Anne-Sophie Lapix : "Les bonnes audiences de C à vous ? C’est la nouvelle équipe"

L'animatrice de C à vous sur France 5, Anne-Sophie Lapix.[JP. Baltel - Sipa-France5]

Le plein d’actualité et de bonne humeur. Face au Grand Journal (Canal+) ou Touche pas à mon poste (D8), C à vous (France 5) n’a pas à rougir. Avec des audiences qui se situent régulièrement au-dessus du million de téléspectateurs depuis le début de l’année 2015, Anne-Sophie Lapix et sa "bande" ont réussi à trouver leur ton et leur public. Une embellie à laquelle l’arrivée de Pierre Lescure et d’Anne-Elizabeth Lemoine autour de la table n’est pas étrangère.

 

"C à vous" enchaîne les bonnes audiences sur France 5 depuis janvier 2015. Comment expliquer cette embellie ?

C’est toujours délicat d’expliquer les bonnes audiences, parce que si nous savions exactement comment, on le ferait tout le temps (rires). Mais il se trouve que la progression est constante depuis la rentrée – on est passé d’une moyenne de 3,9% à 4,5%, ce qui est énorme pour nous – et depuis janvier, on se rapproche des 5% en moyenne, donc là, c’est sensible. Pour moi, il n’y a pas de secret, c’est la nouvelle équipe. L’arrivée d’Anne-Elizabeth Lemoine et Pierre Lescure a créé une nouvelle ambiance qui me convient parfaitement. On n’a plus que des journalistes autour de la table, qui ont chacun les affinités, leurs particularités, leur façon de poser des questions, etc. Et je trouve que cela change beaucoup de chose. Je me réjouis car ça a été un ‘mercato’ extrêmement efficace.

 

Vous avez votre mot à dire dans le recrutement des chroniqueurs ?

Pour le coup, j’étais d’accord pour les deux noms. L’un que j’ai voulu, l’autre qui a été proposé.

 

On parle bien d’Anne-Elizabeth Lemoine et Pierre Lescure ?

Hahaha. Je ne vous dirais pas. Mais c’est avec le producteur que nous avons réfléchi à la question. Nous avons discuté et on est arrivé très rapidement sur ce choix commun. Nous étions tous deux très emballés, et par Pierre, et par Anne-Elizabeth. Donc oui, j’ai participé au recrutement. Et puis, il y avait une question qui se posait l’an dernier pour savoir si on devait recruter une fille. Je ne sais pas pourquoi mais il ne voulait pas. J’ai vraiment milité pour qu’il ait une touche féminine supplémentaire et je m’en réjouis. En dehors du fait que ce soit Anne-Elizabeth, avec son tempérament, cette joie de vivre, cette curiosité, elle apporte en plus une touche féminine supplémentaire à C à vous.

 

Et c’est un joker de luxe en cas d’absence…

C’est un bonheur. Je lui laisse les clefs de la maison en toute confiance et sérénité.

 

Le direct est-il une source de stress au quotidien, notamment quand, comme ces dernières semaines, vous êtes amenés à traiter une actualité parfois délicate ?

J’ai surtout fait du direct dans ma carrière donc ce n’est pas vraiment un critère. C’est plus la personnalité de l’invité, le thème de l’actualité, qui fait monter le stress. Pas le direct en soi. Et je n’aime pas trop faire des émissions enregistrées. Je suis habituée et adepte du direct. L’émission qu’on enregistre pour le vendredi, on la fait un peu différemment. C’est vrai qu’on traîne en longueur, et on peut se permettre de couper un peu pour récupérer ce qu’il y a eu de plus percutant. Mais ce n’est pas si différent.

 

Il n’y a pas d’appréhension particulière par rapport à des sujets plus difficiles, ou délicats…

Si, mais c’est plus en rapport avec le sujet. Les émissions que nous avons faites en janvier à la suite des attentats, notamment celle que nous avons fait le soir même, était très difficile. Nous étions tous tendus, on retenait nos émotions, on essayait d’être délicat avec nos invités. C’était Philippe Val ce soir-là, qui était à la limite de l’effondrement. C’est la décence aussi de ne pas, nous, pleurer, et de rester dans notre rôle. Ce sont des émissions très difficiles à faire. Et ce n’est pas à cause du direct. Mais de l’émotion.

 

Sentez-vous encore planer l’ombre d’Alessandra Sublet sur l’émission ?

Alessandra a toujours été extrêmement bienveillante. Elle a plutôt fait office de « gentille marraine ». Et ce depuis le départ où elle venait me voir pour me donner des petits conseils sur la façon de gérer cette rédaction avec ses différentes personnalités. Mais je n’ai jamais été gênée par cela. La première année, en générale, il y a les fans de la personne qui vous a précédé qui pleurent et réclament son retour. Mais globalement, ça s’arrange. C’est vrai qu’avec cette nouvelle équipe, il y a pas mal de choses qui ont changé dans cette émission. La tonalité. Et du coup, ceux qui n’ont jamais pu se remettre de son départ ne sont plus là. Mais d’autres nous ont rejoints.

 

Le Grand Journal et Touche pas à mon poste restent les leaders de l’access. Comment vivez-vous la course à l’audimat sur cette tranche horaire ?

