Plusieurs associations de quartier de Saint-Sébastien (Espagne) ont rédigé une lettre commune, cette semaine, adressée à la FIFA afin d'annuler la tenue de la Coupe du monde 2030 de football dans leur ville. Ces habitants craignent une «touristification» de masse.
Un revers de médaille. Près de trois mois après la désignation de Saint-Sébastien comme l'une des villes hôtes de la Coupe du monde 2030, six associations de quartier se sont unies pour rédiger une lettre à l'attention de la FIFA. Par cette initiative, elles souhaitent annuler les festivités prévues dans la ville basque.
Ces structures, représentantes majoritaires du cœur historique de la ville, mettent en lumière dans leur lettre plusieurs craintes.
Elles pensent, notamment, qu'«accueillir la Coupe du monde de football ne ferait qu'aggraver les conditions de vie dans (leur) ville», parce que l'événement «renforcerait encore la touristification (soit l'intensification du tourisme, NDLR)».
Une crainte appuyée par les niveaux records qu'enregistre l'Espagne sur son tourisme. A elle seule, la ville de Saint-Sébastien a estimé à 78%, la hausse du nombre de visiteurs entre 2015 et 2024.
Le maire de la ville réagit
Les auteurs de la lettre considèrent aussi que «les habitants sont chassés de la ville» et ajoutent que «des espaces publics sont remodelés au gré des intérêts commerciaux lorsque les infrastructures sont conçues pour répondre aux besoins de l'industrie touristique». Pour eux, la langue et la culture locales sont aussi «fétichisées à des fins marketing».
L'année passée, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans l'ensemble du pays, dénonçant les dérives du tourisme.
Dans leur missive, les habitants s'inquiètent «des conséquences de ce méga-événement sur la majeure partie de la population» considérées comme «dramatiques de par l'aggravation de la crise du logement, la marchandisation de l'espace urbain, le développement d'infrastructures de transports non durables et la mise en œuvre de mesures sécuritaires qui limiteront la vie quotidienne».
La FIFA n'a pour le moment pas répondu aux habitants de la ville basque, mais le maire de la ville, Eneko Goia, a vivement critiqué cette initiative à l'encontre de la compétition de football : «Si cela ne tenait qu'à eux, la ville n'aurait aucune visibilité internationale».