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Makhtar Ndiaye : «l’Afrique a sa place en NBA et la NBA s'est fait une place en Afrique»

Makhtar Ndiaye (à droite), aux côtés d’Ibrahima Wade, coordinateur général de Dakar 2026. [Crédit : Dakar 2026]

Passé par la France et la NBA, Makhtar Ndiaye est aujourd’hui directeur du développement des Dallas Mavericks mais aussi ambassadeur des Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 ainsi que du festival «Dakar en Jeux». L’occasion d’évoquer toutes ses actualités.

C’est un grand frère qui aime délivrer ses conseils. Ancien joueur de basket, Makhtar Ndiaye est sélectionneur adjoint de l’équipe nationale sénégalaise mais aussi directeur du développement aux Dallas Mavericks en NBA.

Le natif de Dakar possède une grande expérience qu’il souhaite évidemment rendre à son pays natal et à la jeunesse africaine en général.

C’est donc tout à fait normal de le voir parrain de la troisième édition du festival «Dakar en Jeux» (7 au 10 novembre). Il s’est confié à CNEWS sur cette grande répétition générale deux ans avant les Jeux Olympiques de la Jeunesse qui se dérouleront à Dakar en 2026.

Quels souvenirs gardez-vous de votre belle carrière de basketteur arrêtée en 2008 ? 

Je pense avoir été un pont. J'aime bien me définir de la sorte parce que j'ai commencé à jouer au Sénégal, je suis venu en France faire mes armes et j'ai atterri aux États-Unis. Je suis satisfait et fier de mon parcours. Les États-Unis ne faisaient même pas partie de mes plans. Je n’ai jamais imaginé que je finirai là-bas.

Vous souhaitiez jouer en France alors que le rêve de tout jeune joueur, c’est la NBA ?

Ouais parce que bon, à l'époque, les États-Unis, c'est un peu inimaginable, irréalisable quand tu es un petit enfant au Sénégal. C'est un pays lointain. A la télévision, j’ai été biberonné au championnat de France. Alors venir jouer dans l’Hexagone, c’était déjà une récompense.

Jouer sur les parquets en NBA, qu'est-ce que ça vous a fait finalement ? 

En fait, lorsque je suis arrivé ici, je me suis dit : «attends, si je viens ici, c'est pas pour repartir.» Alors j'ai foncé. Les meilleurs y jouent et je voulais en faire partie. On m'a donné une opportunité, je l'ai saisi à deux bras et ça a fait de moi le premier Sénégalais qui a joué en NBA. 

Etre le premier Sénégalais, cela doit être une immense fierté ?

Je ne m'en rendais pas compte à l’époque parce que bon j'ai jamais voulu que ça définisse ma vie, ma carrière. Mais aujourd'hui, avec du recul, tu te rends compte que t'as marqué l'histoire de ton pays.

Vous allez d’ailleurs pouvoir partager cette expérience avec les jeunes qui participeront au festival «Dakar en Jeux» du 7 au 10 novembre…

Oui, j’ai hâte de partager ça avec les 3.000 jeunes qui seront présents et leur partager toute mon expérience. Je leur raconterai mon histoire. C’est important car évidemment, les jeunes doivent avoir des modèles. On doit leur apporter notre expérience mais aussi une certaine humilité. Il faut être des rôles modèles. Les enfants ils connaissent les Michael Jordan, etc. mais savent-ils que des Africains ont réussi ?

Oui, l'Afrique est le continent de l'avenir

Vos parents ont dû être fiers de vous…

Je vais vous raconter une anecdote. Ma mère était olympienne, elle a disputé les Jeux olympiques en 1976. Alors même pour moi qui ai joué en NBA, c'est elle qui était la première la championne à la maison. Alors je faisais mon malin dehors, mais à la maison c’était la championne. Plus sérieusement, elle était très fière de moi évidemment. Mais de mon côté, la plus grosse fierté est de me dire les jeunes commencent à suivre et ce n’est que le début. Il y aura encore plus de pépites qui vont arriver. On voit que l'Afrique a sa place en NBA et que la NBA s'est fait une place en Afrique. Et quelque part, je me sens un peu comme l’un de ceux qui ont réussi à ouvrir la voix.

Aujourd’hui, vous avez toujours un pied en NBA d’ailleurs…

Je suis directeur du personnel professionnel de Dallas Mavericks. Je vais analyser plusieurs jeunes joueurs et je les propose après à mon président, à mon general manager. Alors j'ai fait le même métier à New York pendant neuf ans et je pensais qu’il fallait juste un peu changer d'environnement, avoir un autre challenge. Evidemment, je ne cherche pas seulement des Sénégalais. J’aimerais bien trouver des Nigérians, Marocains… la future star africaine du basket, j’aimerais la trouver évidemment. Joël Embiid (champion olympique avec Team USA d’origine camerounaise) a été recruté après un camp au Cameroun. Mais le message que j’ai, c’est qu’il faut juste travailler, persévérer, y croire surtout et se donner une chance. Il faut également être sérieux et humble. C’est important. Aujourd’hui, tout le monde est son propre chef d'orchestre. Chacun a un téléphone, les réseaux sociaux, tout le monde peut se vendre. Alors ce que les gens oublient de faire, c'est d'écouter.

L’Afrique possède un très bel avenir dans le basket ?

Si vous regardez les équipes européennes et américaines, il y a de plus en plus d’Africains. Ça veut dire que l’on a dépassé le stage de l'apprentissage. Il faut maintenant poursuivre de la sorte et montrer que c’est possible. C’est aussi pour cela que je suis très excité à l'idée d'avoir les Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal (2026). Ça va être grandiose. Et au-delà du basket, ça va également montrer que le continent possède des pépites dans de nombreux sports. Le monde va découvrir le niveau du sport en Afrique.

Ces JOJ de 2026 seront également l’occasion de montrer que l’Afrique est capable d’organiser de gros événements ?

Il y a eu la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud et il y aura également la prochaine en 2030 au Maroc, il y aura aussi les Championnats du monde de cyclisme en 2025 au Rwanda. Ces Jeux de Dakar 2026 vont montrer que le continent a tout ce qu’il faut pour organiser les plus beaux événements sportifs de la planète. Oui, l’Afrique est le continent de l’avenir. Et le Sénégal va ouvrir la voie. Ca va être fantastique.

Avant les JOJ, il y aura donc le festival Dakar en Jeux à partir du 1er novembre…

Ce sera un avant-goût de ce que le monde verra en 2026 à Dakar. Le Sénégal est un pays accueillant, sportif, où il fait bon vivre. Et je pense qu'on montrera un peu cette facette du pays tout en essayant de faire plaisir aux gens. Ce sera aussi une opportunité pour le pays de vivre et de revivre. Ces derniers temps la situation était un peu tendue au pays mais aujourd’hui, nous sommes passés à autre chose et ce sera donc l’occasion de permettre aux gens de souffler et d’être unis autour du sport. C’est ce qui fait le Sénégal, l’unité et le partage.

L'édition 2024 du Festival Dakar en Jeux se tiendra à Dakar, Diamniadio et Saly

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