Accusé d’avoir proféré une insulte xénophobe lors d’un match de Copa Libertadores, le Paraguayen Damian Bobadilla, qui évolue à Sao Paulo (Brésil), encourt une peine de cinq ans de prison.
Ses propos pourraient ne pas rester impunis. Sur les recommandations de la police brésilienne, le Paraguayen Damian Bobadilla, qui évolue à Sao Paulo (Brésil), pourrait être inculpé pour une insulte xénophobe en plein match. «Le suspect a témoigné mercredi et il a été recommandé de l’inculper pour diffamation raciale», ont indiqué les autorités locales dans un communiqué transmis à l’AFP. «L’enquête se poursuit pour clarifier les faits», ajoute le texte.
Une clémence de la justice brésilienne ?
Selon la loi brésilienne, l’insulte raciale est une atteinte à la dignité d’une personne en raison de sa race, de son ethnie, de sa couleur ou de son origine nationale. Et Damian Bobadilla encourt une amende et jusqu’à cinq ans de prison. Mais le milieu de terrain de 23 ans pourrait bénéficier d’une certaine clémence de la justice brésilienne. «Puisque c’est sa première fois, qu’il a un bon dossier et qu’il s'est excusé auprès de la victime, le juge pourrait prendre tout cela en compte pour fixer la sanction», a indiqué, à l’AFP, Rodrigo Correa Baptista, délégué de l’unité des crimes d’intolérance sportive de la police de Sao Paulo.
Les faits se sont déroulés, le 27 mai dernier, lors d’un match de Copa Libertadores, entre Sao Paulo et club argentin Talleres de Cordoba (2-1). Damian Bobadilla avait tenu un propos offensant et faisant allusion à la nationalité du Vénézuélien Miguel Navarro, qui a éclaté en sanglots provoquant l’interruption de la rencontre pendant plusieurs minutes. Le lendemain, l’international paraguayen avait présenté ses excuses.
«Dans le feu de l’action, j’ai mal réagi et je m’excuse publiquement», avait déclaré, dans une vidéo publiée par son club, Damian Bobadillan, tout en affirmant avoir été «offensé en premier lieu» par le défenseur vénézuélien. De son côté, Miguel Navarro a assuré qu’il irait «jusqu’aux dernières conséquences» dans cette procédure.