NBA : Il est temps d’apprécier Russell Westbrook à sa juste valeur

Russell Westbrook est le seul joueur de l'histoire NBA a avoir remporté consécutivement deux titres de MVP du All-Star Game. [ELSA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Il a encore frappé. Russell Westbrook est devenu le premier joueur de l’histoire à remporter deux titres de MVP (meilleur joueur) consécutifs dans l’histoire du All-Star Game.

L’an dernier, à New-York, le meneur de jeu du Thunder d’Oklahoma City avait cumulé 41 points en un peu moins de 26 minutes de jeu, à un petit point seulement du record de Wilt Chamberlain qui avait inscrit 42 points lors du All-Star Game de 1962 (en 37 minutes de jeu).

Hier soir, Russell Westbrook s’est occupé de remplir la feuille de match – 31 points, 8 rebonds, 5 passes décisives et 5 interceptions – avec sa compilation habituelle de dunks spectaculaires, de tirs en tout genre, et une débauche d’énergie qui force le respect. Notamment celui de LeBron James. «Il est un des joueurs les plus athlétiques que cette ligue n’ait jamais vu, et cela vaut également pour le match de ce soir» explique le King.

«Il a un talent phénoménal. On ne croise pas des joueurs comme lui très souvent dans notre sport» poursuit LeBron James qui est lui-même un des spécimens athlétiques les plus fascinants que la NBA ait connue ces 15 dernières années.

Russell Westbrook est un cyborg

Le jeu tout en puissance pratiqué par Russell Westbrook est d’autant plus impressionnant quand on sait ce qu’il a enduré ces trois dernières années. Lors du premier tour des playoffs 2013 face aux Rockets de Houston, le meneur du Thunder s’est blessé au genou après une collision avec Patrick Beverley lors du premier match de la série. Trois opérations suivront. Avec la crainte de ne plus jamais retrouver ses capacités athlétiques (Derrick Rose en sait quelque chose).

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Quelques mois plus tard, il était de retour sur les parquets, à courir balle en main comme un enragé, et à écraser des dunks sur la tête de ses adversaires comme si de rien n’était. Aujourd’hui, il serait presque difficile de croire que Russell Westbrook est passé sur la table d’opération à trois reprises. «Je ne crois pas qu’il ait subit d’opérations pour tout vous dire» a plaisanté LeBron James après le All-Star Game. «Blague à part, c’est tout simplement incroyable. Il a gagné un pas, ou deux, ou trois, en plus» s’émerveille la star des Cavaliers de Cleveland.

Pour comprendre comment LeBron James est arrivé à ce constat, il suffirait presque de regarder cette vidéo qui résume à elle seule l’incroyable énergie qui se dégage de Russell Westbrook quand il se trouve sur un terrain de basket.

Russell Westbrook est tellement puissant balle en main que le site américain ESPN lui a consacré un sujet «scientifique» démontrant le caractère unique de ses prouesses physiques :

Un des meilleurs joueurs de la NBA, et déjà de l’histoire

Si Stephen Curry est, à juste titre, pressenti pour remporter un deuxième titre consécutif de MVP de la saison régulière au vu de sa domination actuelle sur le jeu, tant d’un point de vue personnel que collectif, Russell Westbrook est potentiellement le deuxième meilleur joueur de la ligue actuellement.

Pas d’accord ? Analysons calmement les informations qui sont à notre disposition. La plupart des experts NBA aux Etats-Unis utilisent deux outils principaux, le PER (Player Efficiency Rating) qui mesure l’efficacité statistique générale d’un joueur tout au long de la saison, ainsi que le RPM (Real Plus Minus), un outil de mesure créé par ESPN permettant de connaître l’impact d’un joueur sur les performances de son équipe. Nous ajouterons également le PIE (Player Impact Estimate) du site NBA.com qui utilise une méthode de calcul différente, mais qui jauge lui aussi l’influence d’un joueur sur les résultats de son club.

Concernant le PER, Russell Westbrook est actuellement 2e du classement derrière Stephen Curry :

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© ESPN

Même chose pour le RPM :

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© ESPN

Quid du PIE ? Russell Westbrook apparaît une nouvelle fois à la deuxième place, à égalité avec son co-équipier du Thunder, Kevin Durant :

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© NBA.com

Quand on regarde ces résultats, il est difficile de soutenir plus longtemps la thèse selon laquelle Russell Westbrook n’est pas, au minimum, un des cinq meilleurs joueurs de la NBA. Et nous n’avons même pas encore parlé des triple-doubles cumulés par le jeune homme de 27 ans. Rien que cette année, Russell Westbrook en compte 8. Seul Draymond Green (Golden State Warriors) fait mieux avec 10. En carrière, pour le moment, il en totalise 27, autant que Rajon Rondo (Sacramento Kings), un de moins que Michael Jordan. 

