Levé à l’aube, chorégraphie en équipe, gestion millimétrée des goodies et ambiance survoltée au micro : CNEWS a vécu une journée dans la peau d’un caravanier Senseo sur la 6e étape du Tour de France. Un quotidien intense et rythmé, guidé par un certain… Yannick.
6h du matin, Caen. Tandis que les coureurs dorment encore, les caravaniers de la marque Senseo ouvrent les yeux avec des blagues et le sourire aux lèvres. Pour cette 6e étape entre Bayeux et Vire, longue de 201,5 kilomètres, la journée démarre tôt.
Petit-déjeuner collectif, puis départ moteur à 7h25. Les équipes montent à bord du van direction Bayeux, où commence le ballet logistique. Au parking technique, chacun connaît la partition : vérifications mécaniques, réglages sonores, chargement des goodies… tout doit être prêt pour le grand show.
14 Tour de France au compteur
Ensuite, cap sur le parking caravane, où les véhicules s’alignent dans l’ordre exact du défilé. Juste avant le départ, place au rituel : les caravaniers enchaînent la désormais célèbre chorégraphie matinale animée par Krys, moment d’échauffement collectif et de cohésion. Puis, chaque chef de caravane réunit son équipe pour un brief sur le parcours, les consignes de sécurité et les points particuliers de l’étape.
Les animateurs s’installent ensuite dans les chars, harnachés pour la sécurité, prêts à inonder les routes de cafés, goodies et bonne humeur. Parmi eux, Yannick Dyvrande, 56 ans, anime la caravane Senseo depuis 14 ans. Ce jour-là, il prend place pour sa 279ᵉ étape : «Je m'appelle Yannick Dyvrande, j'ai 56 ans, je suis animateur comédien sur la caravane du Tour de France pour le partenaire café, qui est partenaire depuis 13 ans, Senseo. Et je fais mon 14ᵉ Tour de France en ce moment même, et je prends place aujourd'hui à ma 279ᵉ étape d'animation sur la caravane du Tour.»
Une distribution de goodies millimétrée
Originaire de Caen, Yannick est une star locale : sur la route de l’étape, des dizaines de pancartes à son effigie témoignent de sa popularité auprès du public. Sur les 200 kilomètres du parcours, les caravaniers doivent aussi gérer leur stock. Chaque distribution de goodies est millimétrée : s’il en reste trop peu, la cadence est ralentie pendant quelques kilomètres pour assurer jusqu’à l’arrivée. Des milliers de goodies sont distribués sur le parcours.
À mi-course, les véhicules effectuent une pause technique sur le bas-côté, chacun leur tour : pause pipi, ravitaillement en eau (stockée dans des glacières à bord), contrôle matériel… Puis, le chauffeur redémarre et doit rattraper tout le convoi, doublant un à un les véhicules pour reprendre sa place. Un moment intense et stratégique, qui peut durer 25 minutes.
Parfois, la direction du Tour demande aussi aux caravanes de couper les sonos pendant quelques minutes : soit en hommage à un lieu de mémoire, soit pour respecter la tranquillité de zones naturelles.
Chaque caravane a sa propre playlist. De Maître Gims à Céline Dion, les tubes s’enchaînent pour faire danser le public de 7 à 77 ans sur le bord des routes. L’ambiance est partout. C’est une fête itinérante.
À l’approche de l’arrivée, les invités embarqués — comme nous — sont déposés quelques centaines de mètres avant la ligne pour ne pas gêner la sortie des véhicules. Les caravanes, elles, reprennent immédiatement la route vers le parking technique pour une dernière vérification… avant de filer vers la Bretagne, direction l’étape du lendemain.