La ministre des Sports, Marie Barsacq, a répondu à la presse lors de la soirée des Champions organisée par le CNOSF, onze mois après les Jeux de Paris 2024. Pour CNEWS, elle est revenue sur l’héritage de cet événement planétaire, la parité, mais aussi le rapport de la Cour des comptes sur les dépenses de l’organisation.
Onze mois après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la nouvelle ministre des Sports, Marie Barsacq, s’est exprimée sur l’héritage de cet événement hors norme lors de la Soirée des Champions organisée par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
Évoquant un «été de célébration», la ministre a salué la dynamique d’adhésion aux clubs sportifs depuis la rentrée de septembre, qu’elle voit comme un premier indicateur «d’un héritage en marche». Elle défend aussi les comptes tenus du comité d’organisation et annonce un événement de clôture «dans un lieu emblématique» encore tenu secret. Enfin, elle fixe un cap ambitieux pour la parité dans le sport français, dans la continuité de Paris 2024.
Près d'un après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, est-ce que vous retenez quelque chose en particulier de cet événement ?
Il est vrai qu’aujourd’hui, nous sommes pleinement dans le lancement des célébrations de l’anniversaire des Jeux. Nos athlètes ont bien brillé sur ces compétitions. Et évidemment, comme tous les Français, moi, je me réjouis d’avoir un été de célébration des Jeux. Ça va être de grands moments, beaucoup d’émotions, car les Jeux c’étaient d’abord des émotions. Ce sont aujourd’hui des souvenirs, mais des souvenirs forts, qui nous ont tous soudés.
🎙️@MarieBarsacq, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative :
« Nous allons tout mettre en œuvre pour que les Jeux de Paris 2024 soient une rampe de lancement, une trajectoire positive, qui nous mènera encore plus haut… jusqu’aux sommets de 2030 à la montagne !… pic.twitter.com/iqN1CugDkl— FranceOlympique (@FranceOlympique) June 23, 2025
Et je crois qu’on va être ravis de vivre cela cet été, mais nous allons aussi apprécier de nous retrouver tous à l’occasion de la Fête du sport, partout en France, mais aussi à Paris, dans un lieu assez emblématique. Pour l’instant, ce lieu reste secret, mais il sera bientôt révélé. Cette journée, la Fête du sport, nous permettra d’encourager les Français à pratiquer du sport, en mettant aussi les athlètes à l’honneur, parce que ce sont eux qui motivent le plus, notamment les jeunes, à faire du sport. Il est primordial de montrer que le sport a toute sa place dans notre société. Il faut valoriser son rôle.
Quel est votre regard sur la question de l’héritage des Jeux ?
Il y a des indicateurs, aujourd’hui, qui sont très objectifs sur l’héritage des Jeux. Je pense à l’engouement des Français pour rejoindre un club de sport au mois de septembre 2024. Vous avez vu comme moi qu’il y a eu vraiment un fort engouement des fédérations sportives, qui ont engrangé des pourcentages d’augmentation incroyables sur le nombre de licenciés. Il y a eu 33% de licenciés en plus au sein de la Fédération de triathlon, 21% en plus pour la Fédération handisport et une augmentation de 20% pour le tennis de table. C’est quand même un premier indicateur d’un héritage en marche.
Il nous faut accueillir ces nouveaux pratiquants dans de bonnes conditions
Nous avons toutefois consciences qu'il y a encore de nombreux enjeux devant nous. Il nous faut accueillir ces nouveaux pratiquants dans de bonnes conditions, pour les fidéliser, pour qu’en fait, ils pratiquent dans la durée, que ce ne soit pas juste un effet Jeux. Et ça, c’est effectivement ma responsabilité, mais aussi celle du gouvernement, de proposer une copie, notamment pour le budget du ministère des Sports, qui atteigne un équilibre, qui permettra de capitaliser sur cet engouement des Français et de proposer plus de lieux d’accueil, plus d’éducateurs.
Pouvez-vous revenir sur le rapport de la Cour des comptes ?
Je veux saluer le travail de la Cour des comptes, qui a mené un travail vraiment rigoureux et qui a aussi salué le travail qui a été fait par le comité d’organisation des Jeux de Paris 2024. Des Jeux qui ont été au rendez-vous, notamment sur les enjeux budgétaires, puisqu’il y a eu respect des engagements, une tenue des budgets, pas de dépassement. Et puis il faut aussi dire qu'ils ont été des Jeux fantastiques. Après, ce que je peux dire dans le détail, c’est qu’effectivement l’approche de la Cour des comptes ne prend pas en compte, du coup, les recettes et les impacts positifs, notamment les impacts économiques.
Succès populaire qui a largement dépassé les frontières, les #JOP2024 ont généré des dépenses liées à l’organisation des Jeux (notamment de sécurité), et des dépenses d’infrastructure conçues pour les Jeux mais aussi dans une logique d’héritage.
🔗👉 https://t.co/wf3bSdceoRpic.twitter.com/5TdQEXfzEs— Cour des comptes (@Courdescomptes) June 23, 2025
Vous savez, il y a une étude aussi d’impact économique qui a chiffré des retombées autour de 7,1 milliards pour la région Île-de-France. Donc ça, c’est quand même intéressant à dire. Quand on parle de dépenses, il faut aussi montrer les avantages. Mais je crois qu’elle va en parler plus tard dans un autre rapport, donc, ça sera à regarder de près. Et puis, il y a des dépenses aussi qui sont enregistrées par la Cour des comptes qui, pour moi, ne sont vraiment pas des dépenses directement liées aux Jeux. Ce sont des dépenses indirectes, où des opérateurs, des acteurs se sont donnés un rendez-vous avec les Jeux. Je pense à la ligne 14, par exemple, mais aussi la possibilité de se baigner dans la Seine.
Pendant les Jeux, nous avons quasiment atteint la parité totale hommes-femmes. Quels sont les prochains chantiers pour améliorer encore cette égalité ?
Pour les Jeux de Paris 2024, c’était important d’avoir cette parité, parce que les Jeux sont une locomotive et deviennent même un standard, une nouvelle norme. Donc aujourd’hui, les prochaines éditions des Jeux vont devoir se tenir à ce standard du 50-50. Et puis nous, en France, ça nous oblige à être aussi très ambitieux sur le sujet de la parité pour tous les grands événements internationaux qui vont se dérouler dans notre pays. Parce que vous le savez, on avait créé, dans le cadre de l’héritage des Jeux, ce label «Terrain d’égalité», qui obligeait à la parité, certes, des athlètes, mais aussi dans les équipes d’organisation, dans les équipes aussi des villes qui concourent à l’organisation.
Nous travaillons avec la direction en charge de ces sujets pour aider les prochains grands événements comme le championnat du monde de badminton en 2025, mais aussi les championnats d'Europe de natation l'été prochain et les Mondiaux de cyclisme en 2028 et puis évidemment les Jeux d'hiver de 2030. Ça nous permet encore de mettre tout le monde en tension pour travailler, être ambitieux, pour faire progresser la place des femmes dans le sport. Parce qu’il n’y a pas de raison : on a toutes et tous notre place dans le sport.