Mais Russell Westbrook ne se contente pas de dépasser les 10 points, 10 rebonds et 10 passes nécessaires pour enregistrer un triple-double. Il réalise des performances herculéennes à chaque fois. Dernier exemple en date, son triple-double face au Magic d’Orlando réalisé en seulement trois quart-temps (!!!) avec des chiffres que la Ligue n’avait pas vu depuis 34 ans et un joueur nommé Larry Bird :

L’an dernier, alors que Kevin Durant était blessé, Russell Westbrook était entré en état de fusion nucléaire après le All-Star Game, enregistrant quatre triple-doubles consécutifs avec des chiffres à vous décrocher la mâchoire, son nom s’affichant aux côtés de légendes telles que Michael Jordan et Oscar Robertson avec des performances non-réalisées depuis 47 ans :

Mieux encore (et oui, c’est possible), lors d’un match face aux Sixers, Russell Westbrook a été l’auteur d’une performance jamais vue dans l’histoire de la NBA avec une ligne de stats à peine croyable : 49 points, 16 rebonds, 10 passes décisives. A noter que le dernier joueur à avoir cumulé 49 points lors d’un triple-double est Larry Bird… en 1992.

Des critiques toujours sévères

Même si cela est de moins en moins vrai, Russell Westbrook reste la cible constante de critiques. Qui ne sont pas forcément injustifiées. Dans son cas, ce sont ses qualités qui nourrissent ses principaux défauts. Russell Westbrook joue à fond, tout le temps. Mais ce rythme démentiel le pousse à commettre des erreurs, comme ses 4,2 pertes de balle par match. A titre de comparaison, Stephen Curry n’en perd que 3,3 alors que cette statistique est montrée comme étant son principal point faible. Des pertes de balles qui peuvent faire la différence entre une victoire et une défaite lors des playoffs.

S’il est le meilleur intercepteur de la NBA actuellement (2,3 int./match), Russell Westbrook n’en reste pas moins un défenseur inégal qui prend beaucoup de risques pour tenter d’intercepter les passes adverses quitte à créer des déséquilibres qui mettent trop souvent en péril la défense collective du Thunder (voir son score DPRM).

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Les amateurs du jeu collectif sont peut être les principaux opposants à Russell Westbrook dont les exploits individuels ne profitent pas toujours à l’équipe, notamment en playoffs. Mais personne ne peut lui reprocher de ne pas essayer.

Une chose est certaine : Russell Westbrook ne sera jamais John Stockton, ou Steve Nash, ce type de meneur de jeu classique qui cherche à distribuer le jeu avant de marquer. Et alors ? Ce joueur dispose de capacités uniques qui en font une des attractions les plus formidables de la NBA. Et personne ne peut lui reprocher de ne pas passer la balle puisqu’il affiche en moyenne 10 passes décisives par match (meilleure moyenne de sa carrière), soit le deuxième meilleur total de la NBA. Devant des joueurs comme John Wall et Chris Paul.

Il est également, et de très loin, le meilleur rebondeur parmi les arrières de la Ligue. Russell Westbrook prend plus de rebonds en moyenne que LeBron James, Chris Bosh ou Paul George cette saison. Ce qui est tout bonnement incroyable.

Il est donc plus que temps d’apprécier Russell Westbrook à sa juste valeur, un joueur exceptionnel qui, à la fin de sa carrière, fera une entrée triomphante au Hall of Fame. Et qui a déjà le respect des meilleurs joueurs de l’histoire, comme Kobe Bryant. En 2013, la légende des Lakers affirmait sur Twitter que Westbrook et lui partageait le même sang. «Russell Westbrook était en forme ce soir. Il a du sang de Mamba (le surnom de Kobe Bryant est "Black Mamba") dans les veines. Tu m'as eu ce soir petit frère. On se revoit bientôt!»

Depuis, le numéro 24 des Lakers n'a pas lésiné sur les compliments, expliquant que Russell Westbrook jouait avec la même intensité que lui, qu’il jouait avec la même état d’esprit que lui, à savoir avec la volonté d’écraser, d’atomiser, de réduire en cendres, son adversaire. Difficile de faire mieux comme compliment.

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