popov représentera la France au badminton lors des Jeux olympiques de Paris. De retour en France après une tournée asiatique, il s'est confié à CNEWS à quelques semaines de l'échéance d'une vie.
C'est l'heure des derniers préparatifs pour Toma Junior Popov. À moins de deux mois des Jeux olympiques de Paris 2024, le badiste français qui évoluera en simple, et en double avec son frère Christo, peaufine les derniers détails avant les Jeux de Paris.
Pour CNEWS, le numéro 1 du badminton français est revenu sur son arrivée en France, son parcours en tant que badiste et ses ambitions en vue des Jeux d'été.
Toma, comment appréhendes-tu ces semaines à venir avant les Jeux olympiques de Paris ?
J'ai hâte, parce que cela faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvé 8 semaines d'affilée à la maison ! Mon frère Christo (20 ans, 24e mondial) et moi sommes revenus de la tournée asiatique, avec une semaine de transition avant de commencer l'entraînement à fond. Il y aura des partenaires qui vont venir pour que je puisse m'entraîner dans des conditions optimales.
Comment a été vécue la course à la qualification olympique pour le simple hommes entre toi et ton frère ?
En tant que frères, quand on est jeunes, chacun veut gagner à FIFA ou à n'importe quel jeu de société. Mais là, on se disait plutôt : "On fait un bout de chemin, on le fait à fond et que le meilleur gagne". Il n'y a pas d'animosité ou de jalousie. Notre compétition et notre rivalité sont très saines et elles ne restent que sur le terrain.
Lui comme moi avons joué nos cartes du mieux qu'on le pouvait, on a tous les deux réalisé des performances énormes durant cette année et on en est sortis indemnes avec tous les tournois que nous avons enchaînés. La consécration, c'est qu'à la fin, on est tous les deux qualifiés en double, donc personne ne reste à la maison !
Au niveau familial, c'est une fierté, notamment pour votre père, de voir ses enfants qualifiés pour les Jeux olympiques ...
C'est ça ! Pour lui, c'était difficile à gérer parce qu’il y en a un qui allait se qualifier, et l'autre non, puis on s'affrontait à distance. C'est aussi pour cela que, heureusement, nous sommes tous les deux qualifiés en double.
Contrairement à beaucoup de sportifs, tu as préféré évoluer au sein d'une structure privée et non avec les structures fédérales, pourquoi ce choix ?
J'ai commencé le badminton avec mon père, ancien joueur et entraîneur pour la Bulgarie, qui est encore entraîneur à Fos-sur-Mer, où je suis toujours licencié. Mon frère et moi, on ne se voyait pas se faire entraîner par quelqu'un d'autre, on a une confiance ultime en notre père. Ne pas quitter le cocon familial était aussi très important pour nous.
On trouvait aussi que les entraînements n'étaient pas assez personnalisés, il s'agissait plutôt d'entraînements collectifs qu'individualisés, on ne pensait pas y progresser.
Tu es né à Sofia, en Bulgarie, avant d'arriver en France, dans un univers complètement différent. Comment s'est déroulée ton arrivée dans un nouveau pays à un jeune âge ?
Je suis arrivé en France à l'âge de 5 ans, je ne connaissais pas la langue française : j'ai fait la crèche et la maternelle en Bulgarie. Quand on a un noyau et qu'on change de pays, c'est assez dur, encore plus lorsqu'on ne parle pas la langue, que j'ai dû apprendre sur le tas.
Le fait de jouer au badminton m'a aidé à m'intégrer ! Le but, ce n'était pas de parler, mais d'échanger, on essaye de se comprendre, de se trouver des points communs ... Mon lien social, c'était le club de badminton. Après 6 mois, j'étais intégré, j'avais des amis que je voyais en dehors de l'école. Le badminton a vraiment été un bon catalyseur !
On est capable d'accrocher, voire battre les meilleurs joueurs mondiauxToma Junior Popov
Étant donné que tu possèdes la double nationalité franco-bulgare, est-ce que tu as déjà été approché, voire songé à représenter la Bulgarie sportivement ?
J'ai déjà été approché, mais j'ai toujours refusé pour le moment. J'ai grandi en France, je suis content de représenter la France, même si je reste quand même attaché à la Bulgarie. On aurait pu être tentés à l'époque, avec mon frère, parce qu’il y a avait des problèmes avec la fédération sur certains moments de notre carrière. Participer aux Jeux olympiques à Paris, c'est un rêve en tant qu'athlète français
Est-ce que tu t'es fixé des objectifs au cours de ces Jeux à Paris ?
J'y vais toujours pour gagner, je déteste l'expression "L'important, c'est de participer" ! J'y vais pour jouer du mieux que je peux, avec les armes que j'ai, faire du mieux que l'on peut et ne pas avoir de regrets, même si intérieurement, on espère faire une médaille. Avec mon frère, on ne fait que monter en puissance et on est capable d'accrocher, voire battre, les meilleurs joueurs mondiaux.
En plus de Christo, tu as également un autre petit frère, Boris, qui pratique le badminton. Pourrait-on voir les trois frères Popov alignés lors de Jeux olympiques dans le futur ?
C'est possible ! Si Boris progresse bien, et que Christo et moi sommes toujours d'aplomb, on tentera notre chance à Brisbane en 2032. Même si pour moi, cela risque d'être un peu plus compliqué, tout dépendra de mon corps.
![Le sport a toujours fait partie intégrante de la vie de Mathieu Thomas. [©Paul Patrix]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/mathieu_thomas_3_1-taille1200_6522e5d22a5cf_0.jpg?itok=CjRdkXc2)