Ancien cycliste français, Sylvain Chavanel a été victime d’une grave blessure à la jambe lors d’une course de VTT organisée dans le désert au Maroc.
Il a vécu un véritable «enfer» en plein désert. Âgé de 45 ans, Sylvain Chavanel a participé au début du mois de mai à une course de VTT dans des conditions extrêmes comme souvent depuis qu’il s’est retiré du peloton en 2018. Mais l’ancien cycliste français a été victime d’une terrible mésaventure et d’une grave blessure lors du Titan désert, l’équivalent du marathon des Sables en VTT avec au menu six étapes de plus de 100 km par jour dans le sable marocain sous une forte chaleur.
«Le médecin m’a dit qu’il n’avait pas les machines pour une telle opération»
L’ancien porteur du maillot jaune sur le Tour de France en 2010, qui détient le record de participation à la Grande Boucle (18 participations entre 2001 et 2018), a soudainement chuté moins d’une heure après le départ de la 4e étape. «A un moment donné, je me mets en danseuse, et je ne sais pas ce qui s’est passé, je me suis retrouvé par terre. Une personne derrière m’a percuté donc ma jambe a été dans le milieu du cadre, complètement tordue. J’ai crié, crié, crié, c’est un martyre», a-t-il confié au Parisien.
Et la galère n’a fait que commencer pour Sylvain Chavanel, qui s’est retrouvé allongé au sol avec la jambe en sang. «C’était un martyre, j’ai hurlé dans le désert», a-t-il déclaré. Et alors qu’il souffrait d’un fémur fissuré, de ligaments croisés et postérieurs du genou fissurés et d’arrachements osseux, il a attendu pendant près de deux heures avant d’être pris en charge par les secours. Il a ensuite effectué un périple pour être transporté à l’hôpital. «Il fallait faire deux heures et demi d’ambulance pour sortir du désert et après, j’avais trois heures de transfert pour aller à l’hôpital», a-t-il indiqué.
Mais il n’était pas au bout de ses mauvaises surprises. L’hôpital n’était en effet pas suffisamment équipé pour pouvoir l’opérer. «Le médecin m’a dit qu’il n’avait pas les machines pour une telle opération», a affirmé le champion de France sur route en 2011. Un rapatriement lui a été proposé par l’organisation mais à la condition de marcher avec béquilles. «Impossible avec un fémur fissuré, c’était trop dangereux pour moi», a-t-il expliqué.
Après plusieurs démarches auprès notamment de son assurance personnelle, des galères sans fin et des jours à souffrir, il a finalement pu être rapatrié, dimanche, en France. «J’ai fait un vol direct, en civière, au fond de l’avion», a précisé Sylvain Chavanel, qui doit enfin se faire opérer ce mardi à Tours avec l’espoir de pouvoir refaire du sport et du vélo normalement. «Je ne vise plus la performance, je veux juste continuer à me faire plaisir», a-t-il glissé.
Et au milieu de ses malheurs, Sylvain Chavanel a eu le bonheur de voir son fils remporter sa première course de l’année en junior. «Ça m’a redonné le moral», a-t-il assuré. Et il va en avoir besoin avant d’entamer sa rééducation.