Lessivé par la tournée américaine, marquée par une sortie prématurée à Miami, Carlos Alcaraz retrouve la terre battue et le tournoi de Monte-Carlo. Tenant du titre, numéro un mondial sous pression d’un Jannik Sinner inflexible, l’Espagnol aborde cette échéance avec l’ambition de relancer sa dynamique.
La Méditerranée l’appelle. Elle l’a toujours appelé. Quand Carlos Alcaraz pose le pied sur la terre battue ocre du Monte-Carlo Country Club, perché entre ciel azuré et mer étale, quelque chose en lui se détend. Comme si le sol lui murmurait qu’il est enfin chez lui. Ce dimanche marque le coup d’envoi du Rolex Monte-Carlo Masters 2026, premier Masters 1000 de la saison sur terre battue, et l’Espagnol y revient avec une ardeur décuplée par l’amertume récente.
Le printemps californien avait laissé un goût d’inachevé. À Indian Wells Masters, une demi-finale frustrante, heurtée, presque en décalage avec son statut. Puis à Miami Open, une sortie prématurée, inattendue, comme un faux pas dans une partition pourtant maîtrisée depuis des mois. Rien de dramatique, mais une dissonance. Une légère perte de cadence dans une saison jusque-là flamboyante.
Un champion à la relance
Alors, Monte-Carlo arrive comme un refuge. Mieux : comme une évidence, lui le tenant du titre qui avait dû batailler pour soulever le trophée l’an passé dans une campagne âpre, haletante, taillée dans le granit de sa volonté. La terre battue, pour Alcaraz, n’est pas une surface comme les autres. C’est son dialecte naturel, la langue dans laquelle il s’exprime avec le plus de nuances.

Le glissé andalou, les contre-pieds dévastateurs, les montées au filet d’un autre âge, tout son vocabulaire tennistique y trouve sa syntaxe idéale. «Alcaraz était en saturation mentale complète après un début de saison extraordinaire. Il s’est reposé et arrive dans un tournoi qu’il affectionne et qui met en valeur toutes ses qualités. Et finalement, qui d’autre que lui pour soulever le trophée ? Aucune surface ne lui résiste», confie à CNEWS l’ancien coach de Serena Williams, Patrick Mouratoglou.
Jannik Sinner peut-il le détrôner ?
Mais le défi sera immense. Jannik Sinner débarque en Principauté auréolé du Sunshine Double, ayant balayé Indian Wells et Miami sans perdre le moindre set. Une démonstration de force froide et méthodique, à l’image de l’Italien.
Le Transalpin entre à Monte-Carlo avec trente-quatre sets consécutifs remportés en Masters 1000 , une statistique qui confine à l’indécence. Il n’a rien à défendre ici, tout à conquérir, et cette légèreté-là peut se révéler redoutable. L’écart au classement n’est plus que de 1 190 points entre les deux hommes.
Carlos Alcaraz, lui, arrive avec les 1.000 points de son titre 2025 à défendre. Une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête du numéro un mondial, qui sait que chaque défaite précoce rapprocherait dangereusement Sinner du trône. Voilà le contexte, voilà les enjeux. Une revanche sportive à construire, un classement à protéger, une couronne à défendre.
Et pourtant, quelque chose dit que le Murcien ne pense à rien de tout cela quand il foule cette terre ocre. Il pense au jeu. À la balle qui ricoche haut, à l’échange qui s’étire, au point qui se gagne dans l’effort et dans l’audace. Il est l’un des rares champions en activité à avoir triomphé ici, et ces courts-là gardent la mémoire des victoires comme la terre garde la chaleur du soleil. Le fauve a trébuché. Le fauve revient. Et il connaît par cœur chaque grain de ce sol.