Cela ne me tracasse plus du tout. L’an dernier, c’était plus compliqué parce que nous avions plus de mal au niveau des audiences. Quand on se rapproche des leaders, c’est moins douloureux (rires). Ce n’est pas moi qui suis dans la lutte de la programmation avec eux, pour avoir tel invité avant eux. Je ne suis pas dans ce registre-là. Je ne les regarde pas, non pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je ne regarde pas la télévision en rentrant chez moi sinon je ne m’en sors pas. Je ne regarde que les films ou les documentaires que je dois voir. J’ai plutôt de bon rapport avec Le Grand Journal sachant que j’ai été dans les mêmes murs pendant un an, que c’était la même boîte de production pendant 5 ans. Et qu’en plus, Antoine de Caunes est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Donc, non, je n’ai pas de posters de mes concurrents sur lesquels je lance des fléchettes (rires).

 

Vous êtes toujours active sur Twitter que vous aviez menacé de quitter en décembre dernier (itw Télé2Semaines). Les critiques vous touchent-elles moins aujourd’hui ?

Je répondais à une question sur le sujet. Ce n’était pas une démarche personnelle. Ce qui est amusant, c’est que j’ai reçu énormément de messages de soutien après cela. Et je ne m’y attendais pas du tout, parce que je me disais qu’il n’y avait que des râleurs sur Twitter. Mais en fait non. En fait, ce n’est pas après C à vous que je me fais insulter, mais plutôt après Mots Croisés. Parce que la politique suscite parfois des réactions violentes. Aujourd’hui,  autant il m’arrive de regarder Twitter après un C à vous, autant je ne le fais plus après Mots Croisés. Cela m’évite d’avoir le moral à zéro. Sur Twitter, je communique peu de choses. Je ne suis pas très active. Après, je ne dis pas qu’un jour je ne me lasserais pas de cela. Parce que j’ai toujours une grande méfiance vis-à-vis des réseaux sociaux.

 

Vous êtes également en charge de Mots Croisés sur France 2 depuis la rentrée 2014. Avez-vous trouvé vos marques ?

C’est compliqué. Pour plein de raisons. Je n’ai pas envie d’accuser forcément le créneau horaire, mais c’est vrai que les hommes politiques n’ont pas du tout envie de venir débattre à 23h. Au début, je suis venue pleine d’espoir et de bonne volonté en me disant qu’on allait organiser des duels. Mais on n’y arrive pas du tout car ils sont très peu à les accepter. L’adversaire ne leur sied jamais.

 

C’est étrange pour les personnalités politiques d’exiger un débat "à la carte"…

Et oui. Donc on est revenu à un format un peu plus classique. Il y a des formules où on mélange personnalités politiques avec des philosophes, des historiens, etc. Mais avec six personnes autour de la table, j’ai plus l’impression de gérer les temps de parole. Donc il y a pas mal de frustration. Au-delà de ça, Yves Calvi qui m’a précédé, est à mon avis le meilleur animateur de débat en France – il fait ça tous les jours depuis vingt ans – et moi je n’ai ni son expérience, ni sa facilité dans l’animation des débats. Mais je continue à apprendre.

 

La frustration doit être d’autant plus grande que, à l’époque de Dimanche+ (Canal+), vous aviez l’habitude de dialoguer en face-à-face avec les personnalités politiques…

Mon droit de suite est très limité dans Mots Croisés. Si je relance une fois la personne en face de moi, il faut vite que j’aille interroger celle qui est de l’autre côté qui n’a pas parlé depuis 5 minutes. Donc, c’est très différent comme exercice. Moi qui aime bien les confrontations en face-à-face, je dois dire que ce n’est pas pareil. Mais c’est intéressant aussi. J’ai l’impression d’élargir le spectre de mes activités, mais ce n’est pas aussi naturel que l’était Dimanche+.

 

Vos prochains défis ?

Je ne me suis jamais fixé d’objectif. J’ai passé mon temps à saisir des opportunités. Je ne provoque pas vraiment le destin. Mais j’essaie de ne pas passer à côté. Tous les changements que j’ai faits étaient pour moi assez logique. Je suis passée de LCi à M6 pour présenter Zone Interdite. Cela me paraissait être une progression. Je suis retournée sur TF1 pour animer notamment le 20H le week-end. Ce qui était pour moi logique car j’avais toujours présenté des journaux, et celui de TF1, c’était quelque chose de particulier. Avec des moyens extraordinaires. On a l’impression d’avoir une baguette magique. Ensuite, je suis allée présenter Dimanche+, parce que, comme j’avais fait pas mal de journaux, je trouvais que l’exercice le plus intéressant était d’interviewer des politiques. Après cinq ans à présenter cette émission, dont une dernière année post-présidentielle où les candidats étaient moins intéressants, et l’intérêt des téléspectateurs était moindre également. Puis on nous a changés deux fois de créneau horaire. Donc c’était plus compliqué. C à vous est arrivé avec ce mélange d’actualité et de divertissement. Mais du coup, je ne connais pas l’étape d’après. Pour l’instant, je suis heureuse avec cette émission et cette équipe. 

C à vous, du lundi au vendredi,19h sur France 5

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