La canicule menace le jardin botanique de Lyon

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Ce n'est pas de gaîté de cœur que les jardiniers de la ville de Lyon ont dû abattre quelque 200 épicéas l’année dernière. Mais le réchauffement climatique les oblige à repenser totalement leur palette végétale.

Une mini-forêt d'épicéas a disparu l’année dernière du Parc de la Tête d'Or, un jardin à l'anglaise du XIXe siècle classé monument historique. Fragilisés par les vagues de chaleur, les résineux ont été victimes d'une attaque fulgurante de scolytes, des coléoptères qui creusent des galeries sous l'écorce des arbres et qui empêchent la sève de circuler.

D'autres espèces nordiques comme les hêtres ou les bouleaux ont aussi de plus en plus de mal à survivre à Lyon. Selon Bruno Charles, vice-président de la métropole de Lyon, en 2100 le climat de la ville ressemblera au mieux à celui de Madrid et au pire à celui d'Alger. Les jardiniers cherchent donc des espèces qui s’acclimateraient aux nouvelles températures de Lyon, comme des chênes de Turquie et du Caucase où les hivers sont froids, les sols calcaires et les étés caniculaires très secs. «Finalement c'est un peu le climat de Lyon dans quelques années», remarque Frédéric Ségur, responsable du service arbres et paysages de la métropole de Lyon.

La prise de conscience date de 1994 quand le chancre coloré, une maladie végétale, a décimé un millier de platanes à Lyon. Donc à l'avenir on évitera les allées de platanes où une maladie se propage comme une traînée de poudre. Depuis, la métropole est passée de 150 à 300 espèces différentes dans ses espaces verts.

Car l'enjeu avec les arbres c'est aussi de rafraîchir la ville. Avec l'évapotranspiration (quantité d'eau transférée vers l'atmosphère, par l'évaporation au niveau du sol via la transpiration des plantes), on peut ressentir 12 degrés de moins sous un arbre qu'à quelques mètres de là. Dans ces conditions, la métropole de Lyon veut encourager la plantation de 300.000 arbres en plus d'ici à 2030. «On doit pouvoir traverser la ville de Lyon à l'ombre de nombreux arbres. L'espace public doit s'adapter à la catastrophe climatique», implorait EELV (Europe Écologie Les Verts) Lyon dans un communiqué ce jeudi 25 juillet où la température a dépassé 39 degrés.

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