Guy Forget : "Le BNP Paribas Masters est le plus beau tournoi indoor du monde"

Guy Forget est le nouveau directeur du BNP Paribas Masters de Bercy.[VALERY HACHE /AFP / ARCHIVES]

Guy Forget a tout pour être un directeur comblé. Avec le problème de sa proximité avec le Masters de Londres en partie réglé, la participation des meilleurs du circuit et la présence chaque année d’un public fidèle et conquis, le BNP Paribas Masters s’impose comme l’un des principaux tournois de la saison.

 

Et avec la rénovation actuelle de Bercy, ce n’est peut-être qu’un début. Pour le plus grand bonheur de l’ancien capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis, qui a également déjà à l’esprit la prochaine finale des Bleus contre la Suisse fin novembre.

En quoi consiste votre rôle de directeur ?

Je suis en quelque sorte le porte-parole de la Fédération pour tout ce qui concerne le  tournoi. Il y a un travail à entretenir avec les partenaires, les joueurs et les instances de l’ATP. Et pour cela, je voyage beaucoup pour rencontrer tout ce monde et ainsi permettre à ce BNP Paribas Masters de rester en haut de la pyramide. Car nous avons le plus beau tournoi indoor du monde. Et les travaux entrepris au POPB vont d’ailleurs dans ce sens.

Qu’est-ce que ces travaux vont changer ?

Ce Palais des Sports de Paris Bercy est un écrin, mais un peu vieillissant. En 2015, on aura probablement la plus belle salle en Europe capable d’accueillir aussi bien les spectateurs, que les partenaires, que les médias, que les joueurs dans des conditions optimales.

On pourra mettre le tennis encore plus en valeur. On a hâte d’avoir cette salle, qui ne fera qu’inciter les gens à venir encore plus nombreux à suivre ce beau tournoi.

Le problème de sa place dans le calendrier est-il résolu ?

En partie. On a essayé de déplacer le tournoi au mois de février. Mais le changement n’a pas pu se faire en raison des tournois en Amérique du Sud, qui n’ont pas voulu bouger. Je me suis donc engagé à faire repousser le Masters de Londres d’une semaine pour qu’on puisse avoir les meilleurs joueurs, sans prendre le risque qu’ils soient ensuite pénalisés à Londres.

Avec une semaine de repos dans le calendrier, on a beaucoup plus de chances d’avoir un plateau complet. Car, contrairement aux tournois du Grand Chelem, les tournois du circuit ATP ont besoin des meilleurs joueurs pour exister. Et un tournoi comme le BNP Paribas Masters a besoin d’avoir Novak Djokovic, Rafael Nadal, Roger Federer, Andy Murray…

Avez-vous la garantie de leur présence pour cette année ?

Jusqu’au dimanche soir, tant qu’ils ne sont pas arrivés sur place, on est toujours un petit peu nerveux. Un pépin physique est si vite arrivé. Mais a priori, même si sa femme vient d’accoucher, Novak Djokovic sera présent, tout comme Andy Murray.

Concernant Rafael Nadal, on a envie de penser qu’il sera là aussi. Car plus il remporte de tournoi à Bâle, plus ça nous rassure quant à son problème d’appendicite. Le point d’interrogation jusqu’au dernier moment restera Roger Federer. Il est engagé au Masters de Londres, et avec la finale de la Coupe Davis dans quelques semaines, il pourrait être amené à faire un choix.

Et les Français ?

Je n’ai aucun élément qui me laisse penser qu’ils ne seront pas là. Et puis, chaque année, les joueurs français ont envie de briller à Bercy devant leur public. Donc on a bon espoir de les voir à l’œuvre.

Qu’est ce qui serait pour vous un tournoi réussi ?

L’année dernière par exemple, on a eu en quarts de finale les huit meilleurs joueurs du monde, donc les huit joueurs qualifiés pour le Masters. Pour un directeur de tournoi, on ne peut pas imaginer avoir un peu plus beau plateau.

Je ne dis pas qu’on va réussir cet exploit encore cette année, mais avoir en demi-finales deux super stars du circuit et au moins un Français, ce serait vraiment l’idéal. Surtout à quelques semaines de la finale de la Coupe Davis à Lille.

Quel est votre favori pour cette année ?

Novak Djokovic est n°1 mondial et tenant du titre, il part donc logiquement favori. Mais depuis quelques semaines, Roger Federer joue extrêmement bien. Il a d’ailleurs battu Djokovic à Shanghai.

On aimerait aussi voir un Français l’emporter comme par exemple Gaël Monfils, qui a déjà joué deux finales à Bercy en 2009 et 2010, ou Jo-Wilfried Tsonga, qui s’est imposé en 2008, ou Richard Gasquet, ou Gilles Simon.

Pensez-vous que Roger Federer puisse redevenir n°1 mondial ?

Je n’y croyais pas, mais je le pense franchement. Je suis bluffé de voir qu’aujourd’hui il peut prétendre finir l’année à la place de n°1 mondial. Ce serait incroyable. Mais quand on le voit jouer comme en Asie, on ne peut qu’avoir du respect pour ce joueur.

Ce n’est peut-être pas une bonne nouvelle pour la France en vue de la finale de la Coupe Davis…

Il joue tellement bien et il gagne tellement de matchs que peut-être il sera fatigué au moment de la finale. Ce sera peut-être le revers de la médaille.

Comment la voyez-vous cette finale ?

Je suis assez confiant, même si, sur le papier, les Suisses partent un peu plus favoris. On a quatre joueurs d’un niveau plus ou moins équivalent, alors que les Suisses, à l’inverse, ne sont que deux.

Ils ne peuvent donc pas se permettre d’avoir le moindre pépin physique ou une baisse de forme. Comme c’est le cas actuellement pour Wawrinka, qui est un peu en retrait. Les voyants sont plutôt au vert et croisons les doigts pour qu’il n’y ait pas de blessures d’ici cette finale.

Est-ce un bon choix d’avoir opté pour la terre battue ?

C’est un bon choix, mais je ne pense pas que c’est l’aspect de la surface qui sera déterminant dans cette finale. Ce n’est pas la terre battue qui va faire que l’équipe de France va gagner ou perdre.

 

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