Des tracts des Brigades Rouges aux enchères

Des tracts du groupe terroriste italien les Brigades Rouges, dont certains concernent l'enlèvement et l'assassinat de l'ex-leader de la Démocratie chrétienne Aldo Moro, sont mis aux enchères ce jeudi.[AFP]

Des tracts du groupe terroriste italien les Brigades Rouges, dont certains concernent l'enlèvement et l'assassinat de l'ex-leader de la Démocratie chrétienne Aldo Moro, sont mis aux enchères ce jeudi.

Les 17 tracts, écrits et distribués entre 1974 et 1978, seront mis aux enchères à Milan (nord) à un prix de départ de 1.700 euros pour l'ensemble du lot.

Parmi ces documents figure le tract du 15 avril 1978 annonçant que "l'interrogatoire du prisonnier Aldo Moro est terminé" et que ce dernier "est coupable et a été donc condamné à mort".

Aldo Moro fut enlevé le 16 mars 1978 à Rome par les Brigades rouges, qui assassinèrent ses cinq gardes du corps. Son cadavre, recroquevillé dans le coffre d'une voiture, fut retrouvé 55 jours plus tard, le 9 mai.

Cette vente aux enchères "me semble très cynique", a réagi Agnese Moro, la fille d'Aldo Moro, dans le quotidien La Stampa.

"J'ai la sensation que c'est un peu déplacé d'acheter et vendre des objets aussi délicats et significatifs. Car comme ça on finit par rendre +presque normal+ une tragédie qui n'a rien de normal", a déclaré Mme Moro, ajoutant que "certes, si ce sont des Archives qui achètent ces documents, cela changerait tout".

Les Brigades Rouges (BR), un groupe armé italien d'extrême gauche, a été l'un des principaux acteurs des "années de plomb" qui ont ensanglanté l'Italie avec notamment l'assassinat d'Aldo Moro.

Fondées en 1973 par un intellectuel, le sociologue Renato Curcio, les BR sont nées de la radicalisation de groupes d'extrême gauche après mai 1968, un hiver 1969 agité et une série d'attentats sanglants impliquant services secrets et réseaux fascistes comme celui de la Place Fontana à Milan (16 morts).

Les opérations des BR additionnées à celles d'un "terrorisme noir" (néo-fasciste) ont fait au total 415 morts au cours de quelque 15.000 attentats dans les années 1969-1988.

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