Le carburant des avions pourrait venir à manquer dans les prochaines semaines, sur fond de perturbations du trafic maritime suite au blocage du détroit d'Ormuz par Donald Trump. Un risque encore théorique, mais qui inquiète déjà les acteurs européens du secteur aérien.
L'Europe sera-t-elle à court de kérosène dans peu de temps ? La question agite les acteurs du secteur aérien et les parlementaires européens.
La Commission européenne s'est inquiétée mardi de possibles difficultés d'approvisionnement du Vieux Continent dans «un avenir proche», en raison de la guerre en Iran. «A l'heure actuelle, il n'y a pas de pénurie de carburant dans l'Union européenne», a déclaré une porte-parole de la Commission Anna-Kaisa Itkonen devant la presse.
«Mais des difficultés d'approvisionnement pourraient survenir dans un avenir proche», en particulier pour le kérosène, «principale source de préoccupation», a-t-elle souligné.
20% du kérosène mondial transite par le détroit d'Ormuz
La semaine dernière, l'association des aéroports européens avait mis en garde contre un risque de «pénurie systémique» de kérosène si le trafic maritime n'était pas rétabli dans le détroit d'Ormuz d'ici à fin avril. Environ 20% du kérosène mondial transite habituellement par ce passage stratégique, bloqué par l'Iran depuis fin février en réponse aux bombardements israélo-américains.
Conséquence directe : les marchés s'affolent. Le cours du kérosène est passé de 750 dollars (636 euros) la tonne le 28 février, à 1.900 dollars (1.611 euros) la tonne ce mardi 14 avril. Ainsi, les compagnies aériennes ont déjà répercuté ces augmentations sur leur prix des vols. Air France a notamment annoncé qu'un vol long-courrier sera facturé 100 euros de plus désormais.