Pascal Praud, iTélé : «j'aime la contradiction»

Pascal Praud présente "L'heure des pros" depuis le 21 novembre 2016 Pascal Praud présente "L'heure des pros" depuis le 21 novembre 2016[© Stéphane Grangier/iTélé]

Depuis le 21 novembre, Pascal Praud présente tous les matins «L'heure des pros», une émission de débat autour des sujets qui font l'actualité. Rencontre.

Le célèbre journaliste sportif est désormais sur tous les fronts puisque cette fois, il devient l’arbitre pendant 45 minutes d’une discussion à bâtons rompus entre spécialistes et personnes prises au coeur d’une actualité, qu’elle soit politique, sociétale ou culturelle. De quoi nourrir la fibre de la curiosité d’un homme n’aimant pas rester dans les cases.

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Vous êtes devenu célèbre par le biais du sport. L’actualité générale vous manquait-elle ?

Non, mais elle fait en effet partie de mes centres d’intérêt. On est vite étiqueté, vite cantonné à un univers alors que j’ai le goût d’essayer de faire des choses différentes, sans aller non plus sur des sujets trop pointus. Je n'organiserais jamais un débat autour de la haute diplomatie par exemple. Je suis un journaliste populaire : j’ai grandi à TF1, à RTL : ce qui m’intéresse, c’est de faire un peu de proximité, d’être un peu concernant, de parler au plus grand nombre. Et puis, plus largement, j’aime le débat car j’ai un esprit de contradiction. J’aime aussi souvent poser des questions un brin provocatrices. 

Comment fait-on pour se renouveler chaque jour ?

J’essaye de traiter de l’actualité la plus brûlante et la plus éclectique possible. Je tente de me placer dans la tête de celui qui regarde l’émission, de me faire aussi souvent volontiers l’avocat du diable afin de créer le débat. Les thèmes, on en a plein les journaux, l’actualité est riche, ce qu’il faut, c’est trouver les bons intervenants. Mais pour cela, on a un très bon service de programmation.

Comment vous démarquez-vous des autres talkshows ?

Ce sont aux téléspectateurs de juger. De mon côté, j’essaye de choisir des thèmes que les autres émissions ne vont pas forcément traiter, tout en restant grand public. Et puis, j’essaye d’être moi-même, de ne pas être trop convenu, trop institutionnel. Le talkshow est forcément lié à la personnalité de l’animateur. J’essaye d’être pédagogique, jamais ennuyeux et de mettre un peu d’enthousiasme, un peu de ma personnalité et de mon énergie. Je tente aussi d’injecter un peu de sourire et de convivialité à ce dont on parle.

«Après Nantes, je suis revenu dans ce métier avec plus d’appétit encore», aviez-vous expliqué dans Le Nouvel Observateur, après votre expérience au sein du fameux club de foot...

Quand j’étais au FC Nantes, je me suis rendu compte à quel point j’aimais ce métier. L’appétit vient avec de nouvelles aventures. «L’heure des pros» en est une puisqu’on a débuté le 21 novembre. C’est ça qui est bien dans ce métier ! On peut sans arrêt se renouveler. Avec «L’heure des pros», j’appréhende une nouvelle manière de penser, d’animer, et c’est ce qui me plaît.

Que regardez-vous à la télévision ?

En plus du football, je ne regarde presque exclusivement que les chaînes d’information. En fait, hormis mes sessions de rattrapage sur le Net, je n’ai jamais le temps de regarder la télévision avant 22-23 H. Je regarde aussi quelques documentaires sur l’actualité et puis je me dois d’observer ce que font les autres émissions de débats, comme ceux de LCP ou de France 5. J’aime y découvrir les différentes façons d’animer ces discussions. Côté fiction, je n’ai pas du tout le temps de regarder des séries mais j’aime regarder des films, sur DVD bien souvent.

Avez-vous des modèles en journalisme ?

Non pas vraiment. J’aime bien Philippe Labro. Parce qu'il représente l’éclectisme. C’est quelqu’un qui est capable de faire tourner Belmondo, diriger RTL, écrire de fabuleux portraits, faire chanter Johnny. Cet éclectisme-là, c’est un modèle. Je n’ai pas son talent, mais j’aime bien gens qui touchent à tout. J’aurais eu du mal à être un «ultraspécialiste». Il y en a qui deviennent pour leur vie entière des spécialistes de Louis XVI, mais ma personnalité ne peut pas me mener à ça.

Vous écrivez sur de nombreux sujet et sur différents supports. Une carrière d’écrivain vous intéresserait-elle ?

J’adorerais. Mais pour y parvenir, selon moi, il ne faut faire que ça. Autant, on peut passer d’un média à un autre, autant l’écriture non journalistique demande un vrai état d’esprit : se mettre en retrait pour ne se concentrer que sur cela. Proust l’expliquait très bien et je suis un peu d’accord avec lui : devenir un artiste sous-entend avoir à choisir entre sa vie et son art. C’est une vraie tentation que de me plonger dans l’écriture un jour, mais je ne suis pas sûr d’y arriver. Je me dis que je n'ai que 52 ans : j’ai le temps ! Henri-Pierre Roché a bien écrit son premier roman, «Jules et Jim», à 83 ans...

«L’heure des pros», du lundi au vendredi, à 9h sur iTélé.